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Nicolas Sarkozy en Algérie : neuf articles de la presse française 12 juillet, 2007

Posté par benchicou dans : Algérie-France : entre le passé et Sarkozy , trackback

 

 

 

 

 

Les commentaires de la presse française  sur la visite du chef de l’Etat au Maghreb.

L’HUMANITE
Jean-Paul Piérot

« (…) Ne pas être les bienvenus, ou plutôt n’y être tolérés que s’ils répondent « aux besoins économiques de la France ». L’état d’esprit qui anime nos dirigeants n’a visiblement pas évolué depuis les années soixante, quand des démarcheurs de l’industrie automobile écumaient les villages de Kabylie pour alimenter les chaînes de montage de Renault et Citroën. Des hommes tout juste bons, aux yeux des grands patrons, à produire de la plus-value, mais fermement invités à laisser femme et enfants loin de nos cités. Aujourd’hui, parce que l’Algérie est indépendante et que, malgré la crise qui la frappe, ce pays forme des étudiants, dispose de jeunes gens plus qualifiés que ne l’étaient leurs parents, tout juste sortis du joug colonial, il est tentant d’y puiser des compétences. Telle est la philosophie de l’immigration choisie, que le président Sarkozy traduit par un quota : 50 % du total des immigrés. Sur de telles fondations, il est douteux que le nouveau chef de l’État puisse contribuer à bâtir une union de la Méditerranée digne de ce nom. (…) »

LA PRESSE DE LA MANCHE
Jean Levallois

« (…) L’Union méditerranéenne a l’avantage de délimiter très clairement les Etats qui pourront en être membres?: il faut avoir une frontière maritime avec la Méditerranée. La Turquie, pour le coup, pourra en faire partie.
Certes, le passage de cette idée à sa réalisation risque de prendre du temps et de demander beaucoup d’efforts, tant les pays concernés sont divers, parfois très susceptibles de leur liberté, ce qui nécessitera une structure à la fois solidaire et très souple. Néanmoins, ce projet a du sens et de l’utilité, ce qui justifie de s’y lancer en dépit des problèmes qui ne manqueront pas de surgir. Une bonne nouvelle pour conclure?: la Libye, Etat concerné par l’Union méditerranéenne, annonce qu’une solution est en vue, suite à l’accord entre la Fondation Khadafi et les familles des enfants contaminés prétendument par les infirmières bulgares. Ce qui revient à dire qu’un accord financier a pu être trouvé et que les condamnés à mort pourraient enfin retrouver la liberté. »

LE JOURNAL DE LA HAUTE-MARNE
Patrice Chabanet

« (…) Nicolas Sarkozy, comme il l’a rappelé, n’a pas connu la guerre d’Algérie. Cette situation, à la différence de celle de son prédécesseur, lui permet de ne pas privilégier l’affect dans les rapports franco-algériens. Une posture intellectuelle moins crispée pour proposer la normalisation des relations des deux peuples. Aujourd’hui, l’Algérie, c’est d’abord un pays producteur de pétrole et de gaz. C’est, on l’oublie aussi, une pièce centrale dans l’Afrique septentrionale qui intéresse fortement Américains et Chinois. Or, à force de se cramponner au miroir de l’Histoire ou de son interprétation, la France risquait d’y perdre son influence. Reste à savoir si l’Algérie est disposée à avoir la même lecture de ce que devrait être une coopération revisitée avec la France, et si elle adhère au grand projet, cher à Nicolas Sarkozy, d’Union de la Méditerranée. Le pays est encore travaillé par des mouvements hostiles à la France, soit dans le sillage de la guerre d’indépendance, soit sous la poussée des groupes intégristes. On est encore loin de la réconciliation franco-allemande. »

MIDI LIBRE
Michel Noblecourt

« (…) Rien à voir avec les voyages de Jacques Chirac. Moins qu’une visite, M.Sarkozy a fait une escale. Le président français est ennemi de la repentance, y compris sur la guerre d’Algérie. Les Algériens qui ont enterré le projet de traité d’amitié avec la France savaient donc à quoi s’en tenir. « Je viens ici ni pour blesser ni pour m’excuser », a lancé avec franchise le chef de l’Etat. L’escale a juste permis de prendre note d’une volonté conjointe de coopération économique. Sur sa grande idée, une Union méditerranéenne, rassemblant dans un partenariat privilégié avec l’Europe des pays méditerranéens, Turquie comprise, M.Sarkozy n’a guère avancé. Comme on dit en termes diplomatiques, l’Algérie se montre prudente. Il faudra plus qu’une escale pour entrer dans le vif du sujet et pour convaincre. En novembre, promis, M.Sarkozy fera, cette fois, une vraie visite d’Etat en Algérie. Il en attend déjà des résultats « concrets et tangibles »".

NICE MATIN
Marc Chevanche

« L’ordre du jour d’une rencontre franco-algérienne est invariable. On ne coupe pas à l’évocation du passé colonial, on échange quelques bonnes paroles sur l’immigration et on consulte le dossier, toujours ouvert, de la coopération économique. (…) L’instrumentalisation de la  » question française  » leur est trop commode. Elle sert à stigmatiser l’adversaire intérieur, l’imaginaire  » parti français « , tout comme le  » malheur colonial  » sert d’excuse depuis bientôt un demi-siècle aux fiascos économique, social et démocratique du régime algérien. La question de l’immigration ne se présente pas sous de meilleurs auspices. Tant que l’Algérie ne trouvera pas en elle-même le ressort de son développement, la demande sera toujours supérieure à l’offre. Enfin, que faut-il penser de l’idée sarkozyenne d’une  » union méditerranéenne  » ? La conflictualité franco-algérienne aurait-elle une chance d’être soluble dans une relation élargie à l’Europe ? Le lancement, sans effets, de la même idée avec le processus dit de  » Barcelone « , en 1995, autorise à être sceptique. La Méditerranée,  » Mare nostrum « , n’est décidément pas pour demain. »

LA VOIX DU NORD
Hervé Favre

« (…) Et pourquoi pas un traité là aussi simplifié, mettant l’accent sur les coopérations concrètes plutôt que sur les grandes déclarations de principe ? Car pendant que la France et l’Algérie débattent sans fin de leur passé commun douloureux, les États-Unis, la Chine et la Russie investissent chaque année d’avantage le très prometteur marché algérien. La France, encore premier fournisseur et premier client de l’Algérie, n’est déjà plus le premier investisseur, détrônée par les États-Unis* François Mitterrand avait été ministre de l’Intérieur pendant la guerre d’Algérie, tandis que Jacques Chirac servait comme jeune lieutenant de l’armée française. Nicolas Sarkozy, lui, avait sept ans lorsque l’Algérie a accédé à son indépendance. Il faudra sans doute attendre le même renouvellement de génération au pouvoir en Algérie pour que les embrassades au sommet soient dénuées de toute arrière-pensée. »

LES DERNIERES NOUVELLES D’ALSACE
Olivier Picard

« (…) Le président de la République veut enterrer notre culpabilité coloniale comme si elle encombrait la grandeur contemporaine et future de notre pays. C’est, en vérité, un contresens historique qui va à l’encontre de ses intérêts, et prolongera les malentendus diplomatiques. La France doit avoir le courage de s’excuser, sans honte, pour avoir occupé l’Algérie en lui imposant sa domination politique et ses humiliations. C’est tout. (…) La repentance – le terme, vaguement méprisant, détourne la notion, plus sereine, de pardon – ce n’est pas une autocritique à la chinoise. C’est un acte de reconnaissance sur lequel nos deux pays pourront, enfin, bâtir une union de destins aussi nécessaire dans le XXI
f
siècle que dictée par une géographie immuable. Il ne s’agit pas d’une autoflagellation pitoyable, mais le geste d’un grand pays, assez sûr de lui pour assumer ses zones d’ombre et confirmer qu’il a renoncé à toutes ses tentations hégémoniques. Il est temps, en effet, d’inventer une réelle amitié avec les adversaires d’hier. Oui, il est temps pour la France de s’ouvrir au sud en construisant une formidable passerelle vers le monde arabo-musulman. Elle passe par un seul mot. »

LE TELEGRAMME
Hubert Coudurier

« (…) Pour l’heure, le traité d’amitié franco-algérien paraît bel et bien enterré avec les formes mises par Nicolas Sarkozy qui a expliqué au dirigeant algérien que la repentance n’était décidément pas sa tasse de thé :  » Je ne suis pas de cette génération pour qui l’histoire pèse lourd « . Et par-delà les discussions sur un assouplissement des visas lié à un meilleur contrôle des flux migratoires, les enjeux de demain sont clairement posés. Le partenariat privilégié entre Paris et Alger vise à développer des relations bilatérales plus intenses avec rencontres annuelles des ministres des deux rives de la Méditerranée. Le nouvel Eldorado maghrébin a décidément bien des attraits.  » Les entreprises françaises sont massivement prêtes à investir dans cette économie émergente « , assure Nicolas Sarkozy dont la dynamique tranche avec cette présidence léthargique d’un président algérien affaibli par la maladie. »

OUEST FRANCE
Joseph Limagne

« (…) Libertés et droits de l’homme auraient tout à y gagner, en Tunisie comme chez nombre de ses voisins. Encore faut-il que la partie Sud de cet ensemble ne fasse pas figure de banlieue de l’Europe, destinée seulement à la protéger de l’immigration clandestine ou à garantir ses approvisionnements énergétiques. D’une rive à l’autre, l’histoire a créé une communauté de destin qui va bien au-delà des tensions de l’histoire. Des millions de Maghrébins ont fait souche dans nos pays. Un courant continu les lie à leurs régions d’origine. L’Union méditerranéenne aura un sens si elle contribue à éviter que ne se constitue un ensemble arabo-islamique en opposition, voire en confrontation avec l’Europe. Tout en assumant un passé douloureux, notamment entre l’Algérie et la France, dont les comptes ne sont toujours pas soldés, Nicolas Sarkozy entend  » construire l’avenir « . Mais son projet n’a aucune chance de réussir tant que subsisteront les obstacles majeurs des conflits non résolus du Proche-Orient. Israël, Palestine et Liban seront, pour lui, autant de prochains défis. »

Commentaires»

  1. La france de sarko si elle veut se racheter aux yeux du peuple qui souffre c’est de l’aider à se débarasser de ce régime mafieux pour contruire une démocratie synonyme de tout espoir pour le bassin méditerranéen.Se repentir et continuer la politique de soutien à un pouvoir génocidaire serait encore nous assassiner une seconde fois.Sarko au secours!!!!!Aie pitié de nous!!!

  2.  » l’Humanité grandit en assumant son passé ».

    Cette citation est délibérément empruntée à la chancelière allemande Angela Merkel pour mesurer le chemin qui nous reste à parcourir avec la France dans le travail de mémoire collective . Les toutes récentes déclarations du Président Nicolas Sarkozy ne semblent pas participer de cet esprit . L’on comprend parfaitement que Mr Sarkozy défende les sentiments de ses concitoyens , l’on comprend moins qu’il ne ménage pas les traumatismes de ses hôtes et enfin l’on ne comprend pas du tout qu’il le fasse en présence de la plus haute autorité de l ‘Etat algérien . Il est vrai qu’il n’a fait que représenter ses impérieuses nécessités d’intérêt national parce que ailleurs on est élu pour rendre comptes au peuple . Mais autant de condescendance et d’arrogance à Alger , quelques jours après la célébration du 45ème anniversaire de la fête de notre l’indépendance , relève d’un manque de considération infligé à un peuple et à ses dirigeants réduits à un silence assourdissant que porte une sorte de consensus de l’indignité .

    Il est vrai que nous devons regarder vers l’ avenir tout autant qu’il est vrai que l’Algérie gagnerait à construire une relation stratégique , globale et stable avec la France . L’histoire , la géographie et les atouts de chacun des deux pays sont des facteurs d’exception d’intégration régionale de nature à nous aider à relever les défis de la mondialisation à laquelle les algériens ne sont pas suffisamment préparés . Cela est important pour nous et il ne sert à rien de chercher une alternative sérieuse à ce qu’il est possible de faire là et maintenant avec la France mais cela ne dispense pas pour autant la France officielle de son devoir de reconnaissance des crimes commis en Algérie . Elle rendrait un mauvais service aux générations futures en occultant ce travail de mémoire car cela favorisera les attitudes passéistes enclines à convoquer l’histoire de façon récurrente pour installer les deux peuples dans le passé permanent . L’amitié a ses exigences , l’une des premières réside dans le respect de la mémoire de l’autre. Tout le reste n’est que business .

    Abdelaziz Rahabi

    Ancien Ministre

  3. Il faut avouer que dans le genre « je te rentre dedans », on pourrait faire mieux que la démonstration de passage en force de Sarkozy à Alger.
    Mais comme disent les évadés de prison: « on ne peut sévader que s’il y a complicité »

    El fahem bel ghemza…

  4. Autre chose,
    Comment se fait il que ce soit M Missoum Sbih (ambassadeur d’Algérie à Paris) qui soit désigné pour préparer, du « côté algérien », le dossier pour novembre (date de visite plus musclée de Sarkozy en terre « déjà » conquise) ?

    Proche de Bouteflika…c’est vite dit ça.

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