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Vers une rupture dans les relations franco-algériennes ? 30 juin, 2007

Posté par benchicou dans : Algérie-France : entre le passé et Sarkozy , trackback

Par Henri Zeller
Assurément, Nicolas Sarkozy, qui n’a cessé, au cours de la campagne électorale, de dénoncer l’« obsession de la repentance », ne prononcera pas les excuses demandées par Abdelaziz Bouteflika pour les « crimes commis par la France pendant la colonisation ». L’objectif de lier la rénovation des instruments de coopération bilatérale au règlement des questions de mémoire ne guidera donc plus la politique diplomatique de la France envers l’Algérie. Il en est définitivement terminé du projet de traité d’amitié né, en 2003, de la Déclaration d’Alger.
Pour progresser, les relations franco-algériennes vont devoir se concentrer sur les projets de coopération concrète. En ce domaine, le retard est colossal – particulièrement au plan économique. Réseaux de télécommunication, modernisation du système bancaire et financier, infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires, construction immobilière : dans tous ces secteurs – excepté quelques réussites ponctuelles -, la France est distancée par ses concurrents chinois, américains ou arabes.
Les déclarations de Nicolas Sarkozy en faveur d’un rapprochement entre Gaz de France et Sonatrach, et pour la construction d’un partenariat énergétique nucléaire vont dans le sens d’un volontarisme diplomatique de bon aloi. Bien que froidement accueillies à Alger, elles amorcent une évolution : l’objectif d’obtenir des résultats tangibles dans le domaine de la coopération prime celui d’« assumer le legs du passé ».
Mais cela ne suffit pas. Lutte antiterroriste, circulation des personnes (la délicate question des visas), coopération éducative, accession des entreprises françaises au marché algérien, transferts de technologies, sécurisation de nos approvisionnements énergétiques : tous ces sujets méritent d’être traités dans un cadre diplomatique adéquat qui dépasse l’activisme de terrain. Pourquoi ? Parce que les traités internationaux qui lient la France à l’Algérie remontent aux années qui ont suivi les Accords d’Évian : ils avaient pour but d’organiser la souveraineté du nouveau pays indépendant et ne permettent pas d’avancer sur les nouvelles priorités communes. Cette refondation nécessaire des relations franco-algériennes peut aujourd’hui s’opérer selon deux voies.
Une première voie consiste à négocier un traité d’amitié simplifié, de nature technique, confiné aux aspects majeurs de la coopération bilatérale. Un tel traité est quasi prêt côté français et ne soulève pas d’opposition de fond côté algérien. C’est, en somme, le traité d’amitié envisagé par Jacques Chirac, défeuillé de ses aspects problématiques liés au règlement des questions de mémoire. Mais il est peu probable qu’Abdelaziz Bouteflika en veuille si les aspects mémoriels n’y figurent pas. Une deuxième voie consiste à investir radicalement dans le développement des relations, encore embryonnaires, entre l’Algérie et l’Union européenne.
L’exemple de la mise en œuvre de l’accord d’association montre l’ampleur de la tâche à accomplir : entrées en vigueur en 2005, les premières mesures douanières et tarifaires demandées par l’UE tardent à être appliquées. Au fond, l’Algérie butte contre deux difficultés. D’abord, elle s’adapte lentement aux méthodes originales imposées par son nouveau partenaire européen. Ensuite, refusant de s’unir avec le Maroc et la Tunisie, elle peine à entrer dans une logique de coopération régionale, base de tout partenariat euro-méditerranéen fructueux.
Or une Europe influente en Algérie sert la France, car les intérêts de l’une et de l’autre convergent parfaitement et les politiques de coopération traitent des mêmes sujets : circulation des personnes, État de droit, gouvernance, coopération antiterroriste, réformes économiques et structurelles. Ce que l’UE défend au travers du programme Meda et de l’accord d’association, la France, l’Espagne, le Royaume-Uni ou l’Italie tentent, depuis trop longtemps, de le faire de manière isolée et sans grand résultat.
Cette stratégie présente l’avantage de l’efficacité. Car les autorités algériennes savent bien que les vieilles lunes anticoloniales n’impressionnent pas les autres pays européens, que seuls intéressent les résultats. Les questions de mémoire qui encombrent tant la relation franco-algérienne sont évacuées ipso facto quand l’interlocuteur est européen.
Que les autorités françaises promeuvent et exploitent au maximum les potentialités de la coopération Algérie-UE serait un changement de méthode diplomatique important, et une rupture profonde dans l’attitude de la France envers son ancienne colonie. Si l’on en croit son diagnostic sur le désintérêt de l’Europe pour la Méditerranée, Nicolas Sarkozy sera peut-être l’homme de cette rupture.
* Henri Zeller (27 ans) est ancien élève de l’École nationale d’administration (promotion République).

Commentaires»

  1. Une rupture mais pas avec le peuple,comme j`aimerais que Mr SARKOZY nous devoile ceux qui nous gouverne.
    Il est jeune et a lui le 3em millenaire,j`espere seulement qu`il sauvera les generations a venir de la mediocrite et qu`il tienne ses promesses d`offrir a nos enfants le savoir et non l`abrutissement offert par nos ecoles.
    Pour un mieux oui a SARKO,depuis 62 qu`avons nous vu de nos dirigeants?Le chaos pour nous et la vie de chateux pour eux et leur entourage……En plus ils se soignent tous en FRANCE.Alors?

  2. Mr Zeller,

    Quel avantage l’Algérie a réellement à tirer en ayant un partenariat renouvelé avec la France et/ou avec l’Europe?
    Nous sommes aux yeux des européeens et des français en particulier une ancienne colonie qui a l’avantage de posséder des ressources naturelles en abondance, un coussin en devises fort apprécié (pas moins de 80 milliards de dollars sonnants et trébuchants), à près pas de dette (un reliquat de près de 4 milliards de dollars essentiellement allemand), une économie qui a besoin de tout car elle ne produit rien ou presque.
    Du côté algérien, je parle du peuple et non du pouvoir, l’Europe en général et la France en particulier sont des forces économiques sur lesquelles on peut arrimer notre développement économique. Le problème, c’est qu’elles ne sont pas les seules. Il y a le monde anglo-saxon et les pays émergeants comme la chine qui peuvent parfaitement assumer ce rôle de locomotive de développement avec un avantage majeur qui est celui d’une absence totale de contentieux historique. Les algériens donc ne devraient pas du tout être timides mais assumer un développement multipolaire qui ne tient compte que de la compétence et des intérêts économiques réciproques. Un gouvernement algérien responsable ne devrait pas pleurchicher sur le passé mais refuser par exemple de donner un contrat de 200 millions de dollars à Alstom pour lui éviter la faillite, tout simplement parce que Chirac l’a demandé et que ce Chirac est un ami de notre bonze de président. Pour le reste, et du point de vue de la mémoire historique, la France, en tant que pays souverain, a le droit de pondre des loi nauséabondes comme celle du 23 février habillant le colonialisme des oripeaux de la vertu que nous ne lui connaissons point, nous qui sommes de l’autre rive de la méditerrannée. Le problème est du côté de mon gouvernement qui fonctionne selon le schéma de pensée du colonisé, faiblard et quêteux de la miséricorde de son ex maître. Un président responsable et soucieux de la mémoire de son peuple n’a qu’à prendre l’intiative et inscrire dans la constitution un article de loi simple qui dit à peu près ceci:  »Le colonialisme passé, présent et à venir constitue un fléau pour l’humanité. L’algérie, fière de son héritage, est par principe aux côtés des peuples opprimés pour le combattre et amoindrir sa nuisance ». Vous voyez Mr Zeller, je ne suis même pas juriste et j’arrive à écrire une phrase simple qui vaut la loi polémique du 23 février 2005. Imaginez un gouvernement algérien responsable.

    Larbi Chelabi

  3. Est ce que les sanguinaires du FIS,GIA,FIDA,…..ont demandé pardon à la societé algerienne pour tous les crimes qu’ils ont commis et qu’ils continuent à commettre?
    Est ce que leurs crimes sont moins abjects que ceux commis par les français?
    Il est inutile de demander des excuses publiques aux français surtout lorsqu’on n’a pas combattu ces memes français pendant la guerre coloniale !

  4. Comment on n’a pas combattu les français pendant la guerre d’Algérie? Et les Algériens qui sont tombés au champ d’honneur, qui les à tués? Et les français vous pensez qui sont partis sur un coup de tête!!!!!!!!!!!!!!!!! non on n’a pas le droit de dénigré notre révolution elle à était faite par des hommes avec un grand H et des femmes aussi avec un grand F allons soyons sérieux.

  5. même si ses gens n’on pas fait la révolution on n’a quand même le droit de demander à la France des excuses pour les crimes commis pendant la guerre d’Algérie.

  6. Je parlais des sous officiers volontaires algeriens qui etaient enrolés dans l’armée française jusqu’a la veille de l’independance de l’Algerie et qui se targuent aujourd’hui de patriotisme !!
    Gloire à nos martyrs Larbi ben Mhidi,Didouche Mourad,Zabana,Amirouche …….et de tant d’autres à qui nous devons tout .

  7. Vous mélangez tout Mme Kahina. Nous parlons du problème des relations algéro-françaises et vous sortez de votre chapeau les exactions du FIS. Comme si celles-ci pouvaient absoudre la position inexcusable de la France à l’égard d’un passé peu reluisant.
    Bien sûr les épisodes noires du FIS et de ses satelllites sanginaires constituent pour l’histoire et pour la mémoire collective un crime imprescriptible quand bien même fut mise en application cette sinitre création qu’est la reconciliation nationale. La position de M Zeller est techniciste. Elle inscrit la rénovation des relations franco-algériennes dans un économisme qui se fera en dehors du devoir de mémoire parce que M Sarkozy trouverait en l’Europe, le vecteur idéal pour pousser vers un partenariat privilégié sans s’embarasser du contentieux historique.
    Dit clairement, Mr Sarkozy s’en fout royalement de l’histoire alors même que le régime algérien, de bonne guerre cette fois-ci, réclame le pardon de la France pour ses exactions passées. Cette demande algérienne n’est pas fortuite. Elle vient à la suite de la promulgation par l’assemblée nationale de cette loi dégueulasse du 23 février 2005 qui fait l’apologie du colonialisme.
    Si le colonialisme ne vous dérange pas Mme Kahina, grand bien vous fasse mais laissez-nous au moins le droit de ne pas être d’accord.
    Ce que je dis, c’est que l’Europe et la France visent à avoir un partenariat exclusif avec l’algérie pour les multiples avantages que celle-ci représente: des ressources naturelles, de l’argent et surtout beaucoup de besoins à combler.
    Il appartient à l’Algérie de prendre conscience qu’elle n’est qu’un débouché pour le système productif européen. Partant, elle doit agir en conséquence. Les projets de développement ne doivent pas revenir de droit à l’Europe et à la France simplement parce qu’il y aurait un partenariat privilégié en place. Les projets doivent aller à ceux qui ont le meilleur savoir-faire, qui acceptent le transfert technologique et qui réalisent leurs projets dans les délais et aux meilleurs coûts. Le reste n’a aucune importance. Quelquefois ce seront les européens qui gagnent, d’autres fois ce seront les canadiens, les américains, les chinois ou les indiens (très bons dans les technologies de l’information).
    Je répète qu’il est anormal que l’Algérie donne un contrat de 200 millions de dollars sans appel d’offres à Alstom, une compagnie qui était au bord de la faillite en 2004, simplement parce que Chirac l’a demandé pour sauver Alstom et Bouteflika a acquiescé moyennant l’activation du traité d’amitié.
    Finalement Bouteflika aura hérité d’une loi, celle du 23 février 2005, qui déshonore l’Algérie. Alstom a été effectivement sauvée de la faillite. Chirac est parti avec son traité d’amitié dans sa besace et l’Algérie dans tout cela. UNE FARCE!
    Mon message est aussi simple que celui de M Zeller. Faisons de l’économisme comme le veulent les européens et n’attendons rien d’eux en termes de repentance historique. S’ils blessent notre affect faisons de même. Ils produisent des lois qui insultent notre mémoire. Soit! Faisons mieux et inscrivons une bonne fois pour toutes dans la constitution quelque chose qui rend leur histoire coloniale hideuse à jamais.

    Larbi Chelabi

  8. Pourquoi les algeriens ne demandent-ils pas pardon aux bourreaux du systéme pour tous les crimes commis 45 ans?Quant à sarko il serait logique qu’il regarde les intérêts de la france mais ne pas couvrir ou taire tous les sales coups du pouvoir d’alger en acceptant l’argent sale au détriment d’un peuple.La france de sarko sera t-elle au rendez-vous de sa devise et de l’HISTOIRE nouvelle à écrire?Nous le saurons bientôt….

  9. entre MME KAHINA qui éxcelle à faire le parallèle entre des évenements complètement différents , et MR FAYE qui attend qu un politique étranger améliore son destin , je me dis qu il y a du TRAVAIL , énormément de TRAVAIL !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    RESPECT à tous ceux , de JUGURTHA aux RESISTANTS de notre lutte de libération nationale qui ont donné leur vie pour que l ALGERIE soit LIBRE .

  10. MR nass merci d’avance pour le travail que vous allez faire;mais relisez moi.Quand une ancienne moujahida parle de fraude au BAC et que rien ne bouge,laisser moi vous dire que le travail va remonter à 54 et se demander qui etait quoi?Arretons l’hypocrisie et demander autour de vous tout le monde se demande pourquoi la france est partie si c’est pour etre remplacer par un autre colonialisme qui n’a pas de NOM et de surcroit qui nous a enfanter son F.I.S.
    Mr nass j’ai mis du temps pour écrire la precedente réponse,car pour l’ecrire j’avais demander pardon à ceux que nous oublions tous les jours NOS MARTYRS et enplus qu’avons nous fait pour laisser leur mémoire propre?Avons nous ,vous ou moi sortie nos drapeaux le 5 juillet et feter cette liberté qui a fait couler tant de sang?Pour moi non,mais à minuit j’avais ecouter KASSAMAN en entier ,pleurer et pensée à un grand Mr ZEROUAL qui grace à lui le coupelet oter a été remis et à cette époque là 83 personne n’avait manifesté pour crier au meurte et à l’assassinat une 2em fois de nos martyrs ;alors mr nass sans rancune…..EL AZZA WA AL KARAMA LI CHOUHADA.

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