navigation

Quand la justice se penche sur les détournements du foncier agricole 29 août, 2007

Posté par benchicou dans : Algérie aujourd'hui , trackback

Ces prévenus, accusés « d’association de malfaiteurs, d’escroquerie, de dilapidation de deniers publics, d’atteinte à la propriété immobilière et de construction sans autorisation » sont cités dans le procès  Ibrahim Hadjas, ex-patron de feue l’Union Bank, en fuite à l’étranger avec un pactole de 9 milliards de dinars ! Sur les bancs des accusés, au côté de ces paysans, figurent quelques élus, des cadres des services agricoles, des industriels, des intermédiaires, ainsi que le notaire qui a établi les actes et la secrétaire du principal accusé, Ibrahim Hadjas.

Jeunes et vieux paysans  défilent à la barre,  accablés par cette justice qui protège les acquéreurs en taisant leur identité. Tous  avouent ne rien comprendre aux raisons de leur inculpation. «Tout le monde savait que nous étions en train de céder les terres et personne n’a rien dit. Pourquoi, nous inculpe-t-on aujourd’hui ?» fait remarquer l’un des inculpés. «Nous n’avons pas fui nos terres pendant les années du terrorisme. Nous avons continué à les travailler tant que la banque nous finançait, mais depuis 1992, les choses ont changé. On avait droit à un prêt de 25 millions de centimes annuellement que nous remboursions en plus des 8 millions de centimes d’intérêts. En 1992, il n’y avait plus d’aide » poursuit un vieil homme, qui décrit la misère qui l’a contraint à se céder sa terre. Un autre se souvient que l’on est venu le solliciter pour céder ses parts dans un EAC aux enfants d’un ex-membre du HCE mais que ces derniers n’ont pas été inquiétés. Et pour cause ! Les acquéreurs ont bénéficié d’une extinction des poursuites pour absence d’acte de désistement et recherches non concluantes !

Les dépositions des fellahs éclairent sur les méthodes utilisées  par les « intermédiaires » pour s’emparer des terres convoitées par leurs mandants. Ainsi des témoignages rapportent que Hadjas, leur avait proposé, par l’intermédiaire de son « agent » Bensouda Djamel, d’être ses associés  et de les maintenir sur les terres cédées pour continuer à les travailler en qualité des salariés. Mais que très vite après avoir signé l’acte de cession, ils se sont vus interdits l’accès. D’autres  inculpés  révèlent que l’intermédiaire de Hadjas, en compagnie de deux autres personnes, se sont présentés chez eux en se faisant passer pour des cadres de l’Etat puis  les ont menacé de saisir de force de leur terre dans le cas où ils refuseraient de signer un acte de cession.  L’envoyé de Hadjas Brahim leur a fait comprendre qu’un « projet national d’intérêt général » allait être construit sur leur terre.  Intimidés, la plupart  ont alors cédé à la pression. 

Comme pour d’autres procès en prévarication, celui-ci pèche par une anomalie rédhibitoire : la liste des mis en cause a été expurgée des noms de certains bénéficiaires ; elle aurait, elle aussi,  fait l’objet d’un triturage politique − le même que  celui de l’affaireKhalifa ? Quoiqu’il en soit, l’arrêt de renvoi concernant ce procès fait tout  bonnement l’impasse sur les noms des acquéreurs autres que celui de l’ex-patron de l’Union Bank ; il note seulement qu’une partie de l’EAC, sise à Ouled Fayet, exploitée par 11 fellahs associés, a été cédée à Hadjas Ibrahim contre la somme de 350 millions de centimes et que l’autre partie a été cédée à  « une autre personne » ! La  rumeur prétend que ces «  autres personnes »  restées anonymes sont des ex-hauts responsables dont les noms auraient été sciemment retirés du dossier.

Dans le cas de  cette affaire, les terres détournées concernent 18 EAC et EAI situées dans les localités de Bouchaoui, Ouled Fayet, Aïn Benian et Staouéli, dont 17 sont jugés par le tribunal de Chéraga. Mais la razzia sur le foncier dans la seule wilaya d’Alger est autrement plus importante. Le dernier bilan rendu public avance le chiffre de  6 366 hectares de terres agricoles, soit 17,80% des exploitations estimées à 35 757 hectares, qui ont été détournés de leur vocation première.
Selon un rapport du CNES, « l’on assiste depuis des décennies à une dilapidation effrénée des terres à haut potentiel économique, notamment dans les régions du Nord. [...] Les prix de cession du domaine public procèdent le plus souvent des mesures accommodantes et des transactions privées qui gardent un caractère confidentiel. » 
L’algérois est  le lieu privilégié où se mènent  les détournements de cette nature. Des villages à vocation agricole sont totalement démembrés, lotis et distribués à des promoteurs immobiliers ou à des pseudo investisseurs industriels « amis », nationaux ou  étrangers, la plupart du temps du Moyens-Orient et du Golfe. Le dépeçage du domaine Bouchaoui, ex-Borgeaud, s’est opéré de cette façon. Les investisseurs du Moyen-Orient et du Golfe particulièrement intéressé par le secteur du tourisme traitent directement avec la Société d’investissement hôtelier (SIH) rattachée directement à la Présidence de la République. Les expropriations pour implanter ces projets touristiques privés, qualifié par les pouvoirs publics « d’utilité publique » sont menées manu militari, à grand  renfort de gendarmes. La dernière en date a eu pour théâtre le quartier des Grands vents à Dely-Brahim (voir l’article : le feuilleton de la dépossession continue).

La curée n’est pas prête de s’arrêter puisque elle se mène sous les bons auspices du pouvoir… 

Le Matin 

Commentaires»

  1. voila un des éléments qui constitue un crime économique que la justice algerienne doit en toute transparence traitée car entre
    autres il s’agit d’un des facteurs qui ont atteint la collution
    sociale et amener le divorce entre le citoyen et ses institutions

    la nomenclatura qui a érigé des lois bidons pour revavolorisation
    des terres agricoles se sont accaparés directement voire par des
    prêtes noms pour rnfin faire de la spéculation du foncier

    tout le monde connait la délapidation de la région de bouchaoui
    ou les terres agricoles sous le couvert de cocessions sont devenus
    des propriétés anéliables et hypotécables

    un ancien des services en l’occurence l’ex commandant reduane s’est fait attribuer à se qutres enfants loin des compétances du monde agricole des hectares ou se sont érigés des résidences
    et vous avez des résidences avec 3 hectares de jardin!!

    d’autres n’ont pas hésité à les ceder par des dérogations administratives à des nationnaux ou à des étrangers moyennant de
    sommes colossales

    et cela en toutes impunités

    d’ailleurs c’est essayant de lever un voile sur ces transactions
    frauduleuses que l’ex Chef de gouvernement Mouloud Hamrouche qui
    a commené à publier ces listes sur la presse nationale qu’il a subi
    toutes les foudres pour en faire qui un islamiste qui un éradicteur afin d’enterrer au plus vite ce problème qui pour amener la paix en algérie doit êtr au même titre que d’autres maux
    sociaux mis à plat et répondre avec toute la rigueur de la loi

  2. JE VOUS RENVOIE VERS UNE AUTRE ENQUËTE SI VOUS PERMETTEZ:

    A BOUCHAOUI DES IMMENSES SURFACES DE TERRAINS AGRICOLES QUI JADIS FAISAIENT LA FIERTE DE LA FAMILLE « BORGEAU » ET OÜ PLUSIEURS DE NOS COMPATRIOTES TRAVAILLAIENT JUSQU A 17 HEURES/JOUR ONT ETE SPOLIES AUX VRAIS AGRICULTEURS/FELLAHS POUR ETRE CEDES A: NEZAR SIFI BOUTEF/ABDELGHANI. CES TROIS TRISTES PERSONNES COMPTENT Y INSTALLER DES PROMOTIONS IMMOBILIERES QU ILS REVENDRONT A COUP DE MILLIARD. C EST LA QU IL FAUDRAIT ENQUETER.

    DANS CETTE AFFAIRE JUGEE A CHERAGA LA VERITE EST TOUTE AUTRE CAR LES GROSSES LEGUMES DU SYSTEME SONT « LES INTOUCHABLES » .

  3. y’a rien a enqueter monsieur.tout cela est archi connu.le dernier des tarés dans ce pays a de quoi mobiliser tes oreilles pour 40 jours et plus en histoires contemporaines de la predation gouvernementale.le debat,il est dans les solutions à tout ça!
    le probleme ,c’est toutjours pareil,c’est l’eternelle histoire de l’oeuf et de la poule:faut’il attendre que nos compatriote arretent dejeter leurs ordures du neuvieme etage pour leur parler de politique et de l’avenir de leurs enfants, ou bien,se prendre les paquets sur la gueule et se dire il faut faire avec .big question,n’est ce pas?
    en fait ça viendra tout seul et de là où l’on s’attend le moins tu verras.en attendant dis toi bien que tout le paquet de linge sale a besoin d’une bonne lessive ,ty’a pas a voir l’origine des tissus ;c’est pas hallal pour l’instant.
    salut!

  4. Les deux enfants de Ali Kafi n’ont pas étaient cités dans cette affaire pourquoi?

  5. Pratiques coloniales
    C’est de la sorte que les premiers colons ont acquis en 1832
    leurs terres. « L’intendant Genty de Bussy “utilisa des biens sous
    séquestre dont l’État n’avait pas la propriété”. Sur le plan
    administratif, Clauzel favorise l’acquisition des terres à grande échelle par des Européens. “On profitait de ce que les conceptions juridiques des acheteurs et des vendeurs étaient dissemblables, voire inconciliables : on confondait astucieusement propriété et usufruit, et cela particulièrement pour les biens des communautés religieuses, et par définition
    inaliénables. Il se créa une véritable mafia, des “bandes noires” qui organisaient la spoliation. On voyait un membre du tribunal correctionnel substituer dans la traduction d’un acte le mot “vente” au mot “loyer” : ainsi, le vendeur touchait-il pour prix total de la transaction ce qu’il croyait n’être que le premier terme du loyer ». François Maspero, L’Honneur de Saint-Arnaud, Seuil, coll. « Points », Paris, 1995, p. 86.

    M.B

  6. pourquoi pharmaalliance a construit son usine sur assiette reserrvé a des terrains et salles de sport a coté du stade de ouled fayet? parceque la proprietaire est une jeune femme de 19 ans ….son pere est general

  7. Voter des lois élaborées et érigées en véritables moyens de détournements des richesses nationales est le propre de nos chambres d’enregistrement (A.P.N et SENAT).L’Agérie continue à être spoliée par ceux là même qui ………
    Quelle honte !

Laisser un commentaire

Alliance des Empereurs |
UN JOURNAL |
GlobalWarning |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Convention Collective
| Distribution de flyers dans...
| Palestine – la paix dites-v...