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Débat : La solidarité est un long chemin 3 septembre, 2007

Posté par benchicou dans : Algérie : analyses et polémiques , trackback

 

 

Des amnisties suivies d’amnésie et nous faire croire que la lutte anti-terroriste menée par l’armée et les services de sécurité finira par instaurer la paix de la réconciliation est c’est forcément le recommencement.

Enfourchant les mots pour survoler un temps a entrevoir la racine des maux .

Hier des ONG et leurs acolytes armées du « qui-tue qui » faisaient des terroristes des militants spoliés de leur victoire des législatives de 1991. Ils leur ont porté main-forte durant toute une décennie, dans les massacres de nos populations et ce jusqu’au 11 Septembre. Apres et pour ne pas désavouer leur stratégie, ces mêmes terroristes ne sont plus pour ces ONG des militants ni de la bonne ni de la mauvaise cause, ils deviennent les fous de dieu, des fanatiques . Du 11 Septembre, ce référent international, revenons à un référent national : Octobre 88 Qu’est-ce qui a imposé les événements d’octobre ? Nous savons tous aujourd’hui que l’absence de liberté et les dépassements qu’elle a entraînés, que la rue a traduit par la hogra est la raison objective à ces événements et je suis tenté de dire que le cumul d’erreurs, qui découle de la peur réinstaurée, de l’absence d’une intelligentsia et l’affaiblissement des démocrates a isolé les jeunes face à la répression. Cette répression a tracé le chemin aux islamistes. La stratégie du containement des libertés est à elle seule une matière.

Les pouvoirs opposaient les libertés, dont la liberté d’opinion, aux constantes de la République Et le pouvoir promettait le plein emploi, la santé, la scolarité, le logement… pour se prémunir de revendications aux libertés. Sinon comment expliquer l’objectif du plein emploi avec ce fonctionnement archaïque des bureaux de main-d’œuvre.Un enseignement qui débouchait sur un taux élevé de scolarisés analphabètes. Une industrialisation confiée à des firmes étrangères souvent clé en main .

Encore un exemple : les intellectuels du système ont fini par opposer les maux à la liberté : peut-on parler de liberté quand on a faim, quand on n’a pas ou loger…quand on n’a pas de travail, quand on est analphabète .Et repris comme des tares pour vous rendre coupable de n’avoir pas fait comme ceux qui ont tout confisqué y compris la révolution . En somme on vous invite à vous soumettre au système sinon à vous taire.

Il était pertinent le« peut-on aller au paradis le ventre creux ». De retour de chez Ho Chi Min,Kateb Yacine voulait se consacrer au théâtre pour faire entendre la voix du peuple. On lui fit savoir qu’il avait le droit d’écrire mais pas de parler.

La deuxième phase, la pire de la période, ne peut-elle pas se résumer dans ce fait : le pouvoir importait du blé à crédit, et il ne fallait pas le dire et surtout pas écrire que cela découlait de sa mauvaise politique. Prévoyant, Jeff faisait savoir qu’il connaissait le repère de ceux et celles qui étaient capables de perturber cette paix sociale. Le chef des perturbateurs qui pendant toute la guerre de libération était à son poste, et qui a fini par devenir un exemple, n’a-t-il pas fuit à cette période ? Et la fuite est devenue sa mauvaise habitude. 

Le manque de liberté est-il propre à un pays à une région à un continent ? Le manque de liberté se caractérise par la peur, et c’est l’arme première qu’utilisent les islamistes.

Quant à la corruption qui, comme le dit un des défenseurs des libertés est« l’oxygène des dictatures » elle est utilisée de plus en plus par le pouvoir grâce à la rente pétrolière.

0n pensait en Algérie qu’en dénonçant le Parti-Etat et les maux sociaux qu’il a engendrés telle que la hogra, on allait automatiquement vers les libertés .C’est oublier les séquelles du colonialisme, ce sous-développement que nous traînons et que traîne la majorité des pays africains. Si certains sont caractérisés par la pandémie du sida, d’autres par la fièvre jaune et tous par la prédation de leurs richesses naturelles nous : qu’est-ce qui nous caractérise ?

La descente aux enfers au nom du religieux

S’en sortir reste un devoir .Comment s’en prémunir reste le b, a ba du politique.

Comment en est-on arrivé là et c’est toute l’histoire qui pourrait se résumer en ceci : une des plus glorieuse victoire au monde faite par des nationaux et des internationaux a été détournée par une poignée d’hommes dont le nationalisme de plus en plus étroit a instauré la pensée unique pendant des décennies jusqu’à Octobre 88.

Le système contraint au multipartisme tente de passer la relève aux partis de Dieu pour remettre en cause ce souffle à la liberté.

A défaut de lui attribuer le pouvoir législatif en 1992 ; le système a mis l’islamisme sur les rails de la société. La légalisation d’un parti politique qui prône l’instauration d’une dawla islamaouia a fini par donner des ailes à tous ceux qui rêvent de pouvoir absolu, du pouvoir divin sur terre.

B .Soltani affirmait , au dernier jour de la campagne aux législatives du 17 mai 2007 que le problème palestinien n’est pas un problème de décolonisation mais un problème religieux au même moment ou des membres du Fatah se faisaient tués par le Hamas .

La Palestine serait un Etat Islamique ou ne le serait pas, et le but est identique pour l’Irak, la Somalie et tous les pays à commencer par les pays anciennement colonisés .N’est-il pas légitime de se prémunir de ce diktat : « vous serez islamistes ou vous ne serez pas ».Ce qu’il revendique est clair comme l’eau de roche. Il milite pour des Etats théocratiques dans une Ouma.

Ils ne se sont jamais dessaisis de cette revendication .Comment l’Algérie doit-elle s’en prémunir ?  Commencer par affirmer que les terroristes sont le détachement avancé de la lutte pour un pouvoir théocratique. Ne pas le dire, c’est déculpabiliser les partis islamistes et consorts des actes terroristes.

L’Etat théocratique ne serait-elle pas la résultante d’un projet de société ou le licite et l’illicite font « loi ». On peut inverser : quand on appliquera la « chariaa », nous aurons un Etat théocratie.

L’abrogation de la loi qui oblige une femme majeure a avoir un tuteur est une des conditions nécessaire pour battre l’intégrisme.

Au lendemain d’octobre 88 les questions qui se sont posées sont les suivantes : les démocrates avaient-ils un projet de société ? Devaient-ils en avoir ? A la veille d’octobre nous étions nombreux à penser que la lutte anti-impérialiste, et pour la voie non capitaliste, était de bonne stratégie. Cette idée, à mon avis n’a pas permis de saisir les évènements qui se sont succèdes la veille et aux lendemains d’octobre .Elle rappelle ceux qui prônaient la lutte de classe et ne pouvaient donc déclencher le 1er de novembre 54   L’affirmation que la crise en Algérie perdure parce qu’il y a deux projets de société antagoniques, n’est-elle pas la clef de voûte. Le pouvoir, à travers la « réconciliation » ce pardon sans

repentance des islamistes encourage le projet de ceux qui au nom du religieux nous mène droit aux enfers .Oui aux jugements équitables .Oui à une réconciliation après le jugement des coupables. Ils sont non seulement libres ; ils confirment leurs actes d’assassins. Ils ont un projet diabolique puisque c’est au nom du religieux.  Il est donc nécessaire de séparer le politique du religieux et on doit à notre avis commencer par l’abrogation de l’article 2 de la Constitution et qui est fondamentale pour la démocratie. Je rappelle qu’un article 2 de la Constitution a été déjà abrogé.

La proposition de la laïcisation des lois effarouche certains, et je constate qu’il n’y a pas de réaction face à la dé laïcisation de la religion, par ceux qui affirmaient que l’islam est laïc.

Ceux qui utilisent l’islam à des fins politiques ont fini par créer un clergé .Ce clergé a de nouveaux acquis, ce sont les partis politiques qui revendiquent l’Etat théocratique.Ils ont détrôné l’université d’El-Ezhar et tous les autres milieux de la théologie. Ils sont la référence en religion que médiatise magistralement El-Djazira. Les terroristes ont été battus au temps des patriotes, la victoire définitive exigeait l’interdiction des partis islamistes, premier maillon de la lutte anti-intégriste. Sans cela nous reviendrons toujours au point de départ avec un entrisme crescendo des islamistes dans les institutions de l’Etat et particulièrement à chaque élection.

A force de croire à une pérennité naturelle de l’Etat Algérien, des personnalités politiques préconisent de réformer les institutions, d’autres sont pour le changement au niveau du pouvoir et d’autres parlent aujourd’hui  d’instaurer la bonne gouvernance.

La meilleure invention c’est faire croire que la solution passe par les urnes avec la participation des ennemis du suffrage universel et des Partis-Etat .Voilà le nouveau chantage aux libertés. Cette mise à niveau des techniques du système pour écarter le citoyen des affaires publiques. Elle passe par le fait d’ignorer que les fondements de la démocratie sont les libertés et la protection de ces libertés par les lois de la République. Comment ramener l’Algérie à la situation d’avant octobre est le but d’anciens gestionnaires qui ont ignoré le pays quand il était à feu et à sang. Faire oublier l’ennemi de la république en faisant croire qu’il se charge de le combattre par cette arme fatale qui fait du coupable la victime et la victime le coupable. Sinon pourquoi il n’est pas dit avec qui se fait la réconciliation. Et on instaure une quiétude jusqu’au prochain attentat. Malheureusement les attentats sont au quotidien.

Les solidarités finiront par accoucher

d’une alternative démocratique.

Le système, armé d’islamisme et de pétrole, donne l’avantage au projet intégriste par les politiques de la Rahma et de la Réconciliation. Il est l’allié objectif des décideurs dont la stratégie est d’écarter les peuples anciennement colonisés des sphères qui utilisent l’énergie ; une façon de leur interdire l’accès à la civilisation. Des dirigeants qui pour des intérêts de plus en plus étroits poussent les peuples au containement. Pour eux l’idéal du cantonnement serait « un couvent musulman » «  Si je ne t’assure plus le travail ou le logement je te promets la sécurité » voilà le nouveau chantage. Et ta meilleure sécurité ne serait-elle pas la mosquée en attendant une surface plus étendue, tout un territoire aussi vaste que l’Irak par exemple ou encore une superficie comme quatre fois la France puisque tu raffoles de ce référent juste pour mieux faire que le colonialisme. Les français n’ont –ils pas été encouragés par ces réconciliations pour qualifier le colonialisme de positif. Car pourquoi exiger la repentance aux étrangers quand on ne l’exige pas des nationaux ? Il faut seulement rappeler que parfois c’est suite à des émeutes que le cour de l’histoire a changé. Comment aboutir à une autre voie si les algériens ne débattent et ne s’organisent pas en toute liberté ? Les contributions de Mohamed Benchicou sur le Soir n’y sont plus.

La presse va-t-elle pouvoir continuer à jouer ce rôle crucial de forum d’opinion, sans l’appui d’un cadre démocratique plus large. Que faut-il faire ? Cette question aura à mon avis un début de réponse quand on sera nombreux à se rassembler pour dire qu’il est impensable qu’un homme qui se vante d’avoir tué un jeune soldat et de lui avoir arraché son arme puisse jouir de la liberté. Il est nécessaire de rappeler que Mohamed Tounsi Gharbi est en prison Abdelhai Belardouh après avoir été torturé, s’est suicidé. Nous perdons de jeunes soldats tous les jours et personne n’est à l’abri d’un onze avril. La perte de toute confiance en leur pays poussent des jeunes au suicide quand d’autres s’accrochent à un espoir sous d’autres cieux ou certains finissent noyés. La solitude des syndicalistes inquiets pour l’avenir de leurs usines, de leurs écoles…. Ces dégâts que nous subissons vont-ils avoir raison de nous ou au contraire vont-ils insuffler une réflexion, un éveil pour rompre avec ce système corrompu. Il reste l’espoir qui passe par le chemin de la solidarité et les solidarités finiront par accoucher d’une alternative démocratique.

Ce 18 mai prouve que l’appel au boycott du Mouvement Démocratique et Social reste juste . Nous savons qu’il n’y a rien à attendre du pouvoir comme nous savons que l’Algérie ne peut faire un bon en avant que dans un contexte international propice et ce n’est certainement pas avec Bush-Bouteflica -Sarkozy aidés par l’entrisme des wahhabites, qu’on peut espérer le changement .Celui-ci ne peut prendre forme qu’à travers des milliers d’associations autonomes et qui cultivent la solidarité jusqu’à transformer toute éventuelle émeute en manifestation qui impose ses revendications . Aujourd’hui le boycott , les émeutes, les grèves, d’autres formes de luttes nationales et internationales vont frayer le chemin aux libertés pour une République Démocratique et Sociale.

Saâdeddine

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