navigation

Le journalisme entre Bouteflika et Ponce Pilate 30 mai, 2007

Posté par benchicou dans : Chroniques dans Le Matin , 1 commentaire

10 décembre 2003

Quand la presse de mon pays se met en devoir de faire le procès de ses égarements, mieux vaut assister au spectacle. On en sort avec la conscience apaisée : Beliardouh, en fin de compte, n’était qu’un vulgaire diffamateur accablant la mafia locale, et l’anonyme Bouras méritait bien ses jours de prison qui croyait s’attaquer aux notables d’El Bayadh au mépris de la déontologie ! Avec ses airs doctes, ses leçons de morale et sa pudibonderie assassine, une certaine confrérie de Ponce Pilate nous a enseigné, pendant deux jours à l’hôtel El Djazaïr lors de cet intéressant séminaire sur la diffamation organisé par El Khabar, l’art et la manière de faire du journalisme dans la République de Saïd Bouteflika. Leçon numéro une : le journalisme professionnel se mesure à la tranquillité qu’il procure à ceux qui le pratiquent. Leçon numéro deux : le journalisme professionnel s’apprécie au nombre de pages de publicité offertes par le clan présidentiel via l’Anep et au nombre de voyages effectués dans les bagages du chef de l’Etat ! Avec ces deux préceptes fondamentaux, dont on devine qu’ils sont des solides garanties pour l’exercice indépendant et « éthique » du métier, vous êtes blindés pour le restant de votre carrière. Il suffit de suivre le prospectus de la presse convertie au jésuitisme, à la tartuferie, à la pierre et aux élégances de la hâblerie. La presse algérienne diffame ? Mais bien sûr, messieurs, bien sûr ! On parle bien sûr de l’autre presse, pas celle qui voyage avec le président, mais l’autre, celle qui paie ses factures d’imprimerie, l’autre qui se fait suspendre, traîner devant les juges, convoquer par les commissaires, cette presse immature et provocatrice qui se fait confisquer ses passeports et jeter en prison, ces gazettes à ce point ignares du journalisme professionnel qu’ils se font harceler par le fisc, harceler par les imprimeries, harceler par les policiers, les magistrats, les flics de Zerhouni, puis maintenant par leurs collègues érudits en déontologie et indignés par tant d’impiété envers les religions bouteflikiennes ! La presse algérienne diffame ? Mais voyons, comment désigner autrement ces révélations sur les grands chambellans tortionnaires et les gros cardinaux milliardaires qui mettent si mal à l’aise à l’heure du toast avec le chambellan et à l’heure bénite où le cardinal devient « source autorisée » ? Car on l’a bien compris : par diffamation condamnable, on entend celle qui vise les gens du pouvoir, pas celle qui accable les quidams d’en bas. Quand on traite les enseignants grévistes de « rentiers aventuriers », c’est de la clairvoyance assumée. Quand on évoque la torture de Zerhouni sur Sadaoui dont la pharmacie plaisait à l’impératrice Fatiha Boualga, cela devient de la diffamation. Alors va pour les enseignants ! Il faut bien se faire les dents sur quelque proie pour afficher quelque virilité devant sa descendance.
Gardez votre morale, messieurs ! Notre religion est faite : le journalisme, dans l’Algérie d’aujourd’hui, se mesure à ses choix éditoriaux. Dans un pays livré à l’injustice, à la rapine et aux gangsters du pouvoir, le journalisme, et qu’on me pardonne cette vieillerie qui jure tellement avec vos esprits éveillés, reste un acte de combat. Ils sont au moins deux à l’avoir compris : le GIA et Bouteflika. Le second est en train d’en finir avec ceux que le premier n’a pas eu le temps d’assassiner.
La tentation de soigner la presse algérienne de ses dévergondages est aussi vieille que celle de plaire aux souverains. Le débat eut lieu en son temps, avec Saïd Sadi et sa « Lettre à mes amis de la presse » qui reste le modèle de la bonne intention dans un univers de truands.
Avec le temps, le leader démocrate a pu mesurer à quel point les dévergondages ont sauvé ce qui restait de vérité et que c’était bien sur cette presse libertine et adolescente que repose quelque espoir d’éviter de secondes morts à Mohammed Dib, Kateb Yacine et Matoub Lounès. Oh, j’entends bien : il y a la syntaxe maltraitée, les « sources » non vérifiées, l’indicatif qui se mélange avec le subjonctif et parfois même les idées qui se perdent. Mais qui ne préfère des vérités dites avec des fautes d’orthographe à des mensonges énoncés sur le mode du verbe châtié ? Nous avons un phraseur, il est président de la République. Inutile de s’obliger à en multiplier les émules.
Il n’est nullement question ici de faire un plaidoyer pour la diffamation. La presse algérienne ne viendra jamais à bout de ses impuissances tant que ne s’y installe l’attachement à l’exactitude, le soin au respect d’autrui et la fidélité à toutes les probités intellectuelles. Or, c’est justement là le problème : ceux qui nous invitent à ce débat sont précisément disqualifiés pour le faire et encore moins pour le diriger. Pour diagnostiquer la réalité de la diffamation et en discuter des effets, il faut d’abord balayer devant soi et, surtout, répondre à la question centrale : l’information en Algérie est-elle malade des excès de la presse privée ou de la censure des gros médias ?
Le balai d’abord. Aujourd’hui, une partie de la presse privée algérienne est financée directement par le clan présidentiel. Une bonne dizaine de titres, heureusement parmi les moins influents, sont dirigés par le frère du président, Saïd Bouteflika. D’honorables correspondants des services activent dans les rédactions à visage découvert, souvent avec la bénédiction des directeurs de publication, s’adonnant à ce journalisme de connivence qui a fait la réputation des capitaines et des caporaux. C’est un fait. Mais un fait qui a fini par créer le contraste : dans un contexte d’allégeance, haro sur les indociles ! L’été passé à faire reparaître nos journaux, à taper dans la poche de nos amis, à consoler nos rédactions angoissées, à répondre aux commissaires de police, à subir les perquisitions à nos domiciles, à supporter les interrogatoires des procureurs, l’été à se faire enlever son passeport par un juge d’instruction acquis au clan présidentiel et à frôler la prison, c’est aussi l’été voulu par les Ponce Pilate de la presse, ceux qui ont entrepris de regarder ailleurs quand leurs confrères étaient malmenés, les oubliés du fisc et des imprimeurs, les obligés de Saïd Bouteflika, ceux-là même qui aujourd’hui, avec un aplomb remarquable, nous accusent de diffamer le pouvoir ! Passe que des chroniqueurs acrimonieux, officiant en terre pacifiée, s’arrangent pour nous réprimander de n’avoir pas défendu notre ancien collaborateur SAS condamné à six mois de prison par défaut, voyant par là un parti pris en faveur du ministère de la Défense nationale. Il faut un certain culot pour faire ce reproche à nous qui sommes jugés sur plainte de ce même ministère de la Défense nationale et qui totalisons onze affaires en justice sur des chroniques et des dessins portant sur les généraux ! Nous devinons le bonheur tranquille de cet illustre observateur installé dans un journal suffisamment avisé pour ne pas mécontenter les généraux. Quand on n’a pas le courage de Hicham ou de Dilem, pourquoi deviser sur leurs audaces ? Cela dit, notre chroniqueur est à la bonne place : un de ses confrères employé par le même quotidien s’est indigné, au cours du séminaire d’El Djazaïr, de ce que Le Matin se soit attaqué à Al Shorafa sans preuves ! Nous rassurons nos deux amis : le prochain procès intenté par les généraux contre Le Matin est fixé au 31 décembre et la prochaine audition du juge d’instruction sur l’affaire Al Shorafa est fixée à la première semaine de janvier. C’est avec un grand plaisir confraternel que nous les verrions partager avec nous l’attente du palais. Ils se procureront, du même coup, les réponses à leurs angoissantes questions. Mais voilà qui nous ramène au balai. Pour défendre efficacement l’éthique en journalisme, il faut d’abord s’abstenir d’ériger l’allégeance en technique professionnelle, refuser de se taire en échange de subsides publicitaires ou d’effacement d’ardoises d’impression, ne rien attendre des souverains et surtout n’écrire que sous sa propre dictée. Chacun est sans doute libre de faire l’usage qu’il entend de la place qu’il occupe sur la scène médiatique. C’est encore plus vrai quand elle est octroyée par le frère président. Mais alors qu’on ait la pudeur d’épargner ses confrères d’hypocrites désolations sur le sort fait « par les autres » à la déontologie.
Au pays où l’on s’accommode d’un président rédacteur en chef de l’APS, où la télévision s’est spécialisée dans les clips de Bouteflika, où rien ne filtre des attentes populaires, de leur mécontentement ni de leurs conditions, dans un système hermétique, confisqué, interdit aux opposants, faut-il se plaindre en priorité de la censure qui prive le citoyen de l’information ou des outrances d’une presse adolescente qui indisposent le pouvoir ? N’inversons pas l’ordre des maux. Ce n’est jamais la meilleure façon de se soigner. Et tant pis pour les brancardiers du système qui se sont trompés d’urgence : l’abus se corrige, la censure se combat.
Terminons par ce constat qui va inspirer bien des Ponce Pilate : après Aït Ahmed et les Thévenot, voilà les fantômes de Tibhirine. Qui a tué les moines, se demande-t-on en pointant le doigt vers les Tagarins ? A quelques semaines de l’élection présidentielle, la curiosité est plutôt opportune. Elle suggère aux généraux de s’inquiéter plus de leur sort personnel que des chances de Bouteflika de remporter le scrutin. Ce débat ne concerne pas que les chefs militaires. Assez de se taire ! Que ce qui reste d’intellectuels engagés et d’élite patriotique dans ce pays, et ils sont nombreux, s’engagent dans cette bataille de la dignité nationale : jusqu’à quand se laissera-t-on dicter nos choix par des acolytes embusqués dans une certaine littérature de la déstabilisation ? Assez de se taire ! Vous n’imposerez pas un second mandat de Bouteflika par la menace de la potence. L’Algérie qui a brisé les reins du GIA ne doit pas se laisser inhiber par deux déserteurs et trois intrigants parisiens. Qu’elle parle, diable ! Qu’au moins cette Algérie qui en est à souhaiter secrètement que les « décideurs » arrêtent la plaisanterie Bouteflika, la même qui les implorait de faire barrage au FIS, que cette Algérie-là, au moins, mette les mains dans la mouise, qu’elle fasse front devant les connivences fatales. Qu’elle se débarrasse de la tentation des Ponce Pilate ! Ils se sont tant reproduits que le must serait peut-être, cet hiver, de s’en distinguer. Le 26 décembre, rappelons-nous, c’est dans quelques jours.



Reprenez d’abord vos coquins, mon général !

Posté par benchicou dans : Chroniques dans Le Matin , 1 commentaire

Reprenez d'abord vos coquins, mon général !  dans Chroniques dans Le Matin le_matin

 24 décembre 2003

Le prestige de la nation en est à se satisfaire des diadèmes qu’il peut. Le roi Mohammed VI nous boude ? On se contentera de Miss Angleterre. Entre deux couronnes, il faut savoir se contenter de la plus disponible. Avec Bouteflika, le narcissisme s’accompagne inéluctablement de déchéance. « Mohammed VI a téléphoné à Bouteflika », nous apprend en grosses manchettes El Moudjahid. Quel bonheur ! Le journal ne dit pas si le souverain chérifien a utilisé son portable ou le téléphone doré du palais royal, mais avec ce titre arboré le jour du forum sur Abane Ramdane qui en fut le cofondateur, El Moudjahid démontrait avec éclat que la décadence n’avait pas de limite.
Le Président Bouteflika ramassé, ramené à sa dimension de noceur-diplomate par les chefs d’Etat du Maghreb, voilà qui nous réveille sur notre condition : nous sommes aujourd’hui un pays sans influence, sans prestige et sans destin. Notre chef de l’Etat pensait qu’il suffisait de cette diplomatie de la rumba pour s’attacher la considération de ses semblables. Dans le monde d’aujourd’hui, il faut, hélas ou tant mieux, bien plus que ça aux nations pour devenir interlocutrices. La confiance et le respect s’arrachent par la crédibilité intérieure d’un pays, jamais par les épanchements et les accolades télévisées. Quel crédit prétend encore avoir notre diplomatie quand le ministre des Affaires étrangères est absorbé par la création d’un comité de redressement à Tadmaït et d’un autre à Boughezoul, quand un sommet de l’Union du Maghreb se prépare entre une bouillabaisse anti-Benflis à Marseille sous l’égide de l’autre ministre chargé de la diplomatie, Messahel, et un loufoque tête-à-tête Belkhadem-Si Affif à Annaba ?
Il eut été bien cocasse qu’un gang qui a si bien divisé l’Algérie réussît à unifier le Maghreb ! Nos voisins sont décidément plus avisés qu’on ne le craignait.
Les brillants esprits militaires qui ont fait du noceur-diplomate un Président pour l’Algérie devraient être fixés aujourd’hui sur l’étendue de leur lucidité : Abdelaziz Bouteflika a fait de l’Algérie un pays boudé même par la Mauritanie ! Ce camouflet est aussi le leur : dans le seul domaine où ils attendaient de Bouteflika quelque résultat, c’est-à-dire dans le « rehaussement de l’image de l’Algérie », leur poulain a lamentablement échoué. Et qu’ils se rassurent, la déconfiture est harmonieusement répartie : les investisseurs étrangers sont toujours absents, le risque Algérie est toujours élevé et le seul classement où le pays est dans le peloton de tête est celui de la corruption !
Bouteflika a précipité le déclin des illusions : aucune parodie électorale, aussi réussie fût-elle, n’est en mesure de fournir une alternative politique crédible dans les conditions de déliquescence actuelle. La population est coupée de ses gouvernants, les contre-pouvoirs sont neutralisés, les leviers de commande sont entre les mains d’un seul homme, le découragement s’est installé et Chérif Belkacem n’a pas tort de craindre qu’il ne faille se résoudre à n’obtenir le changement que par des combats de rue. Tout nous y conduit en effet : le gang qui s’est emparé du pouvoir en 1999 avec la bénédiction des généraux refuse de céder la place malgré ses échecs, son impopularité, ses rapines, les scandales qui l’éclaboussent et la piètre image qu’il donne de l’Algérie. Rien de plus normal : des roturiers arrivés au trône par l’intrigue ne se résignent jamais à le quitter, habitués qu’ils sont aux plaisirs de la cour. Ils trichent : Yazid Zerhouni, qui s’affiche publiquement comme partie civile contre un candidat, se prépare, sans talent, à trafiquer les élections. Ils corrompent : le clan présidentiel s’achète, à vil prix, les soutiens que son mandat ne lui a pas permis d’accumuler. Ils répriment : les opposants sont interdits de parole, cassés, invalidés, interdits, suspendus, condamnés, menacés Une coterie de malfrats politiques, érigés en gouvernants par la hiérarchie militaire, entreprend de montrer ses biceps.
Pendant ce temps, apprend-on, l’Armée s’est convertie à la neutralité. Les poules sont invitées par le fermier à s’organiser seules pour chasser le renard que l’auguste maître des lieux a fait entrer dans le poulailler. L’affaire tournait déjà à la galéjade. Voilà qu’elle devient franchement grotesque : l’Armée neutre devant le spectacle d’un Président organisant à son aise un viol répété de la République ! Neutre devant la rapine, le pillage, l’injustice, la dictature des va-nu-pied, ceux-là mêmes qu’elle a érigés en souverains d’un fier pays.
Renvoyer la balle aujourd’hui dans le seul camp de la société civile n’est ni sain, ni pédagogique, ni salvateur. Ce serait donner à la société le rôle éprouvant de pompier dans un contexte où le clan présidentiel dispose des moyens du châtiment, de la subornation, du chantage et de la falsification. Demander qu’une bravoure citoyenne supplée les institutions pour sauver une République que des décideurs ont abdiqué un jour entre les mains d’une coterie marocaine scélérate, ce serait avouer une inaptitude impardonnable devant l’histoire. Demander à des poitrines nues de rectifier une lourde erreur politique face aux armées de Zerhouni, face aux larbins devenus hommes dans la patrie esseulée, ce serait abandonner le champ de bataille pour plaire à un parisianisme assassin.
Car enfin, il faut en terminer avec cette frilosité galonnée d’une Armée revenue aux règles du jésuitisme dans un pays livré aux brigands. Les intellectuels convertis à la politique de l’absolu sont à deviser de la non-ingérence de l’Armée. Mais que ne les a-t-on entendus quand Zerhouni cassait du Kabyle ? Que ne parlent-ils pas aujourd’hui que prend fin, comme dirait Dilem, l’Année de l’Algérie en France mais que s’éternisent les cinq années du Maroc en Algérie ?
Neutre mon général ? D’accord. Mais dans un pays débarrassé de vos bouledogues. Reprenez d’abord vos coquins, mon général ! Restituez le pays en l’état où Bouteflika l’a trouvé. Participez à donner à la société le temps et le souffle pour créer une véritable alternative démocratique.
Aussitôt après, oui, devenez neutre dans un pays apaisé, fixé sur son avenir, confié non à un gang mais à ses véritables enfants.

Le printemps est inexorable

Posté par benchicou dans : Chroniques dans Le Matin , ajouter un commentaire

 

 

 

07 janvier 2004

Notre confrère marocain Ali Lmrabet est libre depuis hier, et cela suffit pour commencer l’année avec cet indéfinissable soulagement que procure le spectacle d’une plume amie arrachée à ses bourreaux. Tout a une fin, même l’enfer, dirait son compatriote Tahar Benjelloun qui dépeint si bien son Maroc natal en auberge des pauvres et de l’espoir. Un Maghreb des libertés est en train de payer le prix de son propre enfantement : Ali Lmrabet était enfermé depuis sept mois, affaibli par une grève de la faim, subissant le cachot pour quelques insolences publiées dans les deux journaux qu’il dirige. Il aurait outragé le roi. Nos royaumes et nos Républiques en sont encore à des arrogances médiévales, à châtier l’écriture par la prison, à s’effrayer du verbe et de la caricature. Triste privilège que celui de ces souverains plaçant, au XXIe siècle, leur futile orgueil au-dessus des dignités citoyennes. Un dessin libre pour vos royaumes, messieurs ! Ah, que rien ne distingue un dirigeant arabe enchaînant un poète d’Ariel Sharon écrouant le révolté palestinien : même désespoir du despote, même fatuité du tyran confronté à la puissance du souffle de la liberté. « Seul le corps peut aller en prison, l’esprit ne peut être prisonnier, on ne peut pas attraper le vent », nous rappelle pourtant Sahar Khalifa. La romancière palestinienne raconte la chronique du figuier barbare et la foi du tournesol, comme pour nous rappeler le goût, les odeurs et les couleurs de nos patries pénibles, pénibles mais charnelles, pénibles mais envoûtantes, pénibles parce que rien ne nous y propose répit sauf la douceur avec laquelle elles nous hantent. Nous y haïssons tout pour tout y aimer par-dessus tout, et cet asservissement complexe, fatal, nous met en devoir de découvrir dans nos pénibles patries la vérité de Pablo Neruda : le printemps est inexorable. Alors, quand je pense au calvaire marocain d’Ali Lmrabet j’entrevois comme une pousse de certitude : il a semé une fabuleuse idée dans le royaume, l’idée que dire oui à tout et à tout le monde, c’est comme si on n’existait pas. Et c’est toujours Benjelloun qui l’écrit.
La Kabylie savait tout cela avant Benjelloun. Se dirige-t-elle vers une paix trompeuse ? Certains, dont je suis, le redoutent. Les figuiers de Naplouse de Sahar Khalifa ou du Djurdjura de Matoub ont tous ce même arrière-goût de sucre et de sang. Il faut passer à travers les épines pour savourer le fruit. On dit que la Kabylie fait l’expérience de la lassitude après avoir fait celle de la bravoure. J’ignore ce qu’est une Kabylie lasse, moi qui n’ai connu que la rebelle, mais j’imagine qu’elle ressemble à une féline reprenant son souffle avant de livrer de nouveau bataille. Comment imaginer qu’une terre de la ténacité couronne trois années de sacrifices par trois heures de salamalecs avec un Premier ministre représentant les seigneurs de cette arrogance médiévale qui a repoussé les manifestants un certain 14 juin pour s’agripper au futile orgueil de leur consentir quelques factures d’électricité ? Nos souverains ne concèdent que ce qui conforte leur vanité, jamais ce qui la compromet. Ils daignent bien relâcher des détenus, éponger des arriérés, lever des contrôles judiciaires ; ils ne s’abaisseront jamais à révoquer des élus fantoches, parce que ce serait la signature d’une capitulation, et eux, les animateurs de nos royaumes et de nos Républiques grabataires, ignorant tout des sèves du figuier et de la foi du tournesol, eux ne capitulent pas. Ils meurent dans la déchéance, comme tous les dictateurs arabes. Il y a certes toujours un moment où la vie reprend le dessus sur le souvenir des martyrs, mais la Kabylie, elle surtout, elle malgré tout, doit conquérir la première sans rien oublier de la seconde. Si
la Kabylie perd le goût du sucre et du sang, comment faire pour se rappeler Pablo Neruda, comment se convaincre que le printemps est inexorable ? Il l’est pourtant.

Entre nos bourreaux et nos enfan

Posté par benchicou dans : Chroniques dans Le Matin , ajouter un commentaire

Entre nos bourreaux et nos enfan dans Chroniques dans Le Matin ben

 

 

 

19 mai 2004

1 Non la question qui révulse, la question irakienne, la question qui condamne, la question d’Abou Ghraïb ne devrait pas concerner le régime algérien, si ce n’est par le souvenir avantageux, celui de la villa Susini ou d’Aussaresses, le temps de la guerre qui nous suggère que les Algériens savaient se faire torturer sans jamais avoir appris à le faire eux-mêmes. Non rien ne devrait justifier l’amalgame et jeter le doute sur la félicité post-électorale qui règne depuis les élections transparentes du 8 avril 2004. Sauf que. Sauf qu’il y a ces fâcheux témoignages qui brisent l’euphorie algérienne, ceux qui racontent le calvaire infligé aux dizaines de citoyens mécontents de Tkout, dans nos Aurès, soumis à la faim et au froid, forcés, en mai 2004, par les gendarmes à dormir nus sur le gravier glacial, privés de la nourriture apportée par leurs familles. Des prisonniers dont on serait toujours sans nouvelles et qui endurent le calvaire réservé aux rebelles contre l’ordre établi. Et Djelfa qui s’ajoute à Tkout, Djelfa où un jeune homme de 23 ans a subi des sévices pendant 24 heures de la part de notables locaux, selon les révélations du responsable de la ligue locale des droits de l’homme. Djelfa, où les animateurs du Mouvement citoyen du Sud qui ont alerté sur le décès suspect de 13 bébés à l’hôpital de Djelfa subissent d’intolérables représailles et seraient aujourd’hui menacés de mort. Bien entendu, tout cela, comparé aux sévices d’Irak, ne serait que vétilles. Mais l’intention reste la même : la torture est la réponse brutale et désespérée qu’apporte toute autorité à la remise en cause de sa propre légitimité. En Irak, aux Etats-Unis ou en Algérie. La torture renvoie systématiquement à la question de l’illégitimité du pouvoir : l’occupant français ou américain confronté aux révoltes, le pouvoir mal élu ou imposé et qui se sait contesté. A quel moment donc un pouvoir bascule-t-il dans la torture ? A tout moment. Dès que sa suprématie est contestée. Et cette maudite tentation qui guette nos dirigeants surprend toujours quand elle se produit. « Selon l’occasion n’importe qui n’importe quand deviendra victime ou bourreau », écrivait en 1959 le philosophe français Jean-Paul Sartre, intervenant dans le débat suscité par le livre La Question d’Henri Alleg dans lequel l’auteur raconte la torture endurée dans les casernes françaises pour avoir soutenu le FLN.
Il y a dans l’humiliation infligée aux Algériens de Tkout, de Lambèse ou de Serkadji, par nos propres barbouzes, la même finalité que dans celle appliquée aux Algériens de la villa Susini par les parachutistes français, exactement que celle voulue par les GI’s américains maltraitant les Irakiens : le contrôle moral de la population par l’avilissement. Avilir la victime est une façon de justifier la violence qu’on lui fait subir, selon le mécanisme décrit par l’abbé Grégoire : « Ils étaient méprisés, ils devinrent méprisables. » (1).
L’essayiste américain Robert Kagan, dans un livre tout chaud (2), aborde avec courage la question, impensable il y a un an, du déficit de légitimité qui frappe aujourd’hui les Etats-Unis et qui en fait à la fois un pays affaibli et, de surcroît, infériorisé par rapport aux Européens, plus attachés au droit international. L’auteur conclut que le salut des dirigeants américains est de reconnaître l’importance décisive des facteurs moraux dans les guerres modernes. Dont le bannissement de la torture à partir du postulat valable en tout lieu et en tout temps, donc même dans l’Algérie de 2004 : aucune fin ne justifie le recours à la torture comme moyen. Aucune. Pas même l’éradication du terrorisme.

2 Faut-il alors craindre la multiplication des actes de torture en Algérie ? Poser la question est déjà sacrilège. Mais la torture traduisant toujours l’illégitimité du pouvoir qui la pratique, elle ne se connaît pas de limites, et tant que l’absolue autorité du pouvoir algérien est contredite, il faut bien redouter que ne fleurissent des vocations de bourreaux et des destins de suppliciés. Car enfin, il faut bien noter que dans cette Algérie de 2004, le fossé entre gouvernants et gouvernés se creuse chaque jour davantage, et qu’il y naît de plus en plus de foyers de contestation agissant à découvert, niant au régime cette légitimité qui aurait fait de Bouteflika le « bon père de la nation », respecté parce que respectable. De Ghardaïa à Tizi Ouzou, de Tkout à Ouargla, des enseignants ulcérés aux manifestants qui brûlent les sièges de mairie et de daïra à Chlef, Blida ou Sidi Aïch, c’est toute une Algérie indocile qui pointe le nez pendant qu’Ahmed Ouyahia, dont on ne sait s’il est suffisant par tempérament ou par déficience politique, lit un programme incohérent dans une langue de bois qui ferait le bonheur de n’importe quel menuisier. Une Algérie coléreuse s’agite pendant que les deux ailes du FLN, soudainement converties à l’art du possible, se donnent l’accolade, préférant la raison du système à celle du citoyen, le portefeuille plutôt à la cause qui en fit d’éphémères opposants. Les émeutes populaires qui se succèdent depuis l’élection du 8 avril indiquent bien que les présidentielles n’ont pas résolu la question de la légitimité en Algérie en dépit des apparences et qu’à la différence des dictatures voisines où les souverains ont la sagesse de savoir redistribuer pour calmer les colères populaires, nos gouvernants sont dépourvus de projets et montrent une inquiétante aptitude à l’affolement devant une société désobéissante. Donc à la répression, à l’usage du gourdin qui, insidieusement, suggère les formes modernes de la gégène, mettre des gens nus dans le froid par exemple, ou les priver de nourriture. Le pouvoir de Bouteflika a le choix, aujourd’hui, entre écouter les Algériens ou aller encore plus loin dans la délégitimisation par la trique et par la torture. C’est-à-dire d’utiliser sur les Algériens mécontents de leur sort les mêmes méthodes « de guerre » qu’on a dû appliquer sur les terroristes du GIA. Je ne vois aucune autre raison au maintien obstiné de l’état d’urgence en dépit de la « paix retrouvée ».

3 Se savoir gouvernés par un pouvoir de tortionnaires est toujours un choc violent dont on se remet péniblement. A cette besogne qui consiste à révéler la torture puis à assumer le choc qui en résulte, c’est souvent la presse libre qui s’y colle, comme par une malédiction de la plume. La dénonciation de la torture a beaucoup fait avancer le journalisme libre par le fait même que l’exercice l’a exposé à de pénibles procès face à sa propre société dont il a fini par sortir vainqueur et qui lui ont procuré un surcroît de crédibilité auprès de l’opinion. Car c’est toujours sur la tête du journaliste que retombe, dans un premier temps, la dénonciation de la torture : plutôt que de reconnaître la défaite morale de sa propre armée ou de ses propres dirigeants aux mains salies par la torture, la société, par réflexe cabochard, préfère jeter l’opprobre sur le média soupçonné de sentiment antipatriotique. Le journaliste français Jean Daniel qui fut, avec Françoise Giroud, l’un des premiers à dénoncer la torture pratiquée par l’armée française en Algérie, se rappelle à quel point, dans la démocratie française de 1957, il était difficile d’accabler les chefs militaires français. « Les preuves brandies de la torture en Algérie ne pouvaient être que des faux monstrueux fabriqués par l’anti-France », écrit-il. Pour un témoin, formuler la moindre accusation, c’était s’exposer à des poursuites pour « atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat ». Et de fait, la justice française jugea les journalistes qui ont parlé de torture, tels Claude Bourdet et Gilles Martinet, de France Observateur, Jean-Jacques Servan-Schreiber, Jean Daniel et Françoise Giroud de l’Express, Georges Montaron de Témoignage chrétien. Puis ce fut au tour du journal Le Monde de devenir, selon la formule de Jean Daniel, le quatrième des « grands de la trahison ».
Accabler Yazid Zerhouni devient alors presque dérisoire : notre ministre de l’Intérieur, un demi-siècle après Guy Mollet, n’a confisqué qu’un passeport en signe de représailles contre la dénonciation de la torture par Le Matin. Quelle miséricorde !
Cela dit, il est temps pour l’opinion algérienne de prendre exemple sur celle de l’Amérique. Se lever, s’indigner haut et fort, protéger les candidats voués à la gégène, protéger même nos bourreaux contre l’inéluctabilité de leur vocation. L’Algérien doit pouvoir dire son mot sans peur des bourreaux. Nos enfants nous regardent nous taire devant Bouteflika. Quel avenir leur prépare-t-on par nos silences ? Entre la peur qu’inspire le bourreau et celle, infinie, que nous promettent les regards de nos enfants, il est temps de faire un choix.

(1) Cité par Le Nouvel observateur du 6 mai 2004
(2) Robert Kagan : Le Revers de la puissance. Les Etats-Unis en quête de légitimité, Plon, 2004



Benchicou répond à vos questions ( 2è partie )

Posté par benchicou dans : Algérie : analyses et polémiques , 7 commentaires

 

     

    Question : Après le boycott des législatives peut-on parler de crise politique ?

    ( Question de Jamil, Hamlaoui, Stelle)

Réponse : «  Pour se faire entendre, les Algériens ont choisi le silence. En refusant dans leur grande majorité de se rendre aux urnes, le 17 mai, pour renouveler leurs députés, ils n’ont pas suivi les appels au boycott lancés par la branche d’Al-Qaida au Maghreb. Ils ont en réalité manifesté leur refus de cautionner davantage le semblant de vitrine démocratique qui leur est imposé depuis des années : institutions vides de sens et de pouvoir, multipartisme de façade, responsables politiques réduits à l’état de pantins… Jamais la population algérienne n’avait manifesté un tel désintérêt pour une consultation électorale depuis l’indépendance du pays : 35,5 % de participation, selon le taux officiel. Dans la réalité, sans doute encore moins (entre 12 % et 20 %). » Qui a écrit cela ? Non, ce n’est pas une feuille de l’opposition ou quelque éditorialiste excité. Ces lignes sont parues dans Le Monde, c’est à dire dans ce qui est admis comme modèle de la presse sérieuse, modérée, perspicace et professionnelle. C’est dire si la déliquescence du régime est, aujourd’hui, phénomène notoire que personne ne cherche à nier ni encore moins à couvrir.

A elles seules, ces lignes du Monde répondent à votre question : le fossé s’est creusée entre le pouvoir et la population et rien ne sera plus comme avant. Le peuple a compris que le système organise des élections pour se reproduire. Pour se reconduire. Pourquoi participerait-il à une comédie électorale ? Cela dit, il ne s’agit pas de crise, mais de déliquescence du régime, de pourrissement final : le système corrompu a atteint le stade final de putréfaction. Ceci veut dire deux choses : le système ne peut plus produire de projet ni encore moins le mettre en mouvement, c’est à dire diriger le pays; le système est revenu à son niveau d’illégitimité le plus élevé, celui qu’il avait réussi à camoufler depuis 1999, sous le bavardage creux et les gesticulations de Bouteflika.

Que peut-il se produire maintenant ? Dans le scénario optimiste, le régime réalise son obsolescence et organise l’ouverture démocratique, le renouvellement de la génération au pouvoir, l’alternance démocratique…Cela s’est déjà passé dans les anciennes républiques socialistes. L’impasse pourrait alors être dépassée. Dans le scénario pessimiste, le pouvoir adopte la politique de l’autruche et s’accroche au pouvoir. Alors, dans ce cas, le changement demandera plus de temps et de violence…

Or, à écouter Yazid Zerhouni ou Belkhadem, se féliciter, d’une voix monocorde, du succès de ces élections législatives, on peut en douter que le pouvoir ait entendu le message qui lui était adressé.

Nous serions plus proches du second scénario. Alors, il est l’heure de rester lucides, de se projeter dans le temps, de s’organiser et de donner un vrai coup de salve.

2. Pourquoi les démocrates ont fait une erreur historique

Je vais utiliser des raccourcis pour répondre à cette question en me basant sur les chiffres officiels et en supposant, comme on a voulu nous en convaincre, que les élections ont été « transparentes ». Cela donne alors ceci : l’hécatombe ! Par coupure du peuple, par méconnaissance de l’état d’esprit de la société et un peu par ambition malsaine, les partis du camp démocrate qui ont fait le choix de participer à ces élections législatives ont fait la lourde erreur qu’il ne fallait pas faire : ils ont pris part à une élection à laquelle LEURS propres électeurs n’ont pas pris part. Selon les chiffres officiels, un peu plus de 3 Algériens sur 10 seulement ont voté. Or l’électorat des démocrates se trouve parmi les 7 qui n’ont pas voté ! C’est à dire parmi ceux qui ne croient plus en ce régime, qui ne veulent plus en entendre parler, qui refusent donc de participer dans les mascarades qu’il organise , qui cherchent une alternative à ce système ailleurs que par des élections qu’ils savent truquées et qui sont le vrai terreau des démocrates. Résultat : les partis démocrates ont été humiliés dans des élections où personne ne les attendait, surtout pas les 3 électeurs sur 10 qui s’étaient déplacés par routine et qui ne font pas partie du potentiel démocrate. Au total, le RCD + l’ANR + les dissidents du MDS n’ont eu que 25 sièges sur 380 et un peu moins de 5 % des suffrages. La défaite politique vient de la défaite chiffrée : ces partis démocrates ont pris la responsabilité de donner un faux poids des démocrates dans une compétition absurde. J’entends d’ici les commentaires sardoniques du pouvoir : « C’est tout ce qu’ils pèsent, ces démocrates et ils osent parler… » En faisant le choix de participer à ces élections législatives où leur électorat naturel ne participait pas, les partis démocrates se sont confirmés aux yeux de l’opinion une dimension de lutins qu’ils n’ont pas en réalité et, plus grave, de lutins félons. Ce qui était fatal : d’une part, ils ont été ignorés par ceux qui ont voté qui ne faisaient pas partie de leur électorat ; d’autre part, ils ont été assimilés au régime impopulaire par ceux qui n’ont pas voté, par le fait même qu’ils ont pris part à l’une de ses mascarades. L’art de perdre sur les deux tableaux…

Cette responsabilité de donner un faux poids des démocrates est d’autant plus dommageable que, contrairement aux chiffres, le mécontentement social indique que les partis protestataires ont regagné de plus en plus l’adhésion des masses. Mais encore faut-il assumer sa vocation de parti protestataire….. C’est à dire se ranger du côté du mouvement social, l’accompagner, lui donner le temps de mûrir, apprendre à ses côtés. C’est là la place naturelle d’un parti démocrate et c’est la grande leçon de cette participation ratée. A trop vouloir aller plus vite que la musique, ou, plus grave , de rouler en sens inverse de la société, on risque d’être le petit lutin au bord de la route….

Demain :

1. Faut-il croire à la maladie de Bouteflika ?

2. Faut-il voter Ouyahia ? Lui préférer Lakhdar Brahimi ?

Des changements dans vos contrats de location

Posté par benchicou dans : Algérie aujourd'hui , ajouter un commentaire

Les nouveaux amendements introduits au code civil stipulent, selon le dernier numéro du Journal Officiel, que le locataire assume les taxes, les charges et les impôts coulant de l’opération de location.
Les mêmes amendements apparus dans l’ordonnance présidentielle no 05-07 du 13 mai courant indiquent qu’il est interdit à celui qui ne peux effectuer que des taches administratives, de conclure une opération de location sur une durée de plus de trois ans. De même qu’il est interdit à l’ayant droit de conclure une opération de location, si l’acte initial ne le stipule pas clairement.
Le contrat de location prend fin à l’expiration des délais, mais le propriétaire peut mettre un terme au contrat avant cette date, pour une raison familiale ou professionnelle, et il faut qu’il informe le locataire à travers un écris non juridique, comprenant un préavis de deux mois, et la location ne se transmet pas aux héritiers.
Parmi les nouveaux articles, figure le fait que le locataire s’engage à remettre le local commercial ou le bureau d’activité au propriétaire, dans un état apte à l’utilisation selon l’accord conclu entre les deux parties, et un constat est effectué sur les lieux, par voie d’huissier, mais si le locateur a remis l’appartement sans huissier, le propriétaire est supposé l’avoir reçu dans un bon état, à moins qu’il ne prouve le contraire.

12345...22

Alliance des Empereurs |
UN JOURNAL |
GlobalWarning |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Convention Collective
| Distribution de flyers dans...
| Palestine – la paix dites-v...