19 mai, 2007

Exclusif : Bouteflika va réduire le nombre de partis en Algérie

Enregistré dans : Non classé — benchicou @ 19:30

bouteflikapoilu.jpg   Une nouvelle loi sur le multipartisme sera votée en septembre prochain


Bouteflika va réduire le nombre de partis en Algérie avant la fin de l'année, a appris Le Matin de source sûre à Alger. Il est fort probable que les formations qi ont obtenu moins de 5% aux dernières législatives seront éliminés, parmi lesquels l'ANR de Rédha Malek, Ahd 54 et peut-être aussi le MDS, même si ce dernier n'a pris part que par sa fraction dissidente.

Une nouvelle loi sur le multipartisme sera votée en septembre. Le texte a été confié à des députés du FLN qui ont la mission de le "proposer" à l'ouverture de la session d'automne.

Le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et des collectivités locales, Noureddine Yazid Zerhouni, avait affirmé vendredi à Alger, qu'"il faut revoir" la loi régissant les partis politiques, pour éviter les défaillances enregistrées lors des opérations électorales. "La loi régissant les partis ou les associations politiques contribuent à l'éparpillement des organisations politiques", a t-il ajouté. constaté M. Zerhouni, lors d'une conférence de presse où il a annoncé les résultats des élections législatives, affirmant qu"'(il) est du ressort de la nouvelle composante de l'Assemblée populaire nationale (APN), de faire des propositions, en mesure d'adapter cette loi aux nouvelles réalités, en Algérie".

Réduire le nombre de partis en Algérie est un vieux projet de Bouteflika.




Edito : Les trois leçons du scrutin

Enregistré dans : Non classé — benchicou @ 18:42


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Moi, L’Algérien de Jacques Derrida

Enregistré dans : Algérie-France : entre le passé et Sarkozy — benchicou @ 18:27

derrida.jpg Mes héritages : je voudrais parler comme Algérien, né juif d’Algérie, de cette partie de la communauté qui avait reçu en 1870, du décret Crémieux, lanationalité française et l’avait perdue en 1940. Quand j’avais 10 ans, j’ai perdu la citoyenneté française au moment du régime de Vichy et pendant quelques années, exclu de l’école française, j’ai fait partie de ce qu’on appelait, à ce moment-là, les juifs indigènes, qui ont rencontré parmi les Algériens de l’époque plus de solidarité que de la part de ce qu’on appelait les Français d’Algérie. C’est l’un des tremblement de terre de mon existence. Il y en a eu d’autres.

Il y a eu la guerre, ce qui a suivi la guerre, tous les tremblements de terre symboliques et politiques qui ont secoué l’Algérie depuis 1962 et qui continuent de la secouer.

Je parle ici, comme Algérien devenu français un moment donné, ayant perdu sa citoyenneté française et l’ayant retrouvée. Parmi toutes les richesses culturelles que j’ai reçues, que j’ai héritées, ma culture algérienne est parmi celles qui m’ont le plus fortement soutenu.

L’héritage que j’ai reçu de l’Algérie est quelque chose qui a probablement inspiré mon travail philosophique. Tout le travail que j’ai poursuivi, à l’égard de la pensée philosophique européenne, occidentale, comme on dit, gréco-européenne, les questions que j’ai été amené à lui poser depuis une certaine marge, une certaine extériorité, n’auraient certainement pas été possibles si, dans mon histoire personnelle, je n’avais pas été une sorte d’enfant de la marge de l’Europe, un enfant de la Méditerranée, qui n’était ni simplement français ni simplement africain, et qui a passé son temps à voyager d’une culture à l’autre et à nourrir les questions qu’il se posait à partir de cette instabilité. Tout ce qui m’a intéressé depuis longtemps, au titre de l’écriture, de la trace, de la déconstruction de la métaphysique occidentale –que je n’ai jamais quoi qu’on en ait répété, identifiée comme une chose homogène ou définie au singulier-, tout cela n’a pas pu ne pas procéder de cette référence à un ailleurs dont le lieu et la langue m’étaient pourtant inconnus ou interdits. De plus, en pleine guerre, juste après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, en novembre 1942, on assiste à la constitution d’une sorte de capitale littéraire de la France en exil à Alger –effervescence culturelle, présence des écrivains, prolifération des revues et des initiatives intellectuelles.

Cela conférait une visibilité à la littérature algérienne d’expression, comme on dit, française, qu’il s’agisse d’écrivains d’origine européenne, Camus et bien d’autres ou, mouvement différent, d’écrivains d’origine algérienne. Quelques années plus tard, dans le sillage encore brillant de cet étrange moment de gloire, j’ai été comme harponné par la littérature et la philosophie françaises, l’une et l’autre, l’une ou l’autre.

Une généalogie judéo-franco-maghrébine n’éclaire pas tout, loin de là, mais pourrais-je rien expliquer sans elle, jamais ?

L’arabe, langue interdite : la langue arabe, cet ailleurs, m’était comme inconnue ou interdite par l’ordre établi.
Un interdit s’exerçait sur la langue arabe. Il prit bien des formes culturelles et sociales pour quelqu’un de ma génération.
Mais ce fut d’abord une chose scolaire, un dispositif pédagogique. L’interdit procédait d’un «système éducatif», comme on dit en France. Vu les censures coloniales et les cloisons sociales, les racines, étant donné la disparition de l’arabe comme langue officielle, quotidienne et administrative, le seul recours pour l’apprentissage de l’arabe était l’école, mais au titre de langue étrangère ; de cette étrange sorte de langue étrangère comme langue de l’autre, certes, quoique, voilà l’étrange et l’inquiétude, de l’autre comme le prochain le plus proche. Pour moi, ce fut la langue du voisin. Car j’habitais à la bordure d’un quartier arabe, à l’une de ces frontières, à la fois invisible et presque infranchissable : la ségrégation y était aussi efficace que subtile.
Il y avait encore, avant de disparaître au lycée, des petits Algériens. Proches et infiniment lointains ; voilà la distance dont on nous inculquait, si je puis dire, l’expérience. Inoubliable et généralisable.

L’étude facultative de l’arabe restait certes permise. Nous la savions autorisée, c’est-à-dire tout sauf encouragée. L’autorité la proposait au même titre, et sous la même forme que l’étude de n’importe quelle langue étrangère dans tous les lycées français d’Algérie. L’arabe, langue étrangère facultative en Algérie ! La langue soustraite devenait sans doute la plus étrangère. Parfois je me demande si cette langue, inconnue pour moi, n’est pas ma langue préférée. La première de mes langues préférées. Et comme chacune de mes langues préférées, car j’avoue en avoir plus d’une, j’aime à l’entendre surtout hors de toute communication, dans la solennité poétique du chant ou de la prière. Sur le plan de l’histoire, nous le savions d’un savoir obscur, l’Algérie n’était en rien la province de la France, ni Alger, un quartier populaire. Pour nous, dès l’enfance, l’Algérie, c’était aussi un pays, Alger, une ville dans un pays, en un sens trouble de ce mot.

On pourrait aussi raconter à l’infini ce qu’on nous racontait, justement, de l’histoire de France, entendons par là ce qu’on enseignait à l’école sous nom d’histoire de France, une discipline incroyable, une fable et une bible, mais un endoctrinement quasiment ineffaçable pour des enfants de ma génération. Pas un mot sur l’Algérie, pas un seul sur son histoire et sur sa géographie.
La communauté à laquelle j’appartenais aura été trois fois dissociée : elle fut coupée, d’abord, et de la langue et de la culture arabe et berbère, plus proprement maghrébines ; elle fut coupée, aussi, et de la langue et de la culture française, voire européennes, qui étaient pour elle un pôle éloigné, hétérogène à son histoire ; elle fut coupée enfin, ou pour commencer, de la mémoire juive et de cette histoire et de cette langue qu’on doit supposer être les siennes, mais qui à un moment donné ne le furent plus.

Foi et savoir : quand j’étais étudiant, on distinguait souvent, dans la tradition de Gabriel Marcel, le mystère et le problème, le problème qui est l’objet d’une élaboration philosophique, et puis le mystère qui n’est pas problématisable. Je dirai que tout ce qui touche à ce qui, dans la vie, nous reste encore inconnu, aussi bien au sens où la science a encore à en connaître, dans le savoir sur la vie, sur le génétique sur le biologique, ou aussi bien le mystère au sens de la vie comme existence. Je crois que la sécularisation du politique, c’est-à-dire la séparation entre le politique et le théocratique, ne nuira en rien, au contraire, à l’approfondissement des questionnements sur ce que vous avez appelé le mystère de la vie, sur les questionnements de la foi. Personnellement, je distingue toujours entre la foi et la religion.

Je crois qu’il y a des religions, des religions positives, qui sont multiples et auxquelles on peut appartenir ou ne pas appartenir ; il y a les religions que j’appelle abrahamiques, qui sont les religions juive, chrétienne et musulmane, avec leur fonds ou leur tronc commun. Il y a d’autres cultures que l’on appelle religieuses et qui ne sont peut-être pas des religions. Le concept de religion est un concept obscur. J’ai essayé d’écrire, dans Foi et Savoir à ce sujet, sur l’obscurité du concept même de religion. Le bouddhisme est-il une religion ? le taoïsme est-il une religion ? Ce sont des questions essentielles, que nous devons ici laisser de côté.

Si nous nous en tenons, pour l’instant, à ce que nous avons pour coutume d’appeler religion dans l’univers abrahamique des religions du Livre, eh bien je distinguerai entre les appartenances religieuses au judaïsme, au christianisme, à l’islam, et puis la foi sans laquelle aucun rapport social n’est possible. Je ne peux pas m’adresser à l’autre, quel qu’il soit, quelles que soient sa religion, sa langue, sa culture sans lui demander de me croire ou de me faire crédit. Le rapport à l’autre, l’adresse à l’autre, suppose la foi. On ne pourra jamais démontrer, on ne pourra jamais prouver que quelqu’un ment ou ne ment pas, c’est impossible à prouver.

On pourra toujours dire, j’ai dit quelque chose qui est faux, mais je le dis sincèrement, je me suis trompé, mais je ne mentais pas.
Par conséquent, quand quelqu’un nous adresse la parole, il nous demande de le croire.

Cette foi est la condition du lien social lui-même. Il n’y a pas de lien social sans une foi. Eh bien je crois qu’on peut radicaliser la sécularisation du politique, tout en maintenant cette nécessité de la foi au sens général que je viens de définir et ensuite, sur le fondement de cette foi universelle, cette foi partagée, cette foi sans laquelle il n’y a pas de lien social, on peut et on doit respecter les appartenances religieuses proprement dites.

Et je suis persuadé que les croyants authentiques, ceux qui sont authentiquement juifs, chrétiens ou musulmans, qui ne sont pas seulement des dogmatiques de ces religions, sont plus prêts à comprendre la religion de l’autre et à accéder à cette foi, dont je viens de décrire la structure universelle, que les autres.

Par conséquent, je crois qu’il n’y a pas de contradiction entre sécularisation politique et le mystère de la vie, c’est-à-dire le fait de vivre ensemble dans la foi. L’acte de foi n’est pas une chose miraculeuse, c’est l’air que nous respirons. Dès que j’ouvre la parole, même si je mens, je suis en train de vous dire : «Je vous dis la vérité, croyez-moi, je vous promets de vous dire la vérité.» Et cet acte de foi qui est impliqué dans le rapport social, dans le lien social lui-même, je suis persuadé que les croyants authentiques, ceux qui ne sont pas ce que l’on appelle des fondamentalistes, intégristes, dogmatiques prêts à transformer leur croyance en arme de guerre sont plus prêts à comprendre la religion de l’autre et la foi universelle.
Par conséquent, je crois que loin qu’il y ait une contradiction,il y a un lien entre la sécularisation du politique et ce que vous appelez le rapport au mystère de la vie.

Par Jacques Derrida, La Tribune

(décembre 2006)

Existe-t-il un horizon indépassable pour les démocrates ?

Enregistré dans : Algérie : analyses et polémiques — benchicou @ 17:52


Par M.Mahiout

Signe de régression et d’appauvrissement du débat démocratique mais aussi et surtout du débat inter démocrates, la pratique de l’entrisme est assumée et revendiquée presque fièrement par des pans entiers de la mouvance démocratique.

Pourtant, cette pratique de l’entrisme politique est un vieux débat qui a accompagné toute la décennie 90 où la construction d’un pôle démocratique autonome était à l’ordre du jour. Elle remonte même au temps où le FLN, parti unique, l’utilisait comme argument pour attirer en son sein la jeunesse et l’intelligentsia activiste très critique à son égard. Ceux qui à l’instar de Mr. A Benyounes font de la nécessité de se joindre au système pour le reformer de l’intérieur leur cheval de bataille n’ont donc rien inventé.

La nouveauté est ailleurs.

Elle réside dans le fait que ses promoteurs font de l’adoption du principe de l’entrisme une condition préalable à la construction du pôle démocratique. En claire, selon eux, en dehors de se rassembler derrière Bouteflika, il ne reste plus rien à faire. Autrement dit, cette posture entriste est présentée comme l’horizon indépassable pour les démocrates.


Cette posture à laquelle on donne l’apparence de la nouveauté fait l’impasse sur la critique des expériences passées, car des politiques estampillés démocrates à l’image de A Benyounes lui-même sous les couleurs du RCD de Saïd Sadi l’ont essayé. Ils devraient donc en toute logique commencer par nous dresser un bilan de leur expérience pour nous convaincre de la nécessité de la reproduire. Cela profiterait également à d’autres démocrates qui se découvrent des âmes de « repentis » tels ceux qui ont provoqués une crise interne au MDS (Hocine Ali et consorts).

Parce qu’au fond, lorsqu’on a pratiqué l’entrisme, qu’on a constaté de visu ses limites et qu’on y tient encore, c’est forcément pour des raisons autres que de faire avancer le démocratie.

Exprimé clairement ou par la bande, ces organisations politiques font de l’allégeance à Bouteflika et du soutien de son ‘programme’ l’unique et exclusif credo politique à proposer aux démocrates algériens. La sacralisation du personnage et de son programme par des démocrates bon genre à de quoi laisser pantois. Car voilà des leaders politiques dont l’ambition déclarée était de prendre le pouvoir pour refonder l’état sur des bases républicaines, démocratiques et pluralistes, qui renoncent à tous les attributs d’organisation politique :

- Pas de programme politique, car il s’agit d’apporter son soutien au programme du président.

- Pas de projet de société puisqu’il s’agit de rejoindre, de se situer à la périphérie, en tous cas de faire cause commune avec une alliance ou se fondent les islamistes, les nationalistes conservateurs, les nationalistes démocrates et autres flagorneurs.


Le FLN, le RND et le MSP sont ils de partis politiques ?

Un parti politique cesse d’exister dés qu’il n’a pas d’identité, qu’il renonce à son programme et à son projet de société. Or les trois partis de l’allégeance présidentielle l’ont fait depuis longtemps.

Pour fonder une alliance politique, à défaut d’un programme négocié, il faut au minimum partager un socle de valeurs communes. Ce n’est pas le cas de cette alliance. Ce qui fait de cette bizarrerie politique toute algérienne où se retrouvent des organisations politiques aux antagonismes évidents (du moins au niveau des discours et des textes fondateurs) est un non-dit.

- C’est la pérennité du système de pouvoir en Algérie tel qu’il a été structuré envers et contre les algériens.

- Son programme est la distribution clientéliste de la rente pétrolière à l’insu de la société en prenant soin d’ouvrir, quand c’est nécessaire, une soupape de sécurité pour éviter toute intrusion fâcheuse des citoyens dans les affaires de la cité.

- Sa mission principale : combattre toute velléité d’expression ou d’organisation autonome de la société.


Les « parties » de l’alliance sont les instruments politiques de l’état, lui-même devenu un organe de gestion d’intérêts particuliers doté de pouvoirs régaliens, sous la houlette apparente d’un président démiurge que l’on situe au dessus de toute critique, lui comme son programme.


Comment comprendre autrement les déclamations à l’unisson des leaders de ces organisations quand ils martèlent qu’en ce qui concerne la constitution ils soutiendront les décisions du président quelles qu’elles soient, qu’ils ont voté au parlement la loi sur les hydrocarbures quand il l’a voulu et agit de même quand il lui a fait changer de cap.


Nos démocrates new look, les nouveaux démocrates repentis, n’ont d’autre projet à proposer que d’utiliser les suffrages de leurs concitoyens pour se faire une place dans cet espace déjà encombré de la démission et du renoncement politiques.

Bien entendu il est servi une panoplie d’arguments grandiloquents sur le bien fondé de la démarche, arguments dont la seule fonction est rhétorique. Tel que « allons nous laisser Dieu et la patrie aux islamistes ? » quand l’islam politique a démontré depuis longtemps qu’il est apatride et que par ailleurs si le Dieu est unique, la notion qu’en a chaque être humain est différente.

Ce qui est précisément espéré des démocrates, c’est justement de ne rien abandonner aux islamistes et de bâtir un état qui défend la patrie où chacun peut défendre pacifiquement la notion qu’il a de Dieu.

Quant à l’idée de barrer la route à la fraude en participant aux élections est tellement étriquée qu’elle ne mérite pas de commentaire.


Une autre attitude consiste à guetter les inflexions dans le discours officiel ou à piaffer à l’annonce de certaines décisions telles que la réforme du code de la famille, du système éducatif, en les présentant comme les preuves qu’au sein du système luttent des forces acquises à la modernité et à la démocratie. Les algériens ont pu voir maintes fois les montagnes des effets d’annonce accoucher de souris dés qu’il s’agit de positions sur lesquelles sont arque boutés les forces islamo-concervatrices qui, à l’inverse des démocrates, ont toujours fait preuve de cohérence avec leur projet de société :


Les islamo-conservateurs ne se sont pas trompés quand ils ont fait la guerre totale à Boudiaf alors que les démocrates le soutenaient, comme ils ne se sont pas trompés quand ils ont accueilli à bras ouverts Bouteflika en 1999 alors que les démocrates se sont fourvoyés en le cautionnant. La preuve en est que les démocrates dont Benyounes lui-même ont du quitter ‘le gouvernement qui tire sur les civiles’ avait-il déclaré à l’époque (printemps 2001). Parce qu’à l’entendre parler, on a comme une impression qu’il regrette de l’avoir. Nous attendons qu’ils nous expliquent ce qui a changé dans ce système qui motive son désir de le rejoindre après avoir claqué la porte. A moins qu’il assume qu’en 2001, il a quitté le pouvoir du ‘gouvernement’ mais non celui de Bouteflika.

Les groupes d’intérêts ont fait le choix des alliances politico idéologiques qui garantissent au mieux la pérennité et la stabilité du système qui les sert.

Ce système a fait le choix du compromis stratégique avec l’islamisme pour assurer sa survie. Il a épuisé toute possibilité d’évolution en son sein. S’il a existé un potentiel démocratique au seins de ce système, il est rentré dans un coma profond le 29 juin 92, déclaré cliniquement mort lors du printemps noir de 2001 et définitivement enterré le 08 avril 2004.

Les processus électoraux biaises de bout en bout et entièrement maîtrisés par le pouvoir sont un élément de son dispositif de maintien.

Le choix de survie, quoique il en coûte à la nation, du pouvoir en place est porteur de graves menaces pour la cohésion sociale et la stabilité du pays.

La sauvegarde nationale a besoin d’un puissant mouvement démocratique à construire en dehors et contre le système.

La lassitude ou la difficulté ne pourront justifier la compromission.

Merhab Mahiout




Affaire Cheb Mami : ce qui s’est passé

Enregistré dans : Algérie aujourd'hui — benchicou @ 11:50

(Dans le Figaro du 19 mai)


La police judiciaire et Interpol se lancent aux trousses d'un prince déchu de la musique raï. Le chanteur Cheb Mami est visé depuis hier par un mandat international délivré par le juge de Bobigny Élisabeth Herlaut. L'artiste, retranché en Algérie, ne s'est pas présenté lundi dernier à une confrontation organisée pour « violence volontaire, séquestration et menace » sur son ancienne compagne. Une sordide histoire qui ruine l'image de cet artiste de 40 ans ayant séduit la jeunesse par des chants d'amour.

L'affaire, à son origine, avait aiguisé l'appétit de la presse people. Mohamed Khelifati, alias Cheb Mami, fait l'objet en juillet 2006 d'une plainte déposée par Noémie (1), photographe de 43 ans. La jeune femme raconte alors le cauchemar enduré avec le chanteur, rencontré lors d'une interview en 2004 et qui l'a mise enceinte. L'idylle vire à l'aigre dès lors que Cheb Mami exige l'avortement. Ce que refuse la future maman.

À l'instigation présumée de Michel Lévy, impresario de l'artiste, la photographe est invitée fin août 2005 à Algérie pour couvrir un concert raï. À son arrivée, elle est prise en charge par un certain Lazar H., directeur artistique. Conduite dans un bungalow, la jeune femme se serait vu offrir en soirée une boisson droguée. Noémie perd connaissance. Elle se réveille au rez-de-chaussée d'une ancienne ambassade, demeure de Cheb Mami. Là, allongée de force, elle aurait été frappée au ventre une nuit entière par trois femmes qui tentent de procéder à un avortement forcé. Les conditions sont épouvantables. Au petit matin, la future maman, pantelante et ensanglantée, est jetée dans un taxi. De retour à Paris, Noémie, choquée, apprend que le foetus est viable.

Un enregistrement accablant

Cheb Mami lui aurait offert plus 25 000 euros de dédommagement pour qu'elle taise son calvaire et tue son futur bébé. Noémie, qui accouche en mars 2006 d'une fille, ne lâche pas. La PJ de Seine-Saint-Denis dispose d'un enregistrement accablant du chanteur hurlant à sa maîtresse : « Tu n'as plus de bébé : le sang, je l'ai vu. C'était comme un morceau de foie. » Cheb Mami est interpellé le 25 octobre dernier à la descente d'un vol en provenance d'Oran. Écroué, il a été remis en liberté en février moyennant une caution de 200 000 euros et la confiscation de ses passeports. Ce qui ne l'a pas empêché de s'esquiver vers l'Algérie avec des papiers périmés lors des vacances de Pâques. Considérant que le chanteur de raï, icône de la jeunesse de son pays, est un « protégé » du président Abdelaziz Bouteflika, Me Françoise Cotta, avocate de la photographe, ne croit guère que la traque du chanteur aboutisse. Aucun accord d'extradition n'existe entre Paris et Alger.

(1) Le prénom a été modifié.

Débat : Faut-il avoir peur d’Al-Qaeda ?

Enregistré dans : Non classé — benchicou @ 11:21

 

Al-Qaeda: le Maghreb en ligne de mire

Par Dominique Lagarde

Les stratèges du terrorisme djihadiste portent leurs attaques dans les trois pays de l'Afrique du Nord. En recrutant des jeunes en proie à la désespérance sociale

Le Maghreb est, désormais, au cœur de la tourmente djihadiste et de la stratégie d'Al-Qaeda. Voilà plusieurs mois que les signes se multiplient. Le 11 avril, à Alger, un double attentat suicide provoquait un carnage - 33 morts et plus de 200 blessés. L'opération était presque aussitôt revendiquée par la centrale d'Oussama ben Laden. A Casablanca, le 10 et le 14 avril, des jeunes gens se faisaient sauter, près du port puis à proximité du centre culturel américain.

Soupçonné d'appartenir à la même cellule qu'un autre jeune homme qui avait déclenché sa ceinture d'explosifs le 11 mars dernier dans un cybercafé, le groupe, pourchassé par la police marocaine, projetait, semble-t-il, d'attaquer des sites touristiques à Marrakech, Agadir et Essaouira, ainsi que des bateaux de croisière dans la rade de Casablanca. Au début de l'année, les forces de l'ordre tunisiennes, quant à elles, neutralisaient, avant qu'ils ne passent à l'acte, une trentaine de combattants, non loin de la capitale. Ils planifiaient des attentats contre des ambassades occidentales et des hôtels…

Une longue tradition de militantisme islamiste, la proximité géographique de l'Europe, des liens étroits avec les communautés maghrébines des capitales européennes… autant d'atouts qui ont fait des pays nord-africains la cible privilégiée des partisans de Ben Laden. Principal catalyseur: l'alliance nouée entre ces derniers et le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC). A la fin de l'an dernier, selon l'institut d'analyses américain Stratfor, le n° 2 d'Al-Qaeda, Ayman al-Zawahiri, aurait confié à cette organisation algérienne le soin de constituer un commandement commun, afin de coordonner les actions de plusieurs groupes maghrébins. En janvier, le GSPC troquait son intitulé contre celui d'Al-Qaeda pour le Maghreb islamique (AQMI), appelant au passage les Algériens à s'en prendre «aux agents de France et aux croisés qui occupent notre terre». C'est sous cette signature qu'il a revendiqué l'attentat du 11 avril à Alger.

Né en 1998 d'une scission au sein du Groupe islamique armé (GIA) dirigé par un ancien électronicien, Abdelmalek Droukdal, le GSPC est le seul des mouvements islamistes algériens à avoir refusé de rendre les armes dans le cadre de la politique de «réconciliation nationale». Partisan d'un djihad global, il revendique depuis 2003 son appartenance à Al-Qaeda, une affiliation confirmée en septembre 2006 par Ayman al-Zawahiri. Ses combattants - un peu moins d'un millier - sont toujours présents en Kabylie (où une importante opération de ratissage de l'armée était en cours depuis quelques semaines, ce qui pourrait expliquer en partie l'attentat du 11 avril) ainsi que dans le Sud algérien, aux frontières du Mali et du Niger, où ils se ravitaillent en armes grâce à la complicité de réseaux de contrebandiers.

Conséquence de son accord avec Al-Qaeda, sans doute, le GSPC semble vouloir se spécialiser, depuis la fin de l'an dernier, dans les actions terroristes en zone urbaine. Le 30 octobre 2006, il attaquait deux commissariats de police dans la banlieue d'Alger, puis, le 10 décembre, un autocar transportant des expatriés du secteur pétrolier. L'attentat du 11 avril est le premier à avoir été perpétré par des kamikazes, un pas de plus vers le mode opératoire propre aux opérations franchisées par Al-Qaeda.

S'il n'existe sans doute pas de commandement opérationnel commun à tous les groupes maghrébins, il semble que les maquis algériens soient particulièrement accueillants pour les combattants des pays voisins: le groupe découvert en Tunisie y avait été entraîné, et certains combattants marocains parmi ceux arrêtés par les autorités - une demi-douzaine de cellules ont été démantelées au cours de l'année 2006 et 2 000 islamistes sont actuellement sous les verrous - avaient également été formés par le GSPC.

Pour Al-Qaeda, le Maghreb est une proie facile. Désespérance sociale, frustrations et mal-vivre: des banlieues algériennes aux bidonvilles marocains, le terreau est idéal pour les recruteurs. Des jeunes sans travail et sans horizon y trompent leur ennui comme ils peuvent. Certains tentent leur chance de l'autre côté de la Méditerranée. Quitte à embarquer, sans le précieux visa, sur de fragiles esquifs que les Marocains nomment des pateras. Ils appellent cela «griller». D'autres, minoritaires heureusement, s'enflamment pour le djihad. Leur enthousiasme est nourri par les images des chaînes de télévision satellitaires arabes, qui diffusent en boucle le malheur des Arabes d'Irak et de Palestine, attisant leur haine de l'Amérique. Une vision du monde qui est leur seule culture.

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