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L’Algérie à bout de souffle ? 24 août, 2007

Posté par benchicou dans : Algérie aujourd'hui , trackback

C’est ainsi que titrait le quotidien El Watan du 23 Août 2007 *. A un détail prêt, l’éditorialiste Ali Bahmane n’utilisait pas de point d’interrogation

La nuit dernière, à 1H30 du matin, mon téléphone sonne. Le numéro qui s’affiche commence par 00 213… C’est un ami d’Algérie qui m’appelle avec un tremblement dans la voix. «Il paraît que Boutef est mort, il est chez vous. Tu peux me confirmer l’information ?» Je me lève donc en pleine nuit, rallume mon ordinateur, me branche sur I.télé, mais rien ! Pas trace de cette nouvelle. L’Algérie est au bord de la crise de nerfs. Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, se porte très mal et sa succession laisse planer un doute énorme sur le pays.

Certes le président algérien, élu avec des scores qui frôlent le ridicule, n’aura pas su se débarrasser de la corruption, ni des généraux qui gardent une main de fer sur l’économie et la politique. Mais Bouteflika sera tout de même celui qui aura réussi à pacifier le pays et à l’ouvrir un peu à l’économie de marché, ce qui a déjà permis aux Algériens de rompre avec les pénuries qu’ils connaissaient depuis des années.

J’ai traversé l’Algérie d’Est en Ouest cet été. C’est un magnifique pays et sur les 1400 km que j’ai parcourus, il y a des centaines d’histoires qui sont sorties de partout. Comme celle de ce plombier qui raconte qu’un matin, il n’a pas retrouvé son jeune frère dans son lit. Avec quelques amis du village, il avait secrètement tout vendu pour acheter un petit bateau à moteur et rejoindre l’Espagne. Lui et ses compagnons étaient parvenus à rejoindre la côte espagnole mais avaient été aussitôt expulsés vers leur village, où ils étaient revenus la tête basse. Ils ont eu plus de chance que les dizaines de Harragas qui se sont échoués sur les côtes cet été.

Il y a aussi le récit de cet ingénieur qui a quitté son emploi public en 2000 pour se lancer avec un associé dans un programme immobilier d’une vingtaine d’appartements. Pensant profiter de la modernité promise par Bouteflika, il avait prévu de boucler ce programme en deux ans, mais avec les lenteurs de l’administration algérienne, il n’avait toujours pas terminé son projet en 2007.

Et puis cet enseignant à la retraite d’une petite ville de la banlieue d’Alger, qui n’avait même pas les moyens de s’installer une citerne sur son toit et qui allait tous les jours remplir des bidons d’eau à la pompe à essence. Il était cinquième sur la liste d’un petit parti aux municipales et en raison d’une stricte égalité avec la liste du maire sortant, il a été propulsé premier citoyen de la ville au bénéfice de l’âge. Il collectionnerait aujourd’hui les voitures et les appartements.

Les journaux ne cessent de mettre en « une » les affaires de corruption mais rien n’y fait. Les journalistes prennent aussi un malin plaisir à dénoncer l’inactivité de l’Etat algérien qui laisse sa jeunesse tenir les murs et fantasmer sur l’Europe en regardant la parabole (70% de la population a moins de 25 ans). Cela sonne comme une insulte, pourtant, l’Algérie est le pays le plus démocratique du Maghreb. Mais c’est aussi le plus en retard. En retard dans ses infrastructures, son réseau de transport, son économie, son agriculture…

Et face à tout cela, toujours la même question qui tourne dans la bouche des Algériens, en plus du tabac prisé qu’ils ingurgitent à longueur de journée: mais où est l’argent ? Avec le prix du baril à plus de 70 dollars et le classement de leur pays parmi les premières puissances gazières, les citoyens n’en peuvent plus d’acheter le kilo de viande à près de 7 euros, quand le salaire mensuel d’un maçon avoisine 150 euros.

Où est l’argent ? En me promenant dans les rues d’Alger, j’ai vu plus de 4X4 Touareg ou d’Audi Q7 que je n’en vois dans Paris. Mais où est l’argent ? Dans les quartiers résidentiels d’Alger, les villas de trois étages qui frôlent les 300 mètres carrés poussent comme des champignons. On voit bien les Chinois s’affairer en ce moment sur des grands projets lancés par l’Etat (lire l’article de Serge Michel): autoroute Est-Ouest, aéroport de Tlemcen, plus d’un million de logements sociaux… Mais le compte n’y est pas.

Malgré cela, les Algériens s’accordent à dire que les choses vont un peu mieux depuis 1999. Alors, si la rumeur de la mort de Bouteflika rode avec autant d’insistance, c’est parce que tout le monde s’inquiète de la suite des évènements.

Mohamed Hamidi (Bondy Blog)

 

Commentaires»

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  1. Je ne crois sincèrement pas que cet article soit de nature à inspirer quelque commentaire critique.
    Les rumeurs sur la maladie de Bouteflika sont légion; elles ne sont pas nouvelles; elles font partie des péripéties d’un système qui dispose encore de bien des ressources pour se maintenir encore.
    Je crois que la succession de Bouteflika ne pose pas de problème de fond aux décideurs qui ont déjà un carnet fort abondant de présidentiables (Hamrouche, Ouyahia, Benflis, Belkhadem…).
    Au reste, vous verrez, cela se passera comme toujours plus ou moins sereinement, et on n’y verra, pour ainsi dire, que du feu.
    J’ai déjà eu à épiloguer sur ce sujet dans mon blog.
    Abdelkader Dehbi

  2. Quelque chose se prépare à Alger.

    La maladie du Président n’est un secret pour personne. Déjà à Oran, la voiture présidentielle s’est subitement éclipsée à Ain Turck pendant au moins deux bonnes heures. Tout le monde a compris que le chef de l’Etat a été amené « quelque part » pour subir des soins intensifs. Son protocole a exigé de ses hôtes de ne pas dépasser dix minutes lors de chaque point de visite. On raconte qu’à Mostaganem, il est même tombé devant le public. Autant dire que son etat de santé ne fait que se déteriorer. Depuis quelques jours, on indique qu’il se trouve dans une clinique en Suisse.
    La question est pourquoi la rumeur de son décès s’est amplifiée subitement ses derniers 72 heures? Prépare t-on les algériens à cette échéance? Les observateurs de la vie politique ont remarqué que ces deux dernières semaines ont été particulièrement riches en déclarations de politiques qui se sont confinés durant longtemps dans leur mutisme. La plupart de ceux qui rompu le silence sont d’anciens candidats à la présidence. Remarquons dans cet ordre d’idées le silence plus que lourd d’Ahmed Ouyahia dont les prétentions présidentielles n’échappent à personne. Donc assiste t-on au démarrage réel de la course de la succession de Bouteflika? Relevons aussi que depuis quarante huit heures, certains ministres ont écourté leur congé pour faire parler d’eux au niveau de la télevision de Hamraoui habib Kalbi. Cherche t-on à faire comprendre aux algériens que l’actuel gouvernement peut assurer la marche des affaires en attendant de régler la question de la succession ? Les heures ou les jours à venir ne manqueront pas d’éclairer une opinion publique qui commence à manifester des signes d’énervement concernant le devenir immédiat du pays.

  3. Monsieur Dehbi n’arrête pas de nous renvoyer vers son fameux blog comme s’il s’agissait de la référence ultime et indiscutable. Soyons sérieux. l’humilité et la pudeur, c’est de cela aussi que nous avons besoin.

  4. Aujourdhui , Vendredi , C’est le Conseil des Ministres extraordinaire :
    — Vous connaissez tous ! la règle Sacro-Sainte (SS) du Conseil des Ministres.
    — Je commence d’abord par MOI , ensuite vous entamez l’un aprés l’autre en évitant de ne pas terminer chacune de vos interventions par : Vous avez toujours raison Monsieur Le Président ! Hamdoulilah ! pour ne pas tomber dans l’erreur Rahabi.
    — Ensuite ! Quand vous aurez tous rien à dire , Je termine par MOI .
    — zzzz ……. suite au troisiéme épisode .
    Tassadit , Lampedusa .

  5. franchement ce bolg n’a rien avoir avec nous avions l’habitude avant avec le matin!des diffamations au simples coups de sorcieres!monsieur benchicou je vous en supplie faites de votre bolg une fenetre pour connaitre la verité ou si vous etimez que c’est irrealisable fermez le!

  6. tranquilisez vous ,il n’y'a pas de quoi s »exiter.le president va y passer ,c’est sur,et le candidat remplaçant est deja pret.ils sont pas fous les generaux de laisser au hasard regler ces details d’imporatance capitale.le vrai probleme reside dans l’apres boutef sur le plan,des institutions et des reformes politiques qui peuvent eventuellement sortie le pays du marasme et surtout de lui eviter l’implosion qui est a ses portes .qui le fera ?
    Le vrai enjeu aujourd’huii c’est de garder intact le pays dans ses definitions physiques jusqu’a depassement de la crise politique qui le secoue et qui risque de l’aneantir.les equations sont tres complexes et touchent à tous les aspects de la vie des algeriens materiel et autres .l’integrité du pays est tres serieusement menacée et je vous l’assure ça n’est pas de la fiction .la situation d’aujourd’hui vue des années 1980 etait egalement de la fiction ,ça ne l’est plus malheureusement.

  7. mr mohamed ,je croie que je vais pleurer!
    1-ce n’est pas pokemon qui a « pacifier »le pays ,bien au contraire,il a surtout fait renaitre le spectre de la terreur !
    2-c’est zeroual qui a eradiquer le fleau (demander aux habitants de la casbah ; bastion du gia!)
    3- ensuite l’ algérie est en retard,oui,grace a qui ?au peuple ?non mr mohamed!ce pays trés riche ,convoité par l’occident,est minée par tous ses gouvernements , president et généraux successif et ces le peuple qui paye toujours comme dans chaque dictature !!!!!!!!!les uns sont milliardaires les autres crévent!
    SI L’ ON MET UN GOUVERNEMENT OCCIDENTALE (CE QUE JE N ESPERE PAS)L’ ALGERIE DEVIENDRAT UNE DES 1ere PUISSANCES MONDIALE !

  8. bouteflika ah le pauvre il croyait qu’il allait changer l’algerie malheuresement il n’a pas reussi on dit qu’il est mort et les gens qui le disent sont les gens qui n’attendent que ça depuis tres longtemps ce n’est pas la premiere fois a chaque fois c’est la meme chose, au lieu de travailler et develloper le pays,rien ne nous intresse dans ce pays ah non je suis desole j’ai oublier beacoup de choses comme la taille de la jupe ou de la barbe ou bien les jours ou les gardes cotes sont en fete pour prendre le large pour vivre dans des mauvaises situations comme des (excusez moi d’utiliser ce mot) chiens au lieu de rester ah oui j’ai oublier on s’intresse aussi sur la mort du president ça c’est l’article important de tous ce que je vient de dire …..a suivre

  9. alors expliquez moi mr bouteflika est mort ou vivant ?
    les bloggeurs disaient il n y a pas si lontemps qu il voulait un troisieme mandat.
    alors j ai rien compris , va t il se présenter aux prochaines élections ?

  10. Episode1
    Il est vrai que Bouteflika est malade. C’est un être humain, comme les autres. Même si, lui, se prend pour un Saint, presque Dieu ! Mais, au fait, qui a imposé Bouteflika à la tête de l’Etat, au mépris du peuple. N’est-ce pas le DRS (ex-sécurité militaire) qui fait la pluie et le beau temps en Algérie. Pourquoi M.Benchicou ne s’intéresse-t-il pas aux généraux Toufik Mediène (malade lui aussi), Smain Lamari (malade également) et le sinistre Mehenna Djebbar,et bien entendu, le célèbre général Al Attafi. D’où ces hommes tiennent leur pouvoir ? Qui et comment arrivent-il à terroriser la population ? Que Bouteflika parte ou reste, cela ne change rien au système DRS, véritable pouvoir et non pas l’armée comme on tend à le confondre…L’Algérie commencera à souffler lorsque le système DRS sera dévrouillé et qu’on ouvre la page des massacres et des trafics commis par les agents clandestins du DRS. .Bouteflika, dont le frère, le sinistre Saïd est un corrompu connu (il joue avec les appels d’offre comme il gratte ses cheveux), ne peut rien faire, impliqué comme il est dans le scandale Khalifa…
    Demain Episode 2

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