navigation

En Europe, les attentats d’Alger font l’objet d’exploitation politicienne 13 septembre, 2007

Posté par benchicou dans : Algérie : Islamisme et terrorisme , trackback

 

À l’approche d’échéances électorales importantes dans plusieurs pays d’Europe, les médias atlantistes relaient les rumeurs les plus alarmistes concernant des projets d’attentats de la « nébuleuse Al Qaïda », dans le but d’inciter les électeurs à se tourner vers les candidats sécuritaires et partisans du « choc des civilisations ».
Ainsi le 23 avril 2007, soit dès le lendemain du premier tour de l’élection présidentielle française, des publications atlantistes telles que Le Monde, Le Nouvel observateur ou encore La Croix reprenaient les affirmations sous réserves de la radio espagnole Cadena Ser, elle-même les tenant prétendument des services secrets espagnols (sic), selon lesquelles Al Qaïda pourrait frapper l’Espagne lors des élections locales du 27 mai et / ou la France avant le second tour de la présidentielle du 6 mai. Pour appuyer ces « informations » de provenance pour le moins floue, est avancée la traditionnelle « revendication » par Internet des attentats d’Alger du 11 avril 2007 exprimant le souhait de refonder un califat musulman incluant l’Espagne. On retrouve donc au centre de l’argumentaire, faute de mieux, la théorie du complot islamiste mondial relayée par des internautes anonymes. Le fait qu’Al Qaïda ait choisi une intense période électorale pour avancer ce projet à long terme relèverait donc du hasard du calendrier !

De l’autre côté de la Manche, la presse du magnat néo-conservateur Ruppert Murdoch ne s’encombre même pas du minimum de précautions. Sous le titre « Al Qaïda « prépare une importante attaque contre le Royaume-Uni » » et toujours selon des fuites anonymes des « renseignements » qui en savent décidemment beaucoup sur Al Qaïda sans pour autant réussir à les coincer, l’édition du 22 avril de l’hebdomadaire Sunday Times affirmait qu’une « opération de grande envergure » était en préparation « avec l’aide de soutiens en Iran ». Celle-ci coïnciderait avec le départ de Tony Blair de Downing Street et serait comparable à… « Hiroshima et Nagasaki » ! En effet, poursuit le journaliste du Sunday Times, faute d’une telle opération, Al Qaïda risquerait de perdre en crédibilité. De plus, le pouvoir iranien en serait complice, car si en tant que chiite il est a priori opposé à Al Qaïda, il n’en ferme pas moins les yeux sur l’activité de la nébuleuse en Iran. Comme si la propagande électorale de terreur ne suffisait pas, on en rajoute donc sur la menace iranienne pour faire d’une pierre deux coups.

Tout cela soulève néanmoins une question épineuse : si le projet d’Al Qaïda est d’imposer la religion musulmane à l’Europe, cela ne se fera certainement pas avec le consentement de sa population. Pourtant, la presse atlantiste affirme qu’Al Qaïda est en quête de crédibilité auprès de ce même public. Mais n’est-ce pas plutôt les tenants de la « guerre au terrorisme » qui, perdant leur crédibilité en raison de l’incohérence totale de leurs alibis, cherchent à rallier des électeurs de plus en plus méfiants à leur égard ?

Commentaires»

  1. La semaine a été rude. Un attentat contre le cortège du chef de l’Etat à Batna et un autre dans une caserne de la marine nationale à Dellys ont coûté la vie à des dizaines d’Algériens. Venant après les attaques perpétrées sur le Palais du gouvernement et Bab Ezzouar au mois d’avril 2007, les cibles, les revendications et le mode opératoire -par kamikaze interposé – ne laissent aucun doute sur les auteurs et les objectifs de cette nouvelle stratégie. Le terrorisme international est bien là et Al qaîda a définitivement choisi l’Algérie pour déstabiliser l’Afrique du Nord qui échappait jusque là à ses groupes. Ce faisant, la nébuleuse de Ben Laden fait d’une pierre deux coups : étendre son champ d’activités et investir la rive sud du bassin occidental de la Méditerranée en prévision d’opérations à venir sur le continent européen. C’est dire si ce développement est préoccupant. Pourtant, et pour ne pas déroger à une démarche suicidaire du pouvoir algérien qui dure depuis bientôt vingt ans, pas un responsable n’a seulement osé prononcer le nom d’Al qaïda qui, par ailleurs, ne fait mystère ni des ralliements dont elle bénéficie chez nous ni de ses intentions.

    Une fois de plus, on incrimine des capitales étrangères et le chef de l’Etat a courageusement accusé les extrémistes laïcs dont chacun sait qu’ils ont plus peuplé les cimetières qu’ils ne les ont fournis. Des apparatchiks, soudainement gagnés par la lucidité devant la tournure que prennent les évènements et qui commencent à découvrir les conséquences de leur soumission à une « charte de la réconciliation » qui avait à la fois disqualifié une résistance citoyenne exemplaire et déstructuré les services de sécurité, disent en aparté que le refus de nommer les responsables des attentats n’obéit même pas à des considérations politiques. Il s’agit de dire à Ben Laden que ‘’les dirigeants algériens n’ont rien contre lui pourvu qu’il accepte de les épargner.’’ Conviction, rancœur ou culpabilité de clients qui n’ont pas su dire non à une dérive criminelle en temps opportun ? Peu importe. Le commentaire a le mérite de révéler le désarroi et les oppositions latentes qui minent le sérail. Autant de fêlures dont saura tirer profit l’internationale terroriste qui, elle, n’a ni problème de stratégie ni d’objectifs.

    Comment peut-on déterrer les accusations des années soixante dix contre « l’ennemi extérieur jaloux de notre révolution » en 2007 sans soulever de sérieux doutes sur la cohésion du pouvoir et sa capacité à communiquer dans des termes un tant soit peu crédibles sinon dignes s’agissant, d’attentats qui endeuillent le peuple algérien et humilient l’Etat ?

    Pourquoi ne nomme-t-on pas ces capitales ? De telles agressions n’appelleraient-elles pas, au minimum, une rupture des relations diplomatiques ?

    Au lieu de s’entêter à esquiver ou fuir une réalité qui, de toutes façons, s’acharne sur nous, ne devrions-nous pas nous installer dans une coopération régionale face à un fléau enfin reconnu comme le problème du siècle ?

    Ne devrait-on pas se poser la question de savoir pourquoi Al qaîda a, pour l’instant en tout cas, manqué ses incursions au Maroc et en Tunisie supposés moins maîtriser la lutte antiterroriste ?

    La suffisance des acteurs qui sévissent en Algérie depuis 1962 n’aura pas seulement provoqué une des plus grandes contre-performances en matière de développement national, elle risque d’entraîner toute la région dans un chaos généralisé. Notre pays est le dernier dans tous les classements en matière de gouvernance. La flambée des prix du baril n’a pas rendu le pouvoir algérien plus sage, loin s’en faut.

    Notre administration a bourré en mai dernier les urnes avec une grossièreté jamais atteinte. Moins de quatre mois plus tard, le Maroc se voit félicité par la communauté internationale pour la transparence et la régularité de ses élections législatives. Quel rapport avec les attentats pourraient dire certains ? Il est évident. En définitive, l’Algérie est ciblée parce qu ‘elle n’a pas amorcé la légitimation de la conquête du pouvoir, de sa gestion et de son contrôle. C’est-à-dire que la crédibilité, et, au final, la stabilité de ses institutions sont compromises. Et cela Ben Laden l’a bien compris.

  2. Quand Reporters sans frontières légitime la torture !
    Par Salim Lamrani – S’il est un principe voltairien clair, c’est que la torture est absolument contraire aux Droits de l’homme et à l’idéal démocratique. Pourtant, il existe en France une association de défense des Droits de l’homme, Reporters sans frontières, qui légitime l’usage de la torture prétendument pour défendre la démocratie face au terrorisme. Cela n’est malheureusement pas surprenant : comme le souligne Salim Lamrani, le discours de cette organisation n’est qu’une rhétorique de façade qui masque mal son alignement sur son bailleur de fonds, la NED-CIA.

    Robert Ménard, le secrétaire général de l’organisation parisienne Reporters sans frontières (RSF) depuis 1985, est un personnage extrêmement médiatique qui prétend défendre la « liberté de la presse » et qui se drape dans un discours humaniste plutôt apprécié de l’opinion publique. Grâce à la collusion des médias, Ménard est devenu un homme incontournable dans le monde de la presse.
    Pourtant, ses actions sont loin de faire l’unanimité. Le manque flagrant d’impartialité dont fait preuve RSF a souvent été stigmatisé. L’organisation française, financée par les conglomérats économiques et financiers ainsi que par les Etats-Unis, comme l’a publiquement reconnu son secrétaire général, a mené des campagnes médiatiques curieusement similaires à l’agenda politique de la Maison-Blanche. Ainsi RSF, sous prétexte de défendre la liberté de la presse, s’en est pris respectivement à Cuba , a soutenu le coup d’Etat contre le président vénézuelien Hugo Chلvez en avril 2002 , a implicitement approuvé l’invasion sanglante de l’Irak en 2003 et a légitimé le coup d’Etat contre le président Jean-Bertrand Aristide à Haïti . Désormais, RSF mène une campagne médiatique spectaculaire contre la Chine et les jeux olympiques de Pékin de 2008 .

    La proximité idéologique entre RSF et l’administration Bush est évidente à tel point que l’on se demande quels sont réellement les véritables objectifs de Robert Ménard. Les scandales de Guantanamo, d’Abou Ghraïb et des prisons secrètes tenues par la CIA à travers le monde ont démontré que les troupes étasuniennes n’hésitaient pas à utiliser la torture pour arriver à leurs fins. Ces méthodes inhumaines et injustifiables ont été unanimement condamnées par l’ensemble de la communauté internationale.
    En octobre 2006, le Congrès étasunien a franchi le pas et a approuvé un projet de loi légalisant la torture, en flagrante violation des principes même de la démocratie. La majorité républicaine ainsi que plusieurs élus démocrates de la Chambre des représentants et du Sénat ont autorisé l’utilisation des preuves obtenues sous la torture contre le « combattant ennemi illégal ». Le texte, intitulé Loi des commissions militaires, 2006 , reconnaît l’existence de tribunaux secrets pour juger tout ressortissant étranger soupçonné de porter atteinte aux intérêts des Etats-Unis. L’accusé ne pourra pas prétendre au choix de son avocat, ni connaître les charges qui pèsent contre lui. De plus, les preuves présentées contre lui pourront rester secrètes. Bien évidemment, il pourra également être détenu sans pouvoir réclamer d’être présenté devant un juge, et ce indéfiniment. Il ne pourra pas contester la légalité de sa détention, ni les tortures dont il aura été victime .

    La loi confère également au président étasunien « l’autorité [pour] interpréter la signification et l’application des conventions de Genève » prohibant la torture. Ces dernières ne pourront pas être invoquées « comme source de droit devant aucun tribunal des Etats-Unis ». La section V de la législation stipule que « personne ne pourra invoquer les conventions de Genève ni aucun de leurs protocoles dans une quelconque action d’habeas corpus ou tout autre acte civil ou toute poursuite judiciaire dans lesquels les Etats-Unis, un fonctionnaire en activité ou non, un employé, un membre des forces armées ou tout autre agent des etats-Unis est partie en tant que source de droit ». En outre, « aucun tribunal, aucun juge n’aura le pouvoir d’entendre ou de prendre en considération une demande en assignation d’habeas corpus introduite par un ressortissant étranger (ou en son nom) qui est ou qui a été détenu par les Etats-Unis et qui a été considéré comme étant correctement détenu comme combattant ennemi ou en instance de cette qualification ».

    Non seulement cette loi liberticide, d’essence totalitaire, représente une menace pour n’importe quel citoyen du monde ne bénéficiant pas de la nationalité étasunienne, mais elle octroie une impunité totale aux responsables des traitements cruels, inhumains et dégradants. L’Union européenne et la France en particulier ont maintenu un silence scandaleux au sujet de cette législation. Que se serait-il passé si la Chine, Cuba, l’Iran, la Russie ou le Venezuela avaient adopté une loi similaire ? Qui peut encore parler, en référence aux Etats-Unis, de modèle de démocratie ?

    Lors de l’émission de radio « Contre-expertise » présentée par Xavier de la Porte sur France Culture le 16 août 2007 de 12h45 à 13h30, Robert Ménard, s’exprimant au nom de Reporters ans frontières, a suivi les pas de son mécène et a légitimé l’utilisation de la torture, tenant des propos extrêmement préoccupants. Evoquant l’assassinat du journaliste étasunien Daniel Pearl, il a souligné qu’il était légitime de torturer des suspects pour sauver la vie d’innocents, reprenant l’argumentation des plus effroyables dictatures et bien-sûr de l’administration Bush .

    Ménard va encore plus loin puisqu’il légitime même la torture contre les membres des familles des preneurs d’otages, c’est-à-dire contre des innocents. « Si c’était ma fille que l’on prenait en otage, il n’y aurait aucune limite, je vous le dis, je vous le dis, il n’y aurait aucune limite pour la torture ». Voici un extrait des propos tenus par le secrétaire général de RSF :
    « La police pakistanaise va prendre les familles, vous entendez bien, les familles des preneurs d’otages en otage et va torturer ces familles de preneurs d’otages pour obtenir les renseignements.
    Ils vont obtenir des renseignements. Ils arriveront trop tard pour sauver Daniel. Vous savez comment il a été égorgé et dans quelles conditions….
    Où on arrête ? Est-ce que on accepte cette logique qui consiste à… puisqu’on pourrait le faire dans un certain nombre de cas « vous le prenez en otage, on le prend en otage ; vous les malmenez, on les malmène ; vous torturez, on torture… »
    Qu’est ce qui justifie… Est-ce que pour libérer quelqu’un, on peut aller jusque là ? C’est une vraie question.
    Et ça c’est la vie réelle, c’est ça, ce que dit à l’instant François : on n’est plus dans les idées, c’est plus des combats, c’est plus des principes. Moi je sais plus quoi penser. Parce que ça, ça arrive à Marianne Pearl, je ne dis pas, je ne dirai pas qu’ils ont eu tort de le faire parce que elle, elle a pensé que c’était bien de le faire, qu’il fallait faire ça, qu’il fallait sauver son mari ; elle était enceinte… pour le petit qui allait naître, tout était permis.
    Et il fallait absolument le sauver et s’il fallait s’en prendre à un certain nombre de gens, on s’en prenait à un certain nombre de gens ; s’en prendre physiquement, vous avez compris, en les menaçant et en en torturant, quitte à en tuer un certain nombre.

    Je sais plus, je suis perdu, parce qu’à un moment donné je ne sais plus où il faut arrêter, où il faut mettre le curseur. Qu’est-ce qui est acceptable et qu’est ce qui n’est pas acceptable ? Et en même temps, pour les familles de ceux qui ont été pris en otage, parce que ce sont souvent nos premiers interlocuteurs, à Reporters Sans Frontières ; légitimement, moi, si c’était ma fille que l’on prenait en otage, il n’y aurait aucune limite, je vous le dis, je vous le dis, il n’y aurait aucune limite pour la torture».

    Comment peut-on prétendre défendre les droits de l’homme dès lors que l’on justifie une pratique aussi abominable et inhumaine que la torture ? Que reste-t-il de la crédibilité de Robert Ménard et de Reporters sans frontières – les deux étant tellement liés qu’il est de fait impossible de les dissocier – lorsqu’ils légitiment l’injustifiable ? Le secrétaire général de RSF a montré son vrai visage. Il ne défend pas la liberté de la presse mais les pratiques odieuses de la CIA. Mais est-ce bien surprenant sachant qu’il est financé par la National Endowment for Democracy . qui n’est rien d’autre que l’officine écran de l’agence selon le New York Times ?

    Salim Lamrani
    Enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a notamment publié Washington contre Cuba (Le Temps des Cerises, 2005), Cuba face à l’Empire (Timeli, 2006) et Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Le Temps des Cerises, 2006).
    Réseau Voltaire

Laisser un commentaire

Alliance des Empereurs |
UN JOURNAL |
GlobalWarning |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Convention Collective
| Distribution de flyers dans...
| Palestine – la paix dites-v...