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Belkhadem aurait-il menti ? 25 juin, 2007

Posté par benchicou dans : Algérie aujourd'hui , 6 commentaires

 « M. Belkhadem, nous voulons savoir d’où vous tenez le chiffre de 12% du taux de chômage en Algérie. Ce chiffre est complètement erroné. A Tiaret, le taux de chômage dépasse les 20%. Cessons donc de mentir à la population » Celui qui parle ainsi n’est pas un élu de l’opposition mais un député de l’aliance présidentielle, un député du RND plus précisément. C’est dire à quel point la présentation par Abdelaziz Belkhadem du projet de programme du gouvernement est truffée de contre-vérités et d’omissions volontaires. Le chef du gouvernement est accusé d’avoir menti sur des points ( la corruption, le taux de chômage… ) et volontairement ignoré d’autres ( la « misère » qui frappe plus de la moitié de la population algérienne). Le débat, qui durera trois jours, promet d’autres révélations sur la propagande mensongère du pouvoir.

Mohcine Belabès du RCD a relevé que le projet de programme du gouvernement aborde le dossier de la corruption de façon « frileuse par des slogans creux ». Lors de sa présentation du programme, M. Belkhadem a cité les facteurs qui favorisent ce phénomène, notamment l’ouverture du marché, la libéralisation de l’économie, la mondialisation et la complexité technologique. Cette approche, selon le représentant du RCD, renseigne sur le manque de conviction du gouvernement dans l’impératif de la lutte contre la corruption. Le parlement algérien, a souligné l’intervenant, devra choisir entre la responsabilité et la démagogie. « La démagogie, les phrases sans contenu, la fanfaronnade et le mensonge affirmé à bon escient sont largement présents dans l’avant-projet de programme, mais tout cela devrait être remplacé par beaucoup plus de responsabilité, d’une vision claire et surtout d’honnêteté », dira-t-il. Pour le député du RCD, il est urgent d’organiser un audit national afin d’évaluer le coût de la corruption au contribuable dans les organismes publics et parapublics. Sans tergiversation, il dira que la corruption est installée en Algérie : abus de biens sociaux, détournement de fonds, enrichissement personnel, emplois fictifs, trafic d’influence. Cependant, pour le parti de Saïd Sadi, la mère de toutes les corruptions reste la fraude électorale et celle-ci implique, de son point de vue, des institutions dénuées de toute crédibilité et de toute autorité et par là des lois sans force. « L’omniprésence de l’Etat et son renforcement programmé dans ce projet à travers le renforcement des prérogatives des walis et chefs de daïra accentuera le recours à des moyens détournés pour accomplir les choses et fera que la corruption sera généralisée si elle ne l’est pas déjà. Mais l’objectif inavoué est justement ‘’tous pourris, tous pareils’’. » Pour le RCD, la lutte contre la corruption ne peut se résumer seulement à des mesures répressives, mais il faut surtout des mesures préventives.

Confirmation : Bouteflika va bientôt réviser la constitution 24 juin, 2007

Posté par benchicou dans : Algérie aujourd'hui , 34 commentaires
BELKHADEM LConfirmation : Bouteflika va bientôt réviser la constitution

C’est Belkhadem, l’homme de confiance du président qui le confirme : la révision de la Constitution est maintenue. Le projet, qui est au coeur d’une grande polémique depuis deux ans, sera dévoilé prochainement. Hier, le chef du gouvernement M.Abdelaziz Belkhadem, a affirmé à la presse que «la révision du texte fondamental est programmée». Quand sera-t-il soumis à l’Assemblée nationale? Belkhadem décide, cette fois-ci, de ne pas s’aventurer dans les détails et refuse de répondre à la question. Ce qui est sûr néanmoins, c’est que le chef de l’Etat, M.Abdelaziz Bouteflika, n’a pas abandonné son projet.
Loin de là, nous avons appris de source sûre que ce dernier compte entamer dans quelques semaines, précisément au courant du mois de juillet, une tournée dans 14 wilayas. Des sources parlementaires proches des formations de l’Alliance présidentielle n’hésitent pas de parler «d’une pré-campagne électorale pour la révision de la Constitution» «Fidèle à ses traditions, le président de la République tient à mener personnellement sa campagne afin de s’assurer de la réussite de sa démarche», souligne notre source.
Notre interlocuteur ajoute que le résultat des législatives, qui a démontré «l’écart existant entre le peuple et la classe politique a renforcé la détermination du chef du gouvernement à chapeauter lui-même sa campagne». Même si sur le terrain, les trois partis de l’Alliance se disent déjà prêts à entamer le travail pour convaincre le peuple de l’opportunité du changement. C’est le cas du FLN qui souligne, par la voix de son chef du groupe parlementaire, que son parti ne lésinera pas sur les moyens pour faire aboutir le programme du président.
Le RND, qui ne rate aucune occasion pour exprimer son «allégeance politique» au président, tient le même discours. Quant au MSP, son président M.Boudjerra Soltani affirme que «le parti n’est pas contre la révision si elle entre dans le cadre des réformes». Mais au sein du parti, des poches de résistance ressurgissent. Abdelmadjid Menasra s’est interrogé hier sur la raison qui empêche le chef du gouvernement à inscrire la révision de la Constitution dans le programme qu’il a soumis à la chambre basse. «Nous avons l’impression qu’il y a deux programmes. Le premier est celui qu’on va débattre cette semaine et le deuxième, le plus important, est celui qu’on applique réellement sur le terrain. Ce dernier reste dans un cercle très restreint.»

Bruits de coulisses…

Belkhadem après la fin de la présentation du programme est rassuré: «La révision constitutionnelle est bel et bien programmée dans l’agenda du gouvernement, même si elle n’est pas inscrite officiellement dans sa copie.» Par ailleurs, selon des sources parlementaires qui s’exprimaient en marge de la séance plénière, «la révision de la Constitution se fera cet été».
Messaoud Chihoub, député du FLN et président de commission, argumente cette thèse par le fait que Belkhadem avait préparé ses militants à une séance propre à l’amendement de la Constitution lors de la rencontre qu’il avait consacrée aux nouveaux députés, après les législatives de mai dernier. La révision est également soutenue par un autre député du RND qui a requis l’anonymat. Ce dernier est catégorique. Il dévoile que le texte ne fera pas l’objet de référendum. Seul le Parlement tranchera.
Selon toute vraisemblance, le texte d’amendement sera présenté à la chambre basse du Parlement au mois d’août. Rappelons que la nouvelle Assemblée sera en congé du 20 juillet au 20 août.
Le projet d’amendement de la Constitution ne touchera pas les fondements de l’Etat. Il concernera au plus deux articles: celui relatif au mandat qui sera ouvert à plus de deux quinquennats et probablement la nature du régime qui sera défini.
Abdelaziz Belkhadem avait fait de la révision de la Constitution son cheval de bataille depuis bientôt deux ans. Il avait alors estimé que l’actuelle loi fondamentale avait été élaborée à la hussarde en période de crise et qu’elle nécessitait dès lors des corrections. Il avait ensuite dévoilé les éléments à apporter dans les prochains amendements. Le FLN a constitué un groupe de travail, lequel groupe a planché sur la révision et présenté un projet qui a été soumis par la suite à l’appréciation du président de la République. Belkhadem avait énuméré les grands axes, en soulignant ses préférences pour un régime présidentiel.
Ce projet devait être en conformité avec les grandes réformes de l’Etat qui avaient été présentées par la commission Sbih, de manière à créer une harmonie entre le nouveau texte et les projets de lois relatifs aux APC et aux wilayas qui devaient consacrer définitivement un nouveau partage territorial. Mais cette variante devient caduque dans le sens où le peuple n’aura pas à s’exprimer directement sur l’amendement.
Il délègue ce pouvoir à ses représentants. Le recours au seul Parlement pour amender la Constitution exclut de fait une refonte du texte fondamental de la République algérienne. Les partis de l’Alliance présidentielle, très réticents au début à l’amendement de la Constitution ont changé d’avis, après avoir compris qu’il ne s’agissait que d’une simple initiative partisane. Désormais, ils sont partants pour la révision. On croit savoir que la vice-présidence n’est pas envisagée dans le texte qui sera soumis cet été aux deux chambres.
L’autre texte qui préoccupe les députés concerne la révision de la loi électorale. On sait déjà que des conditions draconiennes seront érigées pour empêcher les petits partis de participer aux prochaines élections et que le régime de la proportionnelle sera abandonné au profit d’un système nominal. Ce projet, qui est déjà passé au conseil des ministres pourrait être programmé en séance plénière avant la fin de la session d’automne, juste après l’adoption du programme de gouvernement et de la loi de finances complémentaire.
Le dernier conseil de ministres avait fait allusion à l’amendement de la loi organique relative aux partis politiques, rappelle-t-on. Dans les coulisses de l’APN, on estime que seuls neufs partis vont rester sur scène, les quinze autres vont disparaître dès les prochaines locales. Les partis restants, représentatifs au-dessus des 5% requis, sur la base des élections de 1997, 2002 et 2007, sont le FLN, RND, MSP, PT, RCD, FNA, FFS, En Nahdha et Islah. Tous les autres seront balayés de la scène.
L’activité politique saisonnière est terminée. Mais, au-delà, on semble vouloir imputer l’échec de la dernière élection aux seuls partis microscopiques. Mais cela constitue un autre débat. Dans un autre chapitre, M.Abdelaziz Belkhadem a annoncé hier, l’intention de son gouvernement de présenter la loi électorale au Parlement.
Il met ainsi fin au suspense qui aura duré deux semaines. Notons que des voix se sont élevées au niveau de la chambre basse pour exiger la présentation de ce texte au débat, sachant que la proposition de revoir la loi électorale est venue des partis politiques. L’on ignore par contre si cette loi sera soumise à la session de printemps ou sera reportée à septembre.

Attentats : après les étrangers, le gazoduc

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Les attaques terrororistes qui ciblent les étrangers et les grosses infrastructures deviennent préoccupantes pour le climat des affaires en Algérie et risquent de dissuader davantage les investisseurs étrangers. Après le kidnapping des trois Chinois et l’attentat raté contre un diplomate malien, c’est au tour des gazoducs de se faire attaquer. Deux agents de sécurité, en charge de la surveillance d’une importante conduite de gaz, ont été tués sur le coup, alors qu’un troisième a été grièvement blessé par balle, vendredi après-midi, entre Draâ El-Mizan et la Gare Aomar (130km à l’est d’Alger) par un groupe armé, rapporte dimanche le quotidien « El Watan ».

Alertées, des unités de l’armée algérienne en stationnement sont intervenues pour empêcher le groupe armé de faire exploser la conduite alimentant une bonne partie des wilayas (départements) de Bouira et de Tizi Ouzou, précise le journal.

Cette même conduite avait déjà fait l’objet, l’an dernier, d’un acte de sabotage, qui avait privé la wilaya de Tizi Ouzou et une bonne partie de celle de Bouira de gaz naturel durant quatre jours. C’est la huitième fois depuis le début des années 1990 que la canalisation est la cible des groupes armés dans cette même région.

Deux jours auparavant, un diplomate malien avait été pris pour cible par un groupe armé jeudi matin sur la RN12 à hauteur de Chender (75km à l’est d’Alger), près de Naciria, alors qu’il se dirigeait vers Tizi Ouzou, affirment les quotidiens nationaux.

Le véhicule blindé du diplomate a essuyé des tirs nourris des individus embusqués près de l’autoroute, puis une bombe a sauté au passage de deux véhicules de la gendarmerie et de la police qui assuraient l’escorte, selon « Liberté » qui précise que seul un policier a été blessé et qu’un véhicule de la délégation diplomatique a été légèrement endommagé.

Un cordon de sécurité a été aussitôt mis en place autour du véhicule de l’ambassadeur pendant que d’autres policiers se chargeaient de réguler la circulation automobile. Des renforts de gendarmes et de policiers ont été envoyés alors qu’une patrouille militaire appuyée par des policiers s’est lancée à la poursuite des auteurs de l’attaque, ajoute « Liberté ».

Selon le quotidien, un sentiment de panique s’est emparé des automobilistes, provoquant un embouteillage monstre. Il a fallu plus de de trois heures pour que la situation se normalise sur cet axe routier très fréquenté.

C’est le troisième attentat contre des étrangers en Algérie depuis l’attaque contre un bus transportant des employés de Brown & Root-Condor (BRC), filiale de la société américaine Halliburton, le 10 décembre 2006 à Alger, et l’attentat à la bombe contre un autobus transportant des employés d’une société russe près de Aïn Defla (144km à l’ouest d’Alger) en mars 2007.

Les deux attaques avaient été revendiquées par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat algérien (GSPC), devenu depuis la branche d’Al-Qaïda au Maghreb.

Le Matin (avec AP)

L’Etat algérien doit dédommager Abassi Madani

Posté par benchicou dans : Algérie aujourd'hui , 6 commentaires

 

 

Un exemple de ce qui attend sans doute le pouvoir algérien pour ses exactions sur la population de Kabylie, de T’kout et d’ailleurs, ou pour ses emprisonnements arbitraires autrement plus scandaleux que ceux qui ont touché les dirigeants de l’ex-FIS : le comité des droits de l’homme de l’ONU a tranché en faveur de Abassi Madani et demandé à l’Etat algérien de lui accorder une «réparation appropriée» pour son emprisonnement de douze ans dont six passés en assignation à résidence, a-t-on appris à la lecture d’un texte publié hier sur le site d’Algérie Watch. 

Le comité considère que «le procès et la condamnation d’Abassi Madani par un tribunal militaire relèvent d’une violence de l’article 14 du Pacte (international relatif aux droits civils et politiques)» et que l’assignation à résidence était une «violation supplémentaire». 

Selon le texte cosigné par Al Karama for Human Rights, le comité des droits de l’homme de l’ONU a estimé dans ses conclusions que l’Etat algérien «est tenu d’assurer un recours utile à M. Abassi Madani» et de «prendre des mesures appropriées pour faire en sorte qu’il obtienne une réparation appropriée, y compris sous forme d’indemnisation». 

Le comité onusien a ajouté que l’Etat algérien «est tenu de prendre des mesures pour empêcher que des violences analogues ne se reproduisent à l’avenir». Il demande, enfin, à l’Etat de lui communiquer dans un délai de 90 jours des renseignements sur les mesures prises pour donner effet à cette décision en l’invitant à la rendre publique. 

Après la plainte déposée auprès de lui par l’un des fils d’Abassi Madani à Genève le 31 mars 2003, le comité des droits de l’homme de l’ONU a rendu ses constatations lors de sa 89e session tenue à New York du 12 au 30 mars 2007.

L’ambassadeur de France promet de bonnes « surprises »

Posté par benchicou dans : Algérie-France : entre le passé et Sarkozy , 2 commentaires

ambfrance1.jpgSelon Bernard Barjolet, les relations entre l’Algérie et
la France sont appelées à connaître une importante évolution dans les semaines et les mois à venir.

 

De l’amélioration de l’octroi des visas à la coopération dans le nucléaire civil, en passant par deux nouveaux textes appelés à fixer le cadre des relations économiques, scientifiques, techniques, culturelles et sécuritaires entre les deux pays, Alger et Paris auront du pain sur la planche pour affiner leurs rapports.

Hier, lors d’une rencontre « informelle » avec des représentants de la presse écrite nationale, l’ambassadeur de France à Alger, M. Bernard Bajolet, a esquissé l’avenir des relations algéro-françaises et des projets en cours, et a également donné un aperçu des « priorités » du président Sarkozy dans le domaine des relations internationales, notamment en ce qui concerne la région méditerranéenne et le Maghreb.

Moins de deux mois après la prise de fonction du président français, Sarkozy et Bouteflika « se sont entendus sur la méthode et les objectifs du partenariat d’exception », que les deux pays comptent conclure, et la volonté des deux chefs d’Etat à traduire ce partenariat « en termes concrets », a insisté M. Bajolet. Les échos des différents échanges qui ont eu lieu entre Bouteflika et Sarkozy, dont les plus récents se sont déroulés lors du dernier Sommet du G8 en Allemagne, sont qualifiés de « très positifs » par l’ambassadeur français. Tellement positifs que Bernard Bajolet pense que « Nicolas Sarkozy va surprendre les Algériens, car il sait qu’il devra conquérir leurs coeurs » !

Avant la visite du président français à Alger, dont la date n’a pas été arrêtée mais qui semble avoir été décidée sur le plan du principe, il y aura plusieurs « visites de préparation » qu’effectueront, probablement de part et d’autre, des ministres français et algériens pour fignoler les termes des accords dans les domaines économique, culturel, scientifique et, surtout, en matière de circulation des personnes. Sur ce dernier point, M. Bernard Bajolet a rassuré quant à la volonté de son pays d’améliorer encore plus les conditions d’attribution des visas. Il a tenu à rappeler que des « progrès ont été déjà faits dans ce domaine à l’époque où Sarkozy était ministre de l’Intérieur ».

350.000 ALGERIENS RESIDENT ILLEGALEMENT EN FRANCE

« Notre objectif n’est pas de réduire la circulation des personnes, mais de la faciliter », explique l’ambassadeur de France. Par ailleurs, il estime « qu’une plus grande fluidité (dans la circulation des personnes, ndlr) doit avoir comme répondant une coopération plus efficace contre l’immigration illégale ». « Plus on est sûr qu’un Algérien qui obtiendra un visa reviendra dans son pays, plus on donnera de visas », ajoute Bernard Bajolet. Pour donner un volume à ces craintes, notre interlocuteur avance le chiffre de 350.000 Algériens en situation irrégulière sur le sol français. Il rassure cependant : « nous n’allons pas les renvoyer du jour au lendemain » mais « une politique est en cours d’élaboration » pour raccompagner les immigrés clandestins (pas seulement les Algériens) dans leurs pays respectifs.

Concernant l’amélioration des délais d’études de dossiers de visas, Bernard Bajolet affirme que d’ici la fin de l’année en cours, sous réserve de trouver les locaux, l’ensemble des services de visas de Nantes seront transférés à Alger. Déjà, avec l’ouverture du consulat de France à Oran, le 2 septembre prochain, le traitement des dossiers sera considérablement amélioré. Par ailleurs,
la France, selon son ambassadeur à Alger, souhaite développer l’octroi des visas de circulation long séjour (attribués pour les hommes d’affaires, les scientifiques, les journalistes…) et en augmenter la durée. 34.000 visas de ce genre ont été déjà attribués, précise-t-il.

VISAS CONTRE RECIPROCITE

Cependant, ajoute l’ambassadeur, « je souhaite que des mesures de réciprocité » soient adoptées par la partie algérienne. « Les deux choses ne sont pas liées, précise-t-il, nous continuerons à améliorer l’octroi des visas, mais nous souhaitons que l’Algérie en fasse de même ». Bernard Bajolet fait état de complaintes d’hommes d’affaires français qui n’ont pu obtenir que des visas de 3 mois uniquement. Il cite aussi le cas d’un magistrat de cour d’appel française qui n’a eu qu’un visa de 3 mois. La remarque vaut également pour les universitaires et les journalistes français qui souhaitent venir en Algérie. « Les autorités algériennes sont trop hésitantes » en particulier « lorsqu’il s’agit des journalistes », remarque-t-il également.

Autre sujet évoqué hier avec l’ambassadeur de France, la coopération nucléaire entre les deux pays. Bernard Bajolet a réitéré la disponibilité de son pays pour une coopération bilatérale dans ce domaine. La preuve, une délégation française viendra prochainement à Alger pour entamer les discussions sur ce sujet et « étudier tous les aspects ». « L’Algérie a le droit d’avoir plusieurs partenaires. Nous ne demandons pas l’exclusivité », répond l’ambassadeur lorsqu’il est sollicité pour commenter l’accord de coopération signé avec les Etats-Unis dans le domaine nucléaire. Y a-t-il des limites qui seront imposées à l’Algérie, au regard du dossier iranien ? « La seule limite sera celle des protocoles internationaux et de la réglementation en vigueur au sein de l’AIEA », dira M. Bajolet qui a même fait état de la disponibilité de l’Algérie de signer un protocole additionnel (au Traité de non-prolifération nucléaire, ndlr) où elle donnerait des « garanties volontaires », estime-t-il.

Toujours dans le domaine énergétique,
la France souhaite la « reconduction des contrats d’approvisionnement en GNL » dont l’échéance arrive en 2012-2013. L’Algérie est le 4e fournisseur de
la France en gaz naturel qu’elle approvisionne à hauteur de 10,5 milliards de m3 par an, soit 16% des besoins de l’Hexagone.
La France souhaite également, selon son ambassadeur, « garder sa part de marché en Algérie » qui est de l’ordre de 20% et qui commence, dit Bernard Bajolet, « à s’éroder légèrement devant la concurrence asiatique ».

« UNION MEDITERRANEENNE »

On apprendra également lors de cette rencontre que
la France a soumis à l’Algérie, le 6 juin 2007, une proposition de deux textes de coopération entre les deux pays. Le premier est une convention, appelée à remplacer celle de 1986, et qui se veut « un cadre de coopération dans les domaines technique, culturel, scientifique, économique, financier et de sécurité », à l’exception du domaine militaire qui semble être régi par d’autres textes. Le deuxième document soumis à l’appréciation algérienne concerne les « trois priorités de la coopération », selon la partie française, entre les deux pays. Il s’agit de « la formation des cadres » (qui inclut la remise à niveau de l’enseignement du français en Algérie), « l’appui au développement économique » et « le soutien à l’Etat de droit » (qui inclut la coopération en matière de justice et de police).

Autre sujet que
la France souhaite discuter avec plusieurs pays de la région, c’est l’institution d’une « Union méditerranéenne ». En réalité, le projet « n’a pas encore été arrêté » et
la France « souhaite en parler, au début, avec quelques-uns de ses partenaires de
la Méditerranée », affirme Bernard Bajolet. C’est ce qu’il désigne par le « noyau dur » composé des pays de
la Méditerranée occidentale auquel viendrait s’ajouter
la Turquie. Il s’agira, à cette étape de la réflexion, « d’initiatives spéciales » qui concerneraient l’environnement, l’énergie, la sécurité et les rapports entre les entreprises.

Les Algériens pardonneront-ils la gifle Sarkozy ?

Posté par benchicou dans : Algérie-France : entre le passé et Sarkozy , 3 commentaires

  On le promet : le président Nicolas Sarkozy a quelque chose dans le chapeau pour les dirigeants Algériens afin de faire oublier la gifle qu’il leur a donnée en refusant la repentance sur les crimes coloniaux .Il devrait annoncer cet été à Alger 4 grandes décisions : le nouvel accord bilatéral et décennal entre les deux pays sur une période 10 ans -2007 à 2017 et qui remplacerait le défunt « Traité d’amitié » dont Sarkozy ne veut pas ;  un accord sur le gaz et un autre sur le nucléaire civil ; un accord sur la délivrance des visas ; un accord sur la fameuse « Union méditerranéenne » 

Avec ces « privilèges », Nicolas Sarkozy entend clore une période agitée entre Paris et Alger marquée par une polémique autour du « traité d’amitié ». 

Arrivera-t-il à se faire pardonner la gifle donnée aux dirigeants algériens ? Pas sûr. D’abord, parce que les promesses sont trop floues et trop hypothétiques.  Le nouvel accord bilatéral 2007-2017 est d’emblée trop imprécis pour prétendre remplacer le « Traité d’amitié » auquel Bouteflika tenait tant pour des considérations personnelles. Ensuite parce que l’édification d’une Union méditerranéenne, même s’il s’agit, dans l’esprit du président français, d’une offre raisonnable que
la Turquie ne saurait refuser – lorsque le temps sera venu – reste aléatoire aux yeux des autres pays méditerranéens, plus particulièrement ceux du Maghreb dont la proximité avec l’Europe fait des partenaires stratégiques au moins aussi essentiels que
la Turquie. L’Algérie se trouve dans ce cas de figure et, en y venant, le président français ne pourra pas, à l’évidence, faire que vendre son projet d’Union méditerranéenne, tant il y a encore des dossiers pendants entre les deux pays. Quelle initiative forte pourrait prendre Nicolas Sarkozy qui, en homme concret qu’il se définit, sait que ses interlocuteurs algériens ne vont pas se lancer à tirer des plans sur la comète que représente l’Union méditerranéenne, alors qu’il y a des mesures plus directes et immédiates à impulser dans la relance d’une coopération mutuellement avantageuse pour les deux pays. L’Union méditerranéenne qu’entend promouvoir le président français ne peut pas pour autant dispenser d’un inventaire des relations bilatérales entre les pays constituant le grand ensemble qu’il appelle de ses vœux et dont la réalisation pourrait se heurter à nombre d’écueils, surtout si elle est sous-tendue par des arrière-pensées politiques ou des non-dits. Un tel ensemble ne serait alors qu’une idée dans l’air qui ne prête pas à conséquences. 

Et, enfin, il y a eu ces mots, ces petites phrases et cette polémique autour du traité d’amitié qui semble être allée trop loin pour ne pas laisser de cicatrices. 

En 2006, en pleine polémique sur le traité d’amitié entre
la France et l’Algérie, le candidat Sarkozy avait pris trop violemment  ses distances avec un projet porté par le président Chirac. « L’amitié n’(a) pas besoin d’être gravée dans le marbre d’un traité », avait fait valoir M. Sarkozy dans un entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique. Et, dans sa première intervention publique après l’élection présidentielle, le nouveau chef de l’Etat a déclaré qu’il entendait « en finir avec la repentance, qui est une forme de haine de soi ». 

C’était une façon d’enterrer définitivement le projet de traité franco-algérien. Peu après, le premier ministre algérien, Abdelaziz Belkhadem, avait accusé M. Sarkozy de vouloir « réhabiliter l’OAS ». Même si le président algérien n’a, pour sa part, pas participé à la « diabolisation » de Nicolas Sarkozy et, au contraire, reçu avec beaucoup d’égards le candidat Sarkozy, en visite à Alger en juin 2006, auquel il a transmis un message très chaleureux au lendemain de son élection à la présidence, le mal semble fait. 

Il sera bien difficile pour Sarkozy de se faire pardonner. 

Md B. (Le Matin) 

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