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Chronique : Le harrag et le kamikaze 12 septembre, 2007

Posté par benchicou dans : Algérie : Islamisme et terrorisme , trackback

 


PAR MOHAMED BOUHAMIDI
mbouhamidi2001@yahoo.fr

Pourquoi un pays qui produit tant de harragas, ces suicidés de la mer, ne produirait-il pas des kamikazes, des suicidés de l’attentat, et à part le gouvernement, qui croit à la thèse de la main de l’étranger ? Presque personne. On voit mal cette main de l’étranger trouver au fin fond de Bachdjarrah ou du quartier Apreval des adolescents prêts à mourir pour des inconnus et pour des buts aussi peu exaltants.
Ou alors, si c’est vrai, c’est que cette main de l’étranger tient le pays profond, quadrille nos quartiers et nos villes, nous connaît mieux que nous nous connaissons, est capable d’agir sur le subconscient de nos enfants et de faire à peu près ce qu’elle veut. Quel échec pour le pouvoir incapable de produire cette influence sur la progéniture du pays qu’il est censé gérer ! Quel aveu d’incapacité à protéger la nation et la société ! Bref, le pouvoir nous informe avec force arguments que la situation lui échappe. Si vous ne croyez pas à cette thèse, il ne vous reste plus qu’à chercher dans le pays et dans sa vie ordinaire ce qui pousse tant de nos jeunes au suicide du harrag ou du kamikaze. La différence entre les deux est moins grande qu’on ne le pense. Le harrag est un suicidaire à froid. Il risque sa vie à la roulette russe un seul risque pour cinq chances. Il ne meurt pour aucune cause et pour une seule raison, la mort vaut mieux que la vie en ce pays. Le kamikaze est un suicidé à chaud. Il a besoin d’un idéal, d’une cause, d’une forte justification morale, d’une exaltation religieuse pour disparaître de ce pays et de la vie dévalorisante que mènent les jeunes en notre patrie. Ils ont pour motivation commune la promesse du paradis terrestre pour le harrag, céleste pour le kamikaze. Le mystère kamikaze est tout entier dans l’énigme du harrag et nous ne comprendrons rien au premier si nous ne résolvons pas la seconde. Et contrairement aux affirmations des «experts» et autres spécialistes sécuritaires le sentiment, fondé ou infondé, de la mal-vie, de la déconsidération, de la dévalorisation, du manque absolu de perspective ne peut être traité par la police. A ceux qui prévoient un assèchement des candidats à l’attentat suicide je dis : tant qu’il y aura des harragas, il y aura des candidats kamikazes. Et ce n’est pas avec Belkhadem qui déclare, en toute inconscience, que la harga est une mode ni avec l’indifférence profonde du pouvoir à la mort de nos enfants en haute mer que s’éteindront les attaques suicides.
M. B. (Le Soir)

 

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