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Privatisation du CPA : une couverture pour une malversation de 900 millions de dollars ? 19 septembre, 2007

Posté par benchicou dans : Algérie aujourd'hui , trackback

Qui va combler le trou de la

 banque publique ? 

Le dossier de la privatisation, qui est  sur le point de se réaliser, est au moins aussi explosif en termes  de conséquences que celui de Khalifa, nous rappelle bien à propos un lecteur du Matin qui nous détaille chiffres à l’appui le fabuleux pactole que le pouvoir algérien s’apprête à apporter sur un plateau en or au bienheureux repreneur.

  Le premier acte de pillage dans ce dossier consiste à couvrir par une opération de vente à un partenaire étranger de préférence, une colossale malversation, réalisée au préjudice de la banque publique, d’une valeur de 900 millions de dollars volatilités sous forme de crédits jamais remboursés − des créances « irrécouvrables » constituées pour l’essentiel de prêts consentis à des « entrepreneurs » privés  dont certains sont soupçonnés de les avoir fait fuir à l’étranger. La seconde escroquerie, conséquence de la première, qui se profile dans cette affaire, touche au prix de cession. Selon certaines sources proches du dossier le prix de cession du CPA serait de l’ordre de 1,5 milliards de dollars. Un beau cadeau en perspective… qui expliquerait la raison pour laquelle le futur repreneur, très probablement la  banque française BNP Paribas déjà présente en Algérie, via sa filiale Cetelem Algérie, son cheval de Troie, spécialisée dans le crédit à la consommation, accepte de fermer les yeux sur ces créances douteuses et de reprendre à son compte ce trou abyssal.  
   Sachant que la première banque d’Algérie par les dépôts (20 à 25 % de la bancarisation de l’économie nationale) est une fiancée plutôt bien dotée, qui va ramener dans sa corbeille de mariée un réseau de 130 agences, un patrimoine immobilier évalué à quelques milliards de dinars et une enveloppe annuelle de 3,5 milliards de dollars pour la couverture d’importations, le prix avancé (1,5 milliard de dollars) donne à cette cession une allure d’opération de bradage. 

  Il y a quelques semaines, l’opération privatisation de Crédit Populaire d’Algérie franchissait une nouvelle étape : Les offres techniques des six banques étrangères – BNP Paribas (France), Citibank (États-Unis), Crédit Agricole (France), Natexis-Banque Populaire (France), Santander (Espagne) et Société Générale (France) – candidates pré-qualifiées à sa reprise seront examinées début octobre prochain.  A l’issue de cette ouverture des plis, la commission désignera les banques autorisées à subir  l’examen  des offres financières. A la fin de l’année 2007, lorsque les 51 % des parts du capital proposés à la cession trouveront acquéreur et changeront de mains, le CPA deviendra premier établissement bancaire  public algérien à passer sous le contrôle  d’une banque étrangère.   Le six prétendants en lice se disputent donc une  banque publique que le gouvernement a voulu rendre plus attractif en augmentant son capital social de 4 milliards de DA en 2006. 29,3 milliards de DA, un bénéfice net de 7,9 milliards de DA (environ 110 millions de dollars) en 2006 sur un bilan total de 487,86 milliards de DA : la future mariée n’arrivera pas à ses noces les pieds nus !  Pourtant, il y a peu de temps encore, le projet paraissait incertain. A l’époque, les experts affichaient leur scepticisme, tel ce  financier américain, cité par un journal national, qui déclarait que « très peu de soumissionnaires étrangers sont prêts à reprendre les banques publiques algériennes proposées à la privatisation (…) les soumissionnaires ne sont jamais intéressés par des banques dont les créances sont non performantes». Selon lui « c’est au gouvernement de les prendre en charge par le biais du Trésor avant même d’entamer la procédure de privatisation »  Qu’est-ce qui a donc bien pu provoquer ce changement d’attitude des banques étrangère, et susciter un tel empressement des soumissionnaires, des Français en particulier que l’on a vu se livrer à une sorte de guerre et de surenchère ?  La privatisation d’une banque publique prospère dans un contexte national d’opulence financière a de quoi soulever bien de questions ; dans le cas du CPA, la démarche, non seulement, contraste avec celles des autres pays émergent soucieux de garder le contrôle de leur politique et de leur  sécurité financière, mais elle apparaît aussi comme étant une atteinte à l’intérêt national. 

Le Matin 

Commentaires»

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  1. La privatisation est indispensable pour moderniser notre système bancaire. De plus, c’est la meilleure façon de mettre un terme au pillage de nos banques par la maffia politico-financière. Ne pas privatiser, c’est le reproduction garantie de la prédation à grande échelle. Quant à poursuivre ceux qui se sont servis dans les banques publiques, le jour où il y aura une justice indépendante et un gouvernement digne de ce nom, on pourra toujours… mais faut pas rêver, ce n’est pas pour demain. Alors, la privatisation, pourquoi pas ?

  2. Merci au Matin de mettre en évidence les dessous du processus de privatisation du CPA, autant que la presse dite indépendante semble avoir définitivement choisi de mettre une chape de plomb sur ce dossier (pour des raisons à tout le moins suspectes).

    Pourtant la privatisation du CPA est bel et bien appelée à couvrir la fuite des 900 millions de dollars de créances « non productives ou non performantes » (bel euphémisme juridico comptable pour berner tout le monde tout en respectant les formes.

    Mais il n’y a pas que cela puisque la cession du CPA banque publique dont les résultats financiers sont plus que positifs (la question des créances douteuses est à appréhender sur un autre registre) constitue un risque réel sur la sécurité financière du pays.

    L’Etat est-il conscient qu’en se délestant du CPA, il vulnérabilisera sa politique financière et se retouvera à partager le levier stratégique des réserves de change avec une banque étrangère (certainement française) qui bénéficiera d’une enveloppe cash annuelle de 3,5 milliards de dollars pour couvrir des importations facilement orientables sur des entreprises françaises et pour en manipuler les mécannismes à sa guise ?

    Les aspects sécuritaires de cette opération semblent échapper totalement à nos décideurs et aux technocrates en charge de ce dossier, à savoir Fatiha Mentouri et Karim Djoudi respectivement ministre de la réforme financière et ministre des finances.

    La privatisation du CPA paraît obéir à des considérations politico mafieuses ; le gouvernement algérien semble soucieux de donner une sorte de gage aux milieux d’affaires internationaux tout en profitant de cette opportunité pour passer par pertes et profits (pour le trésor algérien) les 900 millions de dollars qui ont fui le pays entre 1997 et 2006.

    Il faut rester mobilisés autour de cette grande arnaque que des trabendistes occultes veulent réaliser via une privatisation menée de façon opaque et masquant une guerre des clans autour d’un pactole qui dépasse en réalité les 900 millions de dollars puisqu’il faut y ajouter la « prime » que le repreneur devra verser à ceux qui lui auront favorisé dans la reprise du CPA.

    Slim Trika, Djamel Redouane et Rym Imsat cadres du secteur bancaire

  3. on achève bien les chevaux… Les scandales ayant émaillé la gouvernance de Bouteflika se suivent et se ressemblent

  4. Slim, Djamel et Rym,

    Merci pour ce point de vue pertinent.

    Mohamed.

  5. La privatisation est le seul moyen d’affranchir nos banques de l’avidité de la maffia.

  6. Somme nous sûres que c’est la solution ? Pour soit disant sauver l’économie de ce pays des différents prédateurs à l’intérieure même du pouvoir, suffit-il de la bradée au multinationales ou au groupes financiers étrangers ? Ne serait-ce pas encore une sorte de diversion, une manière de noyer toutes les magouilles et d’effacer toute trace. Personnellement je ne suis pas du tout un spécialiste dans ce genre d’affaire et c’est un grand bonheur que d’avoir des personnes comme Slim Trika, Djamel Redouane et Rym Imsat cadres du secteur bancaire pour nous éclairer et de la manière la plus juste et la plus saine pour le pays .

    Dire que la solution est dans la privatisation tout azimut, c’est un peu léger comme raisonnement, ça serait comme remplacer les prédateurs d’ici par ceux d’ailleurs : où serait l’intérêt de l’Algerie et des algériens(ne)s?

  7. A Slim,Djamel,Rym…
    Vous ne pouvez rien attendre du syndicat ou d’un parti.
    L’ensemble du personnel doit se battre pour sauver les postes de travail.(un syndicat autonome pour les banques).
    Exiger une part du capital à verser dans un fonds.
    Soyez certain,ils ne vous feront pas de cadeaux.
    Bon courage.

  8. A ceux qui sont pour la privatisation, je rappelle que personne ne dénonce la privatisation. Ici c’est le détournement déguisé,la malversation qui sont dénoncés. Et faut-il rappeler que Khalifa et qu’Union-Banque sont des banques privées. Et c’est du détournement de leur vocation qui a coulé beaucoup d’encre et non de leur statut de privé ou de public.

  9. A Slim,Rym,Djamel…
    Défendez les emplois.(pas de licenciement).
    Exigez un part du capital de la nouvelle entité (probablement une SA) à verser dans un fond commun (c’est une pratique courante).
    Ils veulent le libéralisme, donnez leur du corporatisme, vous ne pouvez rien attendre du syndicat ou des partis.

  10. Les mains étrangères qui « gouvernent » notre pays-martyr ainsi que tous les fonctionnaires qui ont pratiqué, qui pratique le pillage économique qui ont fait, qui font intelligence ou qui ce sont laisser acheter par des puissances étrangères, doivent savoir, et c’est certain, qu’il n’a jamais exister des crimes au droit d’un peuple de tels ampleurs et a une si grande échelle pour qu’il puisse rester impuni

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