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Mohamed Benchicou répond à vos questions (3è partie) 31 mai, 2007

Posté par benchicou dans : Algérie : analyses et polémiques , trackback

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Dans cette partie, Mohamed Benchicou répond aux questions sur ce qu’on appelle « l’après-Bouteflika »

Question :    Le président Abdelaziz Bouteflika étant malade, comment se prépare, à votre avis, sa succession ?

( 7 questions )

Réponse : Je crois qu’il faut d’abord s’assurer de la gravité de cette maladie dont on parle tant. Personnellement, je suis échaudé par la capacité du système à berner les masses. Rappelons nous de la duperie collective du 8 avril 2004. Personnellement, je reste méfiant. Il revient de deux visites à Blida et Chlef, il part dans cinq jours pour l’Allemagne…. Non, je crois que trois ans après le mélodrame du 8 avril 2004, nous n’avons toujours rien compris aux subterfuges par lesquels s’éternisent les autocraties dans nos pays. Sur la scène algérienne, le surnombre d’impénitents crédules que nous sommes, opposants vaniteux et journalistes ingénus, semble affolant. Au canular de “l’homme haï par l’armée” en 2004, avait succédé celui de “l’homme malade” en 2005, puis le bobard du “président mourant” en 2006 avant qu’en 2007, on ne nous convie à l’autre variante du vaudeville, “le président malade et démissionnaire”. L’ennui dans l’affaire n’est pas que le microcosme politico-médiatique crée sa propre mythologie. On peut, après tout, fort bien concevoir qu’une société angoissée ait besoin de se rassurer par des duperies classiques et passagères qui brisent la monotonie du désespoir. L’embarras, ici, est que nous produisons, avec talent du reste, les mécanismes de l’auto-persuasion : comme s’il ne nous suffisait pas de croire aux fables à la mode, nous éprouvons le besoin de nous en faire les courtiers zélés auprès de la population. Rappelons-nous Said Sadi, candidat à la présidentielle de 2004 qui entamait ses meetings par cet invariable serment fougueux : “Je jure par Dieu que Bouteflika ne passera pas.” Il lui fallait bien de la certitude pour se risquer avec autant d’assurance au parjure et au discrédit. Et c’est là, dans cette aptitude à convertir nos meilleurs amis en parfaits camelots de leurs tromperies, que les architectes de la propagande mensongère sont les plus redoutables. Qui mieux qu’un opposant républicain pour vendre à l’opinion républicaine une vanne du pouvoir ? Or, trois ans après avril 2004, cette manipulation des élites se poursuit avec le même succès, pour le même objectif, assurer le vernis démocratique au régime, et avec la même technique, l’autopersuasion d’une “vérité cachée” connue des seuls “initiés” et la négation de la vérité qui s’impose, chaque jour, sous nos yeux mais qui ne serait bonne que pour l’opinion roturière. L’inconvénient est que c’est toujours la vérité roturière qui finit par se vérifier.

Question : Croyez-vous à un troisième mandat de Bouteflika ?

( Posée par 3 lecteurs)

Réponse : Je ne suis pas dans le secret des arcanes, mais contrairement à l’idée répandue, c’est pour moi une forte hypothèse. Il faut s’attendre à une révision constitutionnelle. Et ses proches tiennent à le dire aujourd’hui. Relisons ce qu’écrit Liberté, un journal proche de Bouteflika ce jeudi 31 mai : « Si Bouteflika vit ces sorties comme un ressourcement indiscutable, l’intensité qu’il met dans ses visites implique qu’il veut répondre par l’action, “à la Sarkozy”, à ses détracteurs et à ceux qui ont décidé de l’enterrer avant l’heure. Aussi bien physiquement que politiquement. Et ces bains de foule ne peuvent que donner à réfléchir à la fameuse équation “l’après-Bouteflika” que certains lobbys préparent avec des allures de complot. Les Algériens, dans leur accueil, semblent avoir compris cette subtilité et donnent, peut-être sans le vouloir, un accélérateur au président Bouteflika qui s’impose comme le levier de toute décision qui implique la nation. » De plus, pendant que d’éminents esprits nous rebattent la thèse du “président malade et démissionnaire”, que dit le principal intéressé à El-Pais ? Trois vérités significatives que le bon peuple connaît déjà. D’abord que “la question de l’amendement de la Constitution est à l’étude.” Ensuite, à la question de savoir s’il compte briguer un troisième mandat, que “cela regarde les Algériens”, alors que la réponse qui s’imposait est : “La Constitution ne le permet pas.” Enfin, au journaliste qui l’interrogeait sur sa santé, Bouteflika n’a eu aucune hésitation : “Grâce à Dieu, je me porte très bien.” Tout cela débouche , pour moi, sur une information capitale : la décision de postuler pour un troisième mandat est déjà prise. Mais nos cerveaux éclairés, sous le charme de l’endoctrinement diabolique et celui de leur propre vanité, vont s’employer à nous convaincre du contraire. Autrement dit, pendant que le pouvoir adresse aux masses un message massif et cohérent, les préparant à des échéances que lui seul maîtrise, des officines se chargent de produire un discours de diversion en direction de ses adversaires afin de les neutraliser et laisser ainsi au régime l’initiative politique. Je ne vois pas d’autre but tactique pour les propagandistes du pouvoir à envoyer les démocrates dans les roses que celui-là. Rappelons-nous : la théorie du “président malade et démissionnaire” avait déjà permis au pouvoir, en 2005, d’avorter les grosses contestations autour des effets catastrophiques de la Charte pour la paix. Val-de- Grâce avait étouffé le scandale politique. Le régime s’est servi de nouveau, en 2006, de la théorie du “président malade et démissionnaire” pour briser le débat houleux qui commençait à s’installer autour du projet d’amendement de la Constitution. A quoi bon débattre, se disait-on, d’un projet mort-né, compromis par la santé défaillante du président ? Dans les deux cas, le régime a obtenu un répit salutaire qu’il a su habilement exploiter. Car aujourd’hui que l’opposition a baissé la garde, le madré chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, peut sortir du bois, remettre au goût du jour le dossier de la révision constitutionnelle et même annoncer qu’il sera au programme de “la prochaine mandature” de la prochaine Assemblée nationale. Et nous y voilà ! Comme en 2004, le régime va utiliser l’opposition républicaine pour reconduire “légalement” et dans le cadre du “pluralisme”, le président Bouteflika à la tête du pays ! Ce sera un hémicycle où siégeront les députés du RCD, du PT, de l’ANR, du MDS dissident, peut-être même d’une fraction des arouch, qui va voter pour la révision constitutionnelle et offrir un troisième mandat à Bouteflika ! Les parlementaires du FLN, du RND et du MSP ont assuré la majorité, nos amis démocrates auront garanti la crédibilité de la “démocratie parlementaire algérienne”. Encore une fois, un des subterfuges par lesquels s’éternisent les autocraties dans nos pays, aura magnifiquement fonctionné. Est-il trop tard ? Sans doute pas. Au-delà des controverses du moment sur le boycott ou la participation aux législatives, il convient en urgence de s’interroger sur la mission de l’opposition politique algérienne désormais à cheval entre deux vocations : celle de faire-valoir au régime qui s’en sert pour s’éterniser ou celle d’artisan d’une pensée autonome, libre, profitable à long terme. Quelle autre valeur mieux partagée que cette pensée-là, quel autre meilleur ciment, pour bâtir l’union des démocrates algériens ? Et puis, cette pensée en plus d’être fédératrice a surtout l’avantage d’être conforme à l’état d’esprit de la population. C’est important, diable ! Il est quand même cocasse qu’une opposition ait participé à un scrutin que les citoyens, eux, ont boycotté ! A se rapprocher du peuple on ne risque, au pire, que de perdre son temps. A s’en détacher, on risque la défaite définitive, celle dont on ne se relève jamais : perdre son âme.

Question : Ne croyez-vous pas que la candidature d’Ouyahia soit une bonne chose ? C’est quand même un renouvellement de génération au pouvoir…

( Question posée par Lynda)

Réponse : La candidature d’Ouyahia serait surtout celle du système, du même système. Celui-là même qu’il nous faut changer….Regardons les choses en face : si cette maladie de Bouteflika ( à laquelle, je le répète, je ne crois pas qu’elle soit handicapante) se confirme, alors la succession, dans les conditions politiques actuelles, ne peut se faire qu’entre les clans du régime, et n’aboutira à aucun vrai changement de fond. Avec ou sans Bouteflika, le système hégémonique algérien ne pense qu’à se reconduire. Tant que le choix n’est pas au peuple…Ouyahia, Bouteflika, quelle différence ? Il nous faut encore travailler pour créer les conditions d’un vrai renouveau démocratique et cela passe par le départ du système actuel. Avec Ouyahia nous serions dans le scénario où, comme avec Bouteflika, de vénérables parrains vont confier la clé du coffre à l’un de leurs protégés. Mais, bien entendu, on va vouloir nous persuader du contraire ! Comme tout cela sera très bien orchestré ! Une sordide cérémonie de sponsoring mafieux va passer aux yeux de l’opinion internationale pour un vrai scrutin démocratique, avec ses niais postulants, ses vrais faux débats, ses meetings préfabriqués et même ses incertitudes ! Nous assisterons aux « colères » de Nezzar, aux analyses des « colonels », et chacun de nous va s’abreuver des « confidences » d’un de ces officiers du DRS, qui vont promettre aux républicains « le changement vers un système démocratique », et dont le portable ne répondra plus après le vote. Cette stratégie de l’intox a d’ailleurs déjà commencé : des républicains travaillent déjà sur « l’option Ouyahia ». On veut, « au cas où », nous vendre Ouyahia, comme un homme neuf….Ni lui, ni L. Brahimi s’il est coopté ne seront les garants d’un nouveau système démocratique et moderne. Ne tombons pas dans le panneau. Créons les conditions d’un vrai changement démocratique. Et c’est possible !

Commentaires»

  1. Voilà qui est bien, je suis entièrement d’accord avec votre analyse cher Benchicou, c’est comme ça qu’on vous aime. Remuant, tranchant et incisif, pour renvoyer dos à dos les clans du pouvoir. On s’en fout de leur guéguerre, ou si, ça sera l’occasion d’enfourcher le cheval du changement.
    Vous dites « ne tombons pas dans le panneau. Créons les conditions d’un vrai changement démocratique. Et c’est possible! »; Quelles sont les conditions d’un vrai changement cher Benchicou, c’est là où réside le noeud du problème.
    PS : Avouer, c’est à moitié pardonner, c’est bien d’avoir fait votre mea culpa à propos du le soutien du Matin à Benflis en 2004.

  2. Mon cher Mohamed, toutes les élucubrations autour du systéme, de la maladie de Boutef, des éléctions truquées, de la necessité de changer le systéme etc… Nous raménent à chaque fois à l’éternel questionnement de Lénine: « Que faire? »
    Et là vous me direz:
    Oui il faudrait mobiliser le peuple autour de la mouvance démocratique et démolir le systéme islamo-machin chose etc…
    Ce discours programme est un foure-tout qui a exactement 16 ans. 16 ans pour l’histoire c’est rien du tout mais pour un peuple qui vit l’exclusion et l’oppression c’est trop long et c’est pour ça que les plus audacieux des jeunes ne veulent plus attendre et risquent la mort en tentant de rejoindre l’autre rive, pour les moins téméraires c’est le suicide violent ou en douceur (par la drogue et la colle à snifer).
    Mon cher Mohamed, vous avez osé faire une erreur de calcul arithmétique en raillant les « démocrates » qui ont participé aux éléctions en présentant les 2/3 des non votant comme étant un gisement electoral d’obédience démocratique qui a tourné le dos aux candidats de Saadi et de Malek etc… D’oû sortez vous de pareilles chiffres ? Y’a t-il chez nous des instituts de sondages fiables qui ont fait la compilation des données qui vous permet d’avancer pareilles hypothéses?
    Ou bien ça vous rassure de prendre vos désirs et souhaits pour la réalité ? ne pensez vous pas que l’on va de désillusions en désillusions en posant des hypothéses farfelues en les vendant comme paroles d’évangile?
    75% de non votant c’est un gisement de démocrates!! si tel était le cas on aurait bouffé ce systéme depuis longtemps, Boudiaf serait encore (peut-être) de ce monde, on n’aurait jamais eu un président parano-mégalo-idiot, ni subit l’injure de voire une tête de merde au palais du gouvernement, ni des dinausores comme ambassadeur à Paris,au conseil constitutionnel, au MAE. Malheureusement on a tout ça parceque l’écrasente majorité de nos concitoyens ne se reconnaissent pas ni dans les partis du pouvoir ni ceux de l’opposition agrée par celui que tu as intelligement dénommé « le ferrailleur »
    Encore une fois comment détruire un systéme prédateur articulé autour de ce qui est communément appelé le cabinet noir?
    Avec Said Saadi, l’ANR, le PT, le MDS déchiré? vous savez que ça ne représente pas grand monde pour abbatre un systéme aussi crapuleux qui n’hésite pas à éliminer physiquement ses adversaires, à fomenter des troubles pour justifier le verrouillage. Loin de moi l’idée de dire que Saadi et consort sont des nervis du pouvoir, loin de moi l’idée que le CCDR est un ramassis de faux jetons. Mais je crois à mon humble avis que tout ce que l’on appelle dans les provinces « le microcosme ou les salons de l’Algérois » porte en lui la marque indélébile de proximité avec le pouvoir occulte donc intoxiqué.
    Ça ne dérange pas le sommeil des généraux faiseurs de rois que le microcosme et les médias de dénoncer la mafia politico-financiére, le systéme islamo-conservateur et j’en passe et puisque ça ne dérange pas les vrais détenteurs du pouvoir celà n’attire pas non plus les 2/3 de non votants. Démonstration:
    Qu’est ce qui a fait la force du FIS il y’a 16, 17 ans? dire tout simplement le vrai mal qui ronge le pays et situer clairement les responsables du drame et leur promettre un jugement sévére, résultat une adhésion populaire réelle.
    Même celui qui a été coopté par les généraux s’est essayé à cette diatribe pour faire mousser sa popularité en parlant « du pont des généraux et des quatre chats galonnés qui font la loi en Algérie »
    Redémonstration:
    Aprés 13 14 ans de recul, pourrait on dire que Kasdi (allah yarhmou) est un novice quand il a constitué le groupe des 7+1 (avec le FIS) pour résiter et barrer la route à la manipulation et au bourrage des urnes? Y aurait il quelqu’un de sensé pour accuser Kasdi d’antipatriotisme pour s’être ligué avec le parti des islamistes pour abattre le systéme mafieux dont il connait parfaitement les rouages, le fonctionnement et le degré de nocivité pour le pays et qui mieux que les islamistes pour faire tomber les renégats tapis dans les Tagarins? Kasdi était un patriote (paix à son âme) il s’était rapproché du grand patriote Boudiaf pour sauver ce qui pouvait être sauvé à l’époque ils ont été tués lâchement tous les deux par le noyau dur des généraux faiseurs de rois.
    maintenant si on revient à la mouvance démocratique avec ses slogans et mots d’ordre « barrons la route à l’islamisme, non à l’état islamo-conservateur, non à la mafia politico-financiére etc… Ça fait sourire le citoyen lambda de Tkout ou de la Casbah. Pourquoi ? parceque le citoyen Lambda sait que c’est du verbiage creux utilisé pour cacher le soleil avec un tamis.
    L’état islamo-conservateur on l’a depuis la nuit d’intronisation de Bendjedid. Ce n’est pas le fIS qui a mis en place le code de l’infamie, ce n’est pas le FIS qui a écrit dans la constitution l’islam religion de l’état. Donc en 91 et l’arrêt du processus electoral est-ce que c’était pour sauver l’Algérie démocratique des citoyens de TKOUT, de Ras El Oued ? ou plutôt pour sauver la république de Nezzar, Belkheir, touati, Lamari….Je crois qu’aprés 15 ans le résultat est que la seule république qui a été sauvé c’est celle qui a fait de ces sous officiers de la promotion Lacoste des potentats qui nous pissent dessus avec leurs progénitures.
    Donc pour revenir à un slogan mobilisateur, je voudrais te dire mon cher Mohamed que j’ai été dans ma jeunesse dans les mêmes tranchées que toi et mes aînés dans le PAGS m’avaient parlé du choix stratégique que devait faire le grand patriote Vietnamien l’oncle HÔchimin quand il devait combattre avec des moyens rudimentaires deux impérialisme (Nippon et Français) il s’était allié avec le plus faible pour affaiblir le plus fort des deux et finir par les débouter de son pays. L’histoire nous enseigne que cette stratégie reléve du génie. Kasdi qui s’est essayé à cette stratégie d’alliance ponctuelle avec les islamistes en 91 nous a montré la voie (c’est pour ça qu’ils l’ont liquidé.
    Question: serait on capable dans la mouvance démocrate de faire son autocritique pour n’avoir pas pris conscience du danger mortel pour le pays et pour les citoyens de marcher dans le sillage des généraux véreux et de dénoncer tous azimut le FIS et les islamistes? Entre les généraux de pacotille et les islamistes quel était l’ennemi le plus mortel? dire que les islamistes vont interdire la vente de l’alcool, fermer les boites de nuit etc est-ce que celà aurait dérangé le citoyen lambda qui a du mal à s’acheter un sachet de Lben qu’ils interdisent les bars? est-ce-que les discothéques fermées étaient des lieux de réjouissance des enfants du peuple et auquels cas ça aurait frustré le citoyen Lambda privé de discothéque? vous savez bien mon cher Mohamed que ces lieux de réjouissances sont fréquentés par la nomenklatura et ses enfants. le citoyen basique a toujours souffert pour finir les fins de mois alors qu’est ce qu’il s’en fiche que les intégristes ferment les bars et les lieux oû sont sont débauchés les filles et flis du peuple pour le plaisir libineux de Nezzar et de Médiène.
    Amicalement

  3. Cher Monsieur Benchicou,
    Je pensais que vous avez tiré les leçons de vos échecs, hélas comme on dit chez nous « laglayli mayanssa haz ktefou ». Vous supprimez les posts qui vous déplaisent, vous refusez de répondre aux questions polémiques bien que vous nous avez promis de le faire, vous sélectionnez les articles favorables au Matin. Pauvre Algérie, pauvre presse. J’espere que d’autres personnes réagissent à cette situation de censure. Pauvre pays, on ne peut plus faire confiance à personne.

  4. A WAHRANI BOUMEDIENNE . JUSTE POUR LUI RAPPELER LE CAS IRANIEN OU LES DEMOCRATES SE SONT ALLIES AUX RELIGIEUX AVEC LE RESULTAT QUE LON SAIT.

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