navigation

Attentat de Batna : l’éditorial de Ghania Hammadou 7 septembre, 2007

Posté par benchicou dans : Non classé , trackback

Edito de Ghania Hammadou

Le message de Batna

Les analyses du Matin se confirment : quel que soit le prix payé par les Algériens, quels que soient leurs sacrifices, leurs luttes et la force de leurs protestations, le système, comme un mécanisme implacable, sourd et aveugle aux hommes, reste le maître de la décision des choix du pays. Il a dit « réconciliation nationale », négociations avec l’islamisme, main tendue à l’intégrisme, amnistie des terroristes, et rien ne semble le dissuader à renoncer à cette option suicidaire. L’attentat de Batna résonne comme un nouveau revers pour cette politique de la main tendue, initiée sous les auspices de Bouteflika. Bien d’autres faits attestaient déjà de la faillite de la démarche présidentielle, mais le message envoyé dans ce dernier attentat, qui a eu pour cible le président en personne, est encore plus significatif puisque destiné à l’homme de la « réconciliation ». Ce message dit, entre autre chose que l’islamisme n’a que faire des propositions de paix de M. Bouteflika. Les intégristes que celui-ci veut se concilier et ramener au bercail de la République ne veulent pas à sa paix. Ils veulent l’Algérie et le pouvoir, tout le pouvoir pour y installer leur système médiéval dans lequel nos vies seront soumises à la loi de quelques autoproclamés émirs, et c’est pour réaliser cet objectif qu’ils mènent, depuis maintenant presque deux décennies, la guerre aux Algériens opposés à leur projet. Les concessions, accordées à l’intégrisme religieux par le pouvoir via sa Charte pour la réconciliation, loin d’apporter le calme dans le pays, semblent même avoir encourager l’émergence d’une organisation terroriste plus déterminée et meurtrière que celle démantelée par le passé. Désormais, c’est un GSPC filiale Al Qaida, bien équipé et entraîné, qui chasse sur les terres des ex-GIA et AIS. La recrudescence des violences terroristes, revendiquées par des auteurs qui proclament haut et fort ne pas être concernés par les négociations et les accords passés avec les repentis de leur mouvance, a le même sens, la même signification que l’attentat d’hier : elle signe l’échec patent et cinglant de la stratégie présidentielle. Mais qu’importe ! Bouteflika, lui, a une autre explication. Son opinion, exprimée à chaud, sur les commanditaires qu’il soupçonne être derrière l’attentat de Batna sont inquiétantes, quoi que prévisibles. Au lieu de tirer les conclusions qui s’imposent, il renchérit et nous ressert, comme au bon vieux temps du parti unique, la thèse éculée du « complot ourdi par de la main de l’étranger», ici remplacée par « les capitales étrangères ». Comme fuite en avant et propos ineptes, on ne fait pas mieux !

Et puis, il y a eu aussi, dans la même soirée, ce spectacle pitoyable d’un Bouteflika accouru au chevet des rescapés donnant des consignes de soins aux médecins de l’hôpital. Les blessés et leurs proches n’avaient pas prévu d’un président de la République qu’il se substitue au corps médical, ils espéraient de lui des engagements pour châtier les coupables du forfait, une déclaration forte, des mots à la hauteur de la gravité de l’événement, des mots différents de ses paroles creuses.

En son temps, le président Zeroual, s’adressant aux survivants de l’attentat meurtrier du boulevard Amirouche, avait su trouver ces mots justes, ceux  qu’attendaient les Algériens, et que Bouteflika n’a jamais prononcés : « nous allons les combattre ! »

Commentaires»

pas encore de commentaires

Laisser un commentaire

Alliance des Empereurs |
UN JOURNAL |
GlobalWarning |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Convention Collective
| Distribution de flyers dans...
| Palestine – la paix dites-v...