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privatisation du CPA : le repreneur va pomper dans nos ressources en devises 23 septembre, 2007

Posté par benchicou dans : Algérie : analyses et polémiques , trackback

 

Je rappelle aux lecteurs du Matin que les banques françaises installées en Algérie (parmi lesquelles Société générale, BNP-paribas, Crédit Agricole, Natexis, toutes soumissionnaires dans le cadre de la privatisation du CPA) ne soutiennent pas l’investissement et n’octroient donc pas de crédits d’investissement. Ces banques préfèrent intervenir dans le créneau juteux et sans risque de l’import -import et des crédits à la consommation.Toutes ces opérations sont couvertes en devises (pour les importations) par les réserves de change algériennes. Cela signifie que la banque française qui reprendra le CPA ne fera pas autre chose que des crédits à la consommation et des crédits documentaires au titre d’opérations d’importations. Cette banque, il faut le savoir, n’accordera pas de financement à l’investissement, et ce, en raison des risques d’insolvabilité des entreprises algériennes.

Déjà, aujourd’hui les filiales des banques françaises implantées en Algérie adoptent des positions extrêmement sévères (cherté excessive des conditions de crédit, exigences draconiennes en matière de garanties…)pour dissuader l’entreprise désireuse d’investir, de solliciter un crédit.

Par conséquent, on se demande à quoi servira la privatisation du CPA si elle doit seulement permettre au repreneur (une banque française) de réaliser des super bénéfices en un temps record sur nos propres ressources en devises, de transférer en devises ses dividendes, de soutenir surtout les entreprises françaises exportatrices, et de cogérer, indirectement avec notre banque centrale, une partie des réserves de change (l’enveloppe cash annuelle destinée aux importations).

Bilal nejm

Commentaires»

  1. Merci à Bilal de maintenir cette veille autour du dossier CPA.
    Je ne comprends pas que la presse nationale fasse l’omerta sur ce processus qui va contribuer à saigner les devises de l’Algérie.
    Les banques que vous citez ont déjà des filiales en Algérie; Société générale a déjà un réseau de 45 agences, elles vise de faire passer ce chiffre à 90 ou 100 en 2008.
    Idem pour les autres banques françaises qui ambitionnent de développer leur réseau.
    Pourquoi alors leur offrir en prime l’une des plus grandes banques publiques algériennes qui plus est a réalisé 7,5 milliards de dinars de bénéfices en 2006 ?
    Il y a un risque sur la sécurité financière du pays comme l’a bien rappelé Le Matin dans l’article consacré au trou du CPA(900 millions de dollars).
    Quelle lecture politique devrait-on faire de cette razzia française sur la scène financière algérienne ?
    Radia M

  2. Oui, bien sûr qu’il y a une lecture politique derrière la privatisation du CPA. Et cette lecture politique n’est pas réductible au seul désengagement de l’Etat de la sphère économique; elle engloble des enjeux géostratégiques considérables.

    Privatiser le CPA, c’est confier le pilotage total de cette institution à une seule banque puisque le repreneur sera majoritaire; c’est aussi permettre au repreneur de disposer annuellement d’une enveloppe cash de plus de 3 milliards de dollars, (ce montant sera revu à la hausse chaque année); c’est également permettre au repreneur d’être partie prenante, directement ou indirectement, à la définition, en tout cas à la mise en oeuvre de nos politiques macro financières; c’est enfin donner la possibilité à la banque française d’être un interface pour le gouvernement français qui disposera ainsi d’une officine qui aura pignon sur rue et tous les renseignements qu’elle voudra sur notre gouvernance, notre management, notre banque centrale et tutti quanti…
    Moncef LArbi

  3. Ce que dit Larbi est capital; nos services de renseignement s’intéressent-ils à cet aspect des choses qui touche quand même à la sécurité financière du pays ?
    On croit que tout est économique; en apparence oui, mais au fond, c’est toujours au-delà de l’économique que les stratégies se déploient, en tout cas celles des étrangers.
    Hazzem

  4. En cas de retournement durable du marché pétrolier, nos revenus se réduiront de façon drastique; on verra alors comment se comportera le repreneur du CPA.

    Je suis convaincue que le repreneur se délestera de la banque car la conjoncture ne l’arrangera plus, autrement dit, il aura aspiré le maximum de devises puis il dira au revoir via des astuces que tous les bons juristes d’affaires connaissent parfaitement.
    Lynda Mounir

  5. Le DRS devrait s’intéresser de trés prés au dossier CPA, car, aprés tout, cette institution (le DRS) est aussi chargée, entre autres missions, de préserver le pays contre toutes opérations véhiculant un risque potentiel sur les divers aspects internes et externes de la sécurité.
    Je vise ici le volet technique d’un dossier (celui du CPA) dont on ne devrait pas sous-estimer la dimension « renseignement et sécurité » ni celle de ses effets collatéraux sur certains axes de la relation algéro française.
    Yazid mesmem

  6. Croyez-vous que notre pays dispose des compétences aptes à traiter comme il se doit la face cachée du dossier CPA ?
    Je pense que le régime a décidé de privatiser le CPA pour des raisons politiques, mais des raisons sujettes à caution.
    Medelci, ancien ministre des finances, a toujours déclaré que cette privatisation ne reposait sur aucune motivation financière et que le gouvernement ne la ferait pas pour des considérations financières.
    Benachenhou, pour sa part, a indiqué, en 2006, alors qu’il était conseiller à la Présidence :  » si la privatisation du CPA ne nous rapporte rien, nous l’abandonnerons purement et simplement  »
    Qu’est-ce à dire ?
    Manifestement, la contradiction entre les deux ex argentiers du pays est trés nette; le premier exclut le critère financier, le second en fait une condition sine qua non à la privatisation !
    Dans cette cacophonie à un niveau superstructurel important, où sont les intérêts de l’Algérie ?
    Hassen mestriou

  7. les banque ou sociétes françaises sont là uniquement pour leur enrichissement.faire du bissness oui mais brader nos sociétes nationales non mais notre état voyous et mafieux ne voit que sous l’angle de ses intérêts.Nous même il est capable de nous vendre.Il faut créer une solidarité entre patriotes pour sauver ce qui est encore possible.

  8. Je constate que tous les partis politiques(à l’exception du PT) occultent dans leurs interventions, réunions, rencontres, etc, le dossier du CPA.
    Je suis convaincu que c’est l’incompétence technique qui fait croire presque à tout le monde que la privatisation est une bonne chose.
    C’est vrai que pour connaître les dessous du dossier CPA,il faut être au courant des mécanismes techniques.Il faut aussi certainement de l’intelligence pour argumenter et convaincre.
    Les cadres auteurs des commentaires techniques sur le CPA savent de quoi ils parlent. j’en suis sûr !
    Soltane

  9. cette histoire du CPA dont j’ai pris connaissance ici dans ce site m’a poussé à refléchir sur la question suivante :
    « les banques publiques telle qu’elles fonctionne actuellement est un danger pour la souverneté nationale » avait un jour Mr Abdellatif benachenhou et je me rends compte quelque années plus tard que les paroles de cet ancien « socialiste » ont un sens juste et il fallait du courage pour le dire mais beaucoup d’intelligence pour le comprendre .

    que font les banques publiques là?

    c’est des établissements financier entre les mains des gens qui ont mal acquis leur argent , ils divisent les lignes de crédits , certains disent que la distribution se fait au niveau des conseils des ministres à l’occasion des signatures des convention de pret entre état .

    l’homme au pouvoir apelle son « prête » nom et lui demande d’aller vers une telle agence faire des opération surtout celle liées aux commerce exterieur .
    la ratification des lignes de crédit se font generalement en haut niveau des banques (ceux là sont au courant) .

    le compte est ouvert avec complaisance et une fois l’opération réalisée sans aucune déonthologie bancaire et up la créance devient « irrecouvrables » .

    en fin d’excercice , la créance est provisonnée à 100 % conformément au regles prudentielles de gestion .

    ET LES MILLIARDS PARTENT COMME çA .

    Dommage Benachenhou , on t’as pas compris ………………

  10. Il faut accorder beaucoup de respect aux cadres honnêtes qui dénoncent la gabegie, la corruption et toutes la malformations du système bancaire. Il faut leur tirer chapeau bien bas parce qu’il s’agit d’une espèce en voie de disparition, au pays de la Reine Chippa !

    De manière générale, nos banques devraient être à tout le moins le catalyseur et, au mieux, le « booster » de l’économie nationale
    Mais, en réalité, il n’en est rien. Un exemple, pour illustrer cette affirmation. Un entrepreneur demande un crédit pour lancer, à Bordj Menael, une usine de conditionnement du poulet en barquette. Le dossier passe par tous les passages obligés : CPA Bordj Menæl, CPA Tizi Ouzou, contrôle du risque en visitant les biens de l’intéressé. Tous les avis sont favorables. Atterrissage au CPA central : le préposé au dossier réétudie le tout et émet, à son tour, un avis favorable. Reste le dernier obstacle, le directeur central du crédit.
    Toute la chaîne des études et avis ayant été franchie avec succès, notre entrepreneur devrait enfin, obtenir son crédit. Eh bien non ! C’est mal connaître nos décideurs; ils se font désirer et cela fait plus de dix mois que le pauvre entrepreneur attend son crédit et que le tout puissant directeur central du crédit, prend son temps, étudie, réfléchit et se tâte. Et pendant ce temps les prix grimpent et le profil financier du projet se modifie à la hausse.
    Les banquiers plus que tous autres opérateurs économiques devraient être plus que sensibles au dicton « le temps c’est de l’argent » « time is money », my dear, aurait dit un gentleman de la City.
    Ce sont là les causes des « très hautes performances » de notre économie, et du fait que les porteurs de projets ne se bousculent plus au portillon d’invétérés chippistes, et cherchent leur bonheur ailleurs que dans le socialisme de la mamelle qui continue à sévir, sous le règne maléfique de la Reine Chippa !.

    Note à tous nos lecteurs :
    Votre journal interdit le Matin déménage !
    Merci d’adresser vos commentaires à sa nouvelle adresse :
    http://www.lematindz.net

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