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Débat en cours : Qu’est-ce qu’un Algérien laïc ? 15 septembre, 2007

Posté par benchicou dans : Nos lecteurs analysent l'actualité , trackback

 Le président Bouteflika définit le laïc comme « extrêmiste ». Pourquoi ? Qu’en pensez-vous ? Débat.

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                           Leila Aslaoui : « A Batna, ce n’était pas un laïc qui voulait vous tuer, M. le président ! » 

  Pour justifier l’extrémisme islamiste, Abdelaziz Bouteflika l’a opposé à l’extrémisme laïc ( El Watan et El Khabar 9 septembre). Ce n’est pas nouveau, on se souvient en effet d’un ministre du gouvernement Abdesselam en 1993 qui avait déclaré que “les policiers ne devraient pas être ciblés par le terrorisme puisqu’ils ne sont pas communistes”. Que Abdelaziz Bouteflika l’islamiste oppose ses amis amnistiés, aux laïcs relève de l’injure et de l’offense. Laïc, — et il le sait — signifie tout bonnement séparation du politique et du religieux. Le même Bouteflika pourrait-il citer un seul exemple de laïc algérien qui a usé de moyens extrémistes semblables à ceux des islamistes ? Pourrait-il citer le nom — un seul — d’un laïc égorgeur, violeur, kamikaze, massacreur de populations ? Par contre, je peux lui établir des listes entières de laïcs algériens décapités par ses amis islamistes parce qu’ils étaient républicains. Des républicains qui n’ont pas fui, qui n’étaient pas aux Emirats arabes, et qui ont le droit pour le moins d’être respectés par celui qui leur préfère les extrémistes islamistes. Celui qui devait attenter à sa vie à Batna, n’était pas un laïc, mais un islamiste qui, s’il avait survécu à son horreur, aurait bénéficié de la mansuétude de “son” président au grand cœur islamiste. Ce ne sont pas des opposants à sa discorde nationale qui ont failli attenter à sa vie, mais des extrémistes islamistes, ses amis. Le seul patriote qui n’a pas supporté la provocation d’un ancien émir moisit en prison. Parce que nous avons refusé l’obscurantisme, le totalitarisme et défendu la tolérance, nous ne sommes pas des laïcs extrémistes, mais des républicains nourris des valeurs universelles partagées par tous ceux qui nous ressemblent à travers le monde. Si nous avions entendu ressembler aux monstres et bourreaux, nous aurions fait comme eux et Abdelaziz Bouteflika le sait fort bien. A moins que son “extrémisme laïc” est une énième échappatoire qu’il s’est inventée pour occulter son bilan désastreux. Fini le temps pour lui où il lui suffisait de parler pour que ses courtisans agitent l’encensoir sous ses narines. Fini le temps où il disait : “C’est moi qui décide”, “c’est moi qui dis”, “c’est moi qui fais”. Las des discours sans lendemains, des trois petits coups sur le pupitre ou le micro de Abdelaziz Bouteflika, le peuple n’a pas marché, il ne marche plus et ne marchera plus. Cela, Bouteflika le sait, c’est pourquoi les rumeurs font état d’une révision constitutionnelle adoptée par le Parlement et seulement par lui. Mais troisième mandat, mandat à vie, visites à droite, à gauche, rien absolument n’arrêtera le temps. En politique celui-ci est compté et il faut savoir en faire usage lorsqu’il est encore temps. “A force d’en user et d’en abuser, le pouvoir lui-même peut être confronté à des pénuries”. Dans l’Algérie de Bouteflika, la pomme de terre ne figure plus dans l’assiette de l’Algérien, mais comme point fondamental à l’ordre du jour des Conseils du gouvernement voire, d’un conseil des ministres.


 

Leila Aslaoui

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Abdelkader Dehbi : « Mme Aslaoui vous faites une confusion »

Madame Leila Aslaoui a écrit:
“”Le même Bouteflika pourrait-il citer un seul exemple de laïc algérien qui a usé de moyens extrémistes semblables à ceux des islamistes ? Pourrait-il citer le nom — un seul — d’un laïc égorgeur, violeur, kamikaze, massacreur de populations ?” »
Je ne veux pas polémiquer avec Madame Leila Aslaoui, qui a souffert dans sa chair – parmi des dizaines de milliers d’algériennes et d’algériens – des crimes du terrorisme des années 90. Et je prends la précaution préalable de rappeler un principe moral, universel et intangible: celui du CARACTERE SACRE DE LA VIE HUMAINE, principe auquel adhère toute personne humaine digne de ce nom.
Ceci posé, je ne peux pas accepter cette “vérité toute faite” que les criminels étaient tous du même bord: celui des islamistes. Des massacres de centaines de civils algériens – pour ne pas dire des milliers – ainsi que des exécutions extra-judiciaires et des disparitions se chiffrant également par milliers ont eu lieu dans ce pays, au su de tous les algériens ainsi que de la Communauté internationale. Ces crimes n’ont jamais été élucidés d’une manière formelle. Cette mise au point me paraît nécessaire.

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  Laicité : Lettre ouverte à M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République.

«  » كــل شــيء هــالـــك إلا وجــهـــه، لــه الــحــكــم وإلــيـــه تــرجــعــون«  »99 / 28 »
En ce mois sacré du Ramadhan, – le mois par excellence de la miséricorde divine -, il a paru utile et constructif, au vieil ami que je fus pour vous, de vous adresser cette lettre ouverte, dans l’intérêt exclusif de la patrie. Car, si comme je le crois, je vous connais suffisamment bien pour témoigner en toute objectivité, de votre grande ferveur pour cette patrie, vous m’accorderez en retour, que je partage cette même ferveur, tout comme d’ailleurs n’importe quel citoyen algérien digne de ce nom. C’est donc dans cet esprit, c’est-à-dire au nom de ce patriotisme partagé que je m’adresse à vous, en votre qualité de Président de la République.Les plus « jeunes » parmi l’effectif des moudjahidine vivants, de la Guerre de Libération Nationale, ont atteint aujourd’hui – en cette fin 2007 – un âge minimum de 65 / 70 ans, âge vénérable où, dans nos sociétés musulmanes en particulier, l’on se prépare à comparaître devant son Créateur, portant chacun, le poids de ses propres actes. Terrible rendez-vous s’il en est, définitif et sans lendemain, dont l’unique issue est l’Eternité. Dans la béatitude ou dans l’expiation.
Il y a un Hadith de notre Prophète, – Le salut soit sur Lui -, qui dit en substance que jusqu’aux derniers moments de sa vie, l’homme a la faculté de se racheter in extremis, ou bien de se perdre. Ce que je veux dire par là, c’est ceci: Bien que vous n’ayez pas réussi – et c’est mon opinion toute personnelle -, au bout de plus de huit années d’un pouvoir sans partage, à mettre l’Algérie sur les rails de la démocratie, de la bonne gouvernance et de la justice, il est encore temps pour vous, d’accomplir en quelques semaines, en quelques mois – Dieu vous prêtera vie – des Actes politiques et historiques décisifs, qui pourront avoir une portée considérable pour l’avenir d’un Peuple et d’un pays qui ont tant souffert. Actes qui vous vaudront ici-bas, la reconnaissance des hommes et dans l’Au-delà, votre Salut.
On dit que la politique est l’art du possible. C’est aussi l’art de réparer. De réparer les erreurs, les fautes ou les oublis. Ceux des autres et surtout ceux de soi-même…..Rien n’est plus blâmable que la persévérance dans l’erreur, ainsi que le rappelle le Saint Coran à la fin de la Sourate de la Caverne.

«  »قــل هــل نـنــبــئـكــم بــالأخــســريــن أعـمــالا الــذيــن ضـــل سـعـــيــهــم فــي الـحــيــاة الــدنــيــا وهــم
يـحـسـبـــون أنــهـم يـحـسـنـــون صـنــعـــــا«  » (99 / 18)

Je vous rappelle – bien que vous soyez beaucoup mieux placé que moi pour en connaître – que la Constitution vous donne juridiquement toutes les prérogatives pour accomplir tous Actes légitimes de sauvegarde nationale que vous jugeriez utiles – que ces Actes fussent d’ordre institutionnel ou politique, administratif ou judiciaire, économique ou financier -, pour le Salut du pays.
Ainsi, au lieu de chercher à confectionner un texte constitutionnel de plus, accordant des pouvoirs quasi pharaoniques à votre personne ou à ceux qui vous succèderont inexorablement un jour ou l’autre à la tête de l’Etat, ne pensez-vous pas qu’il est plus urgent et plus juste – près d’un demi siècle après l’Indépendance – de restituer à ce bon Peuple algérien, sa légitime liberté de décider souverainement de son destin, en mettant loyalement en place des Institutions démocratiques authentiques « …qui survivront aux hommes » ainsi que vous et vos compagnons du 19 Juin 1965 en aviez pris l’engagement solennel ? Saisissez donc l’opportunité qui vous est offerte par la Providence – de par votre position de Chef de l’Etat -, pour entrer dans l’Histoire par le grand portail, au lieu de vous laisser piéger dans les sinistres carcans des luttes subalternes des différents clans d’une classe politique sans enracinement dans la société, tant ol est vrai qu’elle constitue une pure création adultérine du système. Une classe politique au demeurant totalement discréditée dans son ensemble, en tant qu’elle a surabondamment donné la preuve – jusqu’aux plus hauts échelons du pouvoir -, de son incompétence, de sa corruption, de son incivisme. Une classe politique dégénérée donc, que votre devoir envers Dieu et envers la Nation vous commande de renouveler par une politique volontariste et audacieuse de changement de génération.
L’Algérie dispose de milliers d’universitaires et de cadres de standard international: médecins, ingénieurs, juristes, économistes ou chercheurs émérites dans les disciplines scientifiques et technologiques, les plus variées. La majorité d’entre eux sont marginalisés et sous payés, quand ils ne sont pas contraints à l’exil et exploités dans de lointains pays, pendant qu’un grand nombre de quasi analphabètes et d’opportunistes de tous horizons battent le haut du pavé dans une société où l’argent et la dépravation, l’ignorance et l’incivisme ont submergé tous les repères traditionnels de la morale, de la culture et du nationalisme. Au point que notre société qui a su résister près d’un siècle et demi durant, aux assauts de l’acculturation, de l’assimilation, voire de l’évangélisation se retrouve aujourd’hui – en l’absence d’une autorité publique forte et moralement crédible -, livrée aux discours dévastateurs de deux intégrismes également adventices dans notre société: d’une part, celui d’un islamisme politique aventuriste ou opportuniste selon le cas, qui a été souvent manipulé et instrumentalisé d’une manière criminelle comme on l’a vu durant la décennie noire; d’autre part, celui du néo collaborationnisme d’une minorité de déracinés pseudo élitistes, au sein de laquelle les uns se sont improvisés publiquement en porte parole des intérêts de l’hégémonisme occidental voire du sionisme, tandis que d’autres ayant revêtu la soutane de prêtres de cette nouvelle religion qui s’intitule tantôt « laïcité », tantôt « modernité », s’autorisent aujourd’hui impunément, à diffamer et à remettre en cause les valeurs fondamentales qui participent de l’identité même de la Nation quand ils ne complotent pas ouvertement, en Algérie ou à l’étranger, contre l’unité-même de cette Nation.

Il n’est que grand temps de réagir Monsieur le Président, en donnant à ce Peuple l’opportunité de réaffirmer avec force et par les urnes, son identité profonde et de l’opposer en tant que de besoin à la face du monde et en tout état de cause, à la face de ses ennemis. Des ennemis souvent stipendiés de l’étranger et constitués en groupuscules de déracinés, qui prétendent aujourd’hui dicter leur loi à tout un Peuple.
Voici à titre purement indicatif, les Actes les plus urgents qui pourraient être envisagés:
 Dissolution de l’Assemblée Populaire Nationale;
 Gel de tous les partis politiques, y compris le FLN;
 Proclamation et installation sous vos auspices, d’un Comité de Salut National composé de dignitaires intègres, civils et militaires de juristes éminents et de technocrates. Le Comité National comprendra une vingtaine de membres tout au plus et la plus large place sera faite en son sein, à la génération qui prendra le relais. Ce Comité, vous le dirigeriez vous-même, assisté par un vice-président qui sera pleinement saisi de toutes les prérogatives de Chef d’Etat, en tant que de besoin; Le Comité de Salut National sera pleinement dépositaire de la Souveraineté nationale. Souveraineté qui sera immédiatement transférée à l’Assemblée Nationale Constituante, dés sa validation. Le Comité de Salut National légiférera par Ordonnances promulguées par vous-même, jusqu’à l’entrée en vigueur de la Nouvelle Constitution.
 Désignation d’un Gouvernement de Salut National formé de technocrates à l’intégrité et à la compétence reconnues, gouvernement chargé de gérer les affaires du pays, en particulier la préparation et l’organisation des élections.
 Elaboration d’un calendrier précis des actions gouvernementales sur une période maximale de deux ans, couronnée par l’organisation des élections nationales pour la mise en place d’une Assemblée Constituante, véritable émanation du Peuple souverain, chargée de doter le pays d’une Constitution authentiquement « démocratique et sociale, dans le respect des principes islamiques », ainsi qu’il a été indiqué dans la Déclaration du 1er Novembre 1954.

Mon souhait immédiat est que vous fassiez tout ce qui est en votre pouvoir, pour éviter à ce pays meurtri, de s’empêtrer davantage sous les fourches caudines d’une oligarchie aux aguets de toutes les opportunités. Une oligarchie sans âme et sans état d’âme, qui n’a plus aujourd’hui pour Dieu qu’elle-même, l’argent et le pouvoir pour le pouvoir.
Quant à mon vœu ultime, c’est celui d’être entendu, ce qui m’exonérera d’avoir à exciper de cette lettre, lorsque nous comparaîtrons tous deux demain, devant Le Juge Suprême !
— Votre vieil ami: Abdelkader DEHBI —  

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                                          wahid Mokhtar : Pas d’amalgame !

M. Dehbi,

Vous avez, quelques fois, de bonnes réflexions mais je vous suggère de vous relire avant de publier vos commentaires, et surtout de bien lire et comprendre ce qu’crivent les autres intervenants sur votre blog et sur celui du MATIN.

Loin de moi l’idée de éfendre M. Bahmane, il est assez grand et fort pour vous apporter la contradiction et l’objection, mais dans son éditorial il ne fait pas d’amalgame entre les musulmans et les laics. Il n’ pas parlé d’ISLAM mais d’Islam politique.

Salutations.

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 Loudmila : « On peut etre laïc et musulman,laïc et athée,laïc et kabyle ou laïc et arabe »

Mr Dehbi,

Un laïc ne peut etre integriste,par definition la laïcité est la neutralité de l’etat à l’egart de toute confession religieuse,c’est la definition même de la tolerance que d’etre neutre face à des “croyances”.Ne pas meler la religion à la politique c’est de l’integrisme pour vous?

J’ai lu votre lettre et pour une fois je ne suis pas du d’accord avec vous.

_en vous lisant j’ai eu l’impression que pour vous une personne laïc est forcement athée ou oeuvrant “contre” les musulmans,dans ce cas je ne pense pas avoir la même definition que vous du mot Laïcité.
On peut etre laïc et musulman,laïc et athée,laïc et kabyle ou laïc et arabe.A partir de là ce qui nous rassemblerait tous ce serait la laïcité,le respect de l’autre dans sa difference.

Un etat Algerien Laïc et democratique nous laisserait nous pencher sur les problème serieux de ce pays au lieu de nous noyer dans les croyances et les religions de tout un chacun.

L’integrisme laïc???

 

Analpha-bete : « Mme Aslaoui, expliquez-moi… »

mme aslaoui , comment expliquez vous la présence cote à cote des personnes responsables de la drs , de l armée et des sous traitants barbus lors de l enterrement de leur regretté si hadj smain qui n a pas manqué d avoir des hommages de si hadj mezrag et de si hadj layada  ? !
cette collision d interets entre la mafia militaro-politico- financiére et ses relais à votre image ,et les barbus ,  il va bien faloir un jour ne pas en faire l impasse .
allez y demander à votre si  khaled nezzar , comment explique t il le phénomène de la reconversion de son garde du corps abderrezak el para en barbouze !
pourquoi vous ne parlez pas des responsables de la sécurité , comme pour les déresponsabiliser .
comment expliquer vous que le chef d orchestre de cette décennie noire , mr mohamed tewfik médiène soit toujours en fonction depuis 17 ans , celui là meme qui était aux commandes lors de l assassinat de mr boudiaf .
mais cela semble un sujet tabou pour vous .
demandez à si tewfik médiene , à si athmane bachir tartag , à si  mhenna djebbar et d autres en tant que responsables de cette décennie , de combien de morts ils sont responsables sur les
200 000 assassinés , eux qui se sont auto amnistiés pour des crimes imprescriptibles .
vos vérités , mme aslaoui , merci .
on a assez entendu ce son de cloche .
ceux qui se sont enrichis par la prédation et le crime pendant la decennie noire , veulent à tout prix maintenir le statu quo
( drs , ses relais et les barbus ) , que nous peuple d algérie , renvoyons dos à dos .
ils partagent en commun l extrémisme , qui est leur fond de commerce .
on n écoute ni l un ni l autre .
nous peuple d algérie , nos valeurs de tolérance ne sont pas les  votre .
qu ils essayent de gagner leur vie par le travail , je dois reconnaitre que ca doit pas etre évident pour eux de faire autre chose que la torture et le crime , la corruption , la prédation ,
le crime économique… ( képis et barbus ).
nous algériens , on veut passer à autre chose , une troisième voie , ou il n y a de place que pour la construction , si vous ne voyez pas d inconvénient !
merci

Commentaires»

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  1. M. Abdelkader Dehbi ;
    Participant au débat sur la laïcité et les « laïcs algériens », vous faites des digressions et conseils politiques mais également des critiques à votre ami, « de (ne pas) chercher à confectionner un texte constitutionnel de plus, accordant des pouvoirs quasi pharaoniques à votre personne… » Mais de saisir « donc l’opportunité qui vous est offerte par la Providence – de par votre position de Chef de l’Etat -, pour entrer dans l’Histoire par le grand portail (sic!)… » « …ne pensez-vous pas qu’il est plus urgent et plus juste – près d’un demi siècle après l’Indépendance – de restituer à ce bon Peuple algérien, sa légitime liberté de décider souverainement de son destin, en mettant loyalement en place des Institutions démocratiques authentiques… » en initiant un coup d’Etat sous la forme d’ »Actes les plus urgents » et l’instauration d’un « Comité de Salut National ».
    Si vos vœux de patriote reflètent vos préoccupations sur la gravité de la crise et semblent sincères, la Providence a toujours laissé le soin aux mortels de régler leurs problèmes par le recours à la sagesse et l’intelligence politique de citoyens libres dans une société de libertés, car il n’y a -fort heureusement- pas de sauveur et d’homme providentiel même si votre souhait est de voir le Président l’incarner.
    Je ne crois pas utile de croiser le fer avec vous sur les laïcs et la laïcité, depuis l’indépendance, les quatre constitutions ont approuvé « l’Islam religion de l’Etat ». Notre Constitution présente une richesse dont bon nombre d’articles sont mis sous le boisseau. Le Chapitre IV traite longuement « des droits et des libertés » dans pas moins de 31 articles, où il est reconnu, entre autres :

    « L’égalité devant la loi sans discrimination pour cause de « naissance, de race, de sexe, d’opinion… »
    Les libertés fondamentales et les droits de l’homme et du citoyen sont garantis (art.32)
    La défense individuelle ou associative des droits fondamentaux de l’homme et des libertés individuelles et collectives est garantie (art.33) et les infractions réprimées.
    La liberté de conscience et la liberté d’opinion sont inviolables (art.36)
    La liberté de création intellectuelle, artistique et scientifique est garantie au citoyen (art.38)
    Libertés d’expression, d’association et de réunion
    Droit de créer des partis politiques est reconnu et garanti mais ne peuvent être fondés « sur une base religieuse, linguistique, raciale, de sexe, corporatiste ou régionale » (art.42).

    « L’athéisme » de ces laïques, une expression récurrente, datant de la naissance du pluralisme, sans nuances, contre toute attente, bon sens et vérité sémantique, sont assimilés à tout autre chose qu’à des militants de la république, de la démocratie et des libertés, des militants d’un Etat de droit séparant « …le politique du religieux et séparant le temporel d’avec le spirituel », selon l’expression de l’ancien Imam de Marseille, Soheïb Bencheikh. On s’en prends à des individus, non aux valeurs laïques et la généralisations suit. Il est excessif et injuste de jeter l’opprobre sur une partie de citoyens qui auraient un projet politique différent ne se situant ni sur le plan de la morale, ni sur le plan de la croyance et des traditions, car en effet la liberté de conscience et la liberté d’opinion, sont inviolables.
    Les idéologues et les hommes d’État ne naissent pas du néant démocratique.
    Lorsque vous évoquez l’adoption « …d’une Constitution authentiquement “démocratique et sociale, dans le respect des principes islamiques”… », tout en omettant le principe de « République », que j’espère involontairement, quels contenus, donnez-vous à chacun des termes.
    Au bilan d’un processus de démocratisation de la société algérienne, au cours duquel émergent naturellement des tendances politiques discordantes ou incompatibles, sinon inconciliables, la rationalité et la sagesse politique ont eu très peu de place, pour asseoir une réflexion féconde sur la notion de l’Etat républicain démocratique et social, sachant que les « normes culturelles ou religieuses » sont produites dans des conditions sociales déterminées. En Algérie, l’on a volontairement cherché à ignorer que ces normes visent à la protection des intérêts des groupes auxquels ils appartiennent mais ces groupes et clans ne sont pas inactifs. L’expérience, le montre, même dans un Etat libéral, la société n’est jamais à l’abri de la dictature du pouvoir anti-démocratique, donc de l’Etat anti-démocratique, de ses maquillages et de ses mystifications, chaque foi que l’on implique injustement Dieu dans la gestion et la conduite des affaires publiques et que l’on protège les gros intérêts rentiers ou autres.

    Que penser de « Mu’awiya, fondateur de la première dynastie a défendu son système de type monarchique, mettant fin au règne des califes, par la mise « …en place un pouvoir séculier qui assurait, disait-il, une meilleure distribution des biens, un fonctionnement des services, etc. » « … un pouvoir séculier, plus soucieux du bien-être matériel et de la quiétude de ses administrés que de réalisation d’actions héroïques ou de contrôle de la vertu des fidèles ». Et de la sorte, il a « triomphé de ‘Ali » ayant « et su mobiliser tous les facteurs de l’action politique… face à un pouvoir profondément religieux ».
    En 1993 le Chef du Gouvernent M. Belaïd Abdesselam déclarait que l’Etat algérien est un Etat islamique. Pour sa part le très honorable professeur Aderrahmane Chibane, héritier des Oulémas qui au temps de la colonisation revendiquaient l’indépendance religieuse au nom de la laïcité et la loi de 1905, soutiendra en novembre 2002 « il y a de la politique dans chaque verset du Coran, car chaque verset exprime une position » (Le quotidien d’Oran N°2393 – dimanche 17/11/02).
    Dans leur entêtement à vouloir imposer une théocratie, les fondamentalistes n’hésitent pas à prêcher le faux en abusant grandement du sens et de l’étymologie du terme laïcité dont ils n’ignorent pas, du reste, les valeurs humanistes. Il ne veulent pas de la séparation de la politique de la religion qui les empêche de tirer leur substrat social à partir du religieux et déposséder la société des instruments et des acquis en leur opposant des instruments d’une autre époque, mais de profiter de l’ignorance populaire pour induire en erreur les croyants comme au temps où ils assimilait le socialisme à communisme et le communisme à l’athéisme. On est loin de la Charte nationale de 1976 où le socialisme n’était pas en contradiction avec l’Islam, ce dernier prônant le socialisme.

    Rabah Kebir, de retour de son exil (les voyages forment la jeunesse) fait une approche de solution à la turque, un modèle dont il était question dans les sphères des « décideurs » et d’une certaine classe politique dans les années 90. Il précise, selon « Liberté » du 30/10/06 (p.4) : « un état laïque avec un gouvernement islamiste modéré qui accepte les règles du jeu démocratique ». C’est un vaste programme, ya si Rabah ! L’islamisme « modéré » a-t-il pour ambition de favoriser la naissance d’un Etat laïque ? La dialectique est là et la mondialisation aussi. L’Occident n’a aucun intérêt à voir les pays arabes et musulmans accéder à la démocratie, aux droits de l’homme, à la laïcité et au développement durable, encore moins que l’Algérie ne devienne un phare ou une puissance régionale.

    La laïcité n’est ni une philosophie, ni un dogme, ni une religion concurrente, que certains, de par le monde, considèrent comme une nécessité des Etat modernes au service des citoyens qui ne se plaque pas ipso facto suivant une formule importée, qui ne s’impose pas comme une vérité absolue mais une organisation qui sépare l’Etat, service public de la communauté, et la religion, chacun à ses citoyens ou mouhminines.
    Saha Ramdanak

  2. kabyliste a ecrit:Dieu _selon Nietzches_ est mort….
    mais vous avez omis de signaler que Nietzche a dit aussi:l’islam ,la religion des grands hommes
    vos écrits ne sont -ils pas manipulateurs de faibles d’esprits ?

  3. Cette Europe laique qui inspire beaucoup de chez nous clame qu´elle repose sur des valeurs judéo-chrétiennes, au nom desquelles par exemple, la Turquie, pays musulman (en vérité plus laic que beaucoup de pays européens) ne devrait pas intégrer la communauté européenne. Les musulmans eu Europe ont peut etre plus de droits que dans leurs pays respectifs, mais ils en ont de fait beaucoup moins que les Eurpéens de souche. Il est prévu que si une constitution eurpéennne serait adoptée qu´il y serait fait référence à la judéo-chrétienneté.

  4. l’algérie sera le deuxième arabie saoudite, si ce n’est l’iran sur le plan social et mentalités… l’arabisation et l’islamisation se généralisent de plus en plus

  5. Rien ne servirait d’appliquer les principes liés à laïcité, notamment la séparation du politique et du religieux, sans qu’une véritable réforme des pratiques et croyances plus ou moins païennes de l’islam d’aujourd’hui ne soit entreprise, de concert entre Musulmans démocrates, à la fois fiers d’être Algériens et Musulmans et Oulama indépendants à l’égard, non seulement des islamistes, mais aussi de nos gouvernants.

    Au demeurant, il serait vain, voire naïf ou hypocrite, de croire à cette séparation, tant que des obscurantistes de tous bords continueront d’influer le peuple Algérien en leur imposant des comportements indûment prescrits par l’Islam, comme l’avait déjà fait le pouvoir colonial en son temps.

    A cet égard, REDHA MALEK a le mérite et le courage de poser ce problème (voir EL WATAN du 26 septembre 2007, sous le titre « Voies discordantes »).

    A quand donc un débat qu’on pourrait intituler : « Islam des ténèbres ou Islam des lumières ? » séparé, bien entendu, du débat en cours, en bons laïcs que nous voudrions êtres ?…

  6. mme aslaoui , vous étiez ministre de la jeunesse et des sports en 1992 .
    pourquoi vous n étiez pas au meeting de mr boudiaf pour les jeunes à annaba , le jour de sa malheureuse éxécution en juin 1992 ? !

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