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Forum Le Matin : Ferhat Mehenni répond à vos questions 17 septembre, 2007

Posté par benchicou dans : Algérie : analyses et polémiques , 32 commentaires

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Forum Le Matin : Ferhat Mehenni répond à vos questions

« Pourquoi je veux l’autonomie de la Kabylie » 

(1ère partie - La seconde partie du forum reprendra à 21 heures) 

Ouiza :|  Bonjour. Au lieu de vivre dans l’utopie, ne vaut il pas mieux se rassembler pour sauver notre patrie car elle est en danger ? Actuellement, et je dirais même comme d’habitude, l’opposition, si opposition il y a, ne brille que par son absence. Aux prochaines élections, elle nous ressortira le couplet “élections corrompues donc nous nous retirons”. Vous qui faites partie de l’opposition ne pensez vous pas qu’un parti unique d’opposition serait plus à même de rassembler le plus de monde dans la mesure bien sur que les dirigeants font abstraction de leurs intérêts ?

Ferhat : Je pense que, dans la situation qui est celle de la classe politique algérienne d’aujourd’hui, c’est plutôt le fait de vouloir un parti unique d’opposition qui est du domaine de l’utopie. N’oublions pas que la démocratie est pluralité d’opinions, de projets et d’organisations. Les processus de maturation à travers lesquels elle arrive à faire converger les idées, les hommes et les structures sont longs et laborieux. Pour le moment, nous sommes très loin de cette éventualité. Entre temps, le danger menace la Kabylie et la démocratie, probablement parce qu’elles sont intimement liées. J’ai bien peur que nous soyons dans la phase où beaucoup d’Algériennes et d’Algériens nous fustigent pour la simple raison qu’ils confondent le régime et la patrie. Nous aimons l’Algérie mais pas son régime. La priorité pour le moment est de sauver la Kabylie. Le jour où nous y parviendrons nous pourrons peut-être mieux contribuer à redonner sens au combat algérien.

Hadid : D’abord je dois dire que je soutiens le projet d’autonomie de la Kabylie !  Ma question : quelle est la raison politique de votre démission du RCD ? Ça peut toujours nous aider a comprendre mieux cette mouvance démocratique !

Ferhat : Merci pour votre soutien. Mon départ du RCD est motivé par des considérations politiques. Je ne me retrouvais plus dans la ligne du parti. Je sais que certains me reprochent de ne pas cultiver la fidélité au sigle, j’aime mieux cultiver la fidélité aux principes et particulièrement à ceux de probité et de rectitude morale.

Louiza : Bonjour messieurs Mehenni et Benchicou. Seriez-vous prêt à entamer des discussions avec le RCD et le FFS afin de former une alliance qui donnerait de la force à notre revendication pour l’Autonomie ??  Il me semble que cette dernière est indispensable,
Merci pour votre réponse. Vous avez tous deux tout mon respect et toute mon admiration.
Vive la Kabylie libre et autonome !!!

Ferhat : Le MAK est un mouvement kabyle qui en a conscience et qui le revendique. Le FFS et le RCD sont des partis à ancrage certes kabyle mais qui revendiquent une dimension nationale. Il serait préférable de leur poser la question à eux de savoir si le fait de s’asseoir à la même table que nous ne les incommoderait pas. Pour réaliser l’autonomie de la Kabylie, le MAK est tenu de discuter dans la région avec tous les acteurs politiques, économiques, sociaux et culturels qui le souhaitent.

  Zahir : Bonsoir, monsieur Ferhat Mehenni : N’est il pas mieux “d’adhérer à une mouvance ou un parti politique qui dans son projet milite pour le projet de régionalisation ou tout simplement de fédéralisme comme quelque leaders politique l’ont fait entendre dans leurs discours, cela a fin d’eviter que seule une région, en l’occurrence la Kabylie,  soit une encore une fois la seule à devoir payer le prix de cette revendication… Autrement dit faire associer d’autres acteurs ou même d’autres partis autour de ce projet et d’essayer de sensibiliser tous les Algériens autour de cette cause?
Merci….

Ferhat : Le MAK n’est pas un obstacle à une « mouvance démocratique » qui militerait pour la « régionalisation » ou le « fédéralisme ». Au contraire, il la favorise en étant pour elle un argument de poids pour entraîner plus d’Algériens derrière elle ou pour obtenir satisfaction de sa revendication auprès des « décideurs ». Il est donc utile que le MAK en ait une existence parallèle. Il serait même souhaitable pour elle que, dans notre sillage, d’autres mouvements autonomistes voient le jour dans toutes les régions du pays.

Quant au fait de brandir le danger que la Kabylie soit « encore une fois, la seule région à devoir payer le prix de cette revendication » me parait ne pas tenir compte ni de l’état d’isolement dans lequel elle se trouve depuis 80 ans, ni de ses aspirations identitaires et religieuses qui sont, dans certains cas, à l’opposé de celles de l’écrasante majorité des autres Algériens. Que ce soit en 1963 lors de l’insurrection du FFS, au Printemps berbère  de 1980 avec le MCB ou, enfin, au Printemps Noir de 2001 avec le mouvement des Archs, la Kabylie n’a pu ni entraîner derrière elle d’autres régions ou d’autres Algériens, ni bénéficier d’une solidarité à même de l’alléger d’une partie de la facture que l’Histoire lui a présentée. Croyez-moi, ni Ferhat Mehenni ni le MAK ne s’opposent à ce que cette « mouvance démocratique », qui est pour le moment difficilement visible, aille coopter ou faire « associer » d’autres acteurs et d’autres régions à son projet et à sa démarche. Il suffirait de nous prouver son enracinement en dehors de la Kabylie pour que nous soyons prêts à prendre langue avec elle. Si, par contre, cette « mouvance », une fois de plus, n’est animée que par des Kabyles qui se cachent derrière leur petit doigt et qui pensent qu’ils vont ruser avec les Algériens devant lesquels ils se feraient pour un mouvement « national », ils se trompent lourdement. 44 ans d’existence du FFS et bientôt 20 ans du RCD ne leur auront pas suffi à en tirer toutes les conséquences.

Belaitouche Lounis : Azul à l’Ancien. Pour la question la voici: Cher Ferhat comment comptes tu t’y prendre avec tes potes et tous les adeptes par rapport à ce cher projets avec toute cette nuée de “kabyles de service”? Aussi n’a-t-on pas dit chez nous Thikhsi its yanghan dhi dhamnis? Thanmirth à l’ancien

Ferhat : Le MAK ne désespère d’aucun Kabyle et n’insultera ni l’avenir ni personne. Il reste néanmoins vigilant quant à la duplicité des individus. Il n’est pas exclu que parmi ceux que vous appelez les « Kabyles de service » il y en ait d’authentiques autonomistes.

Djamel Istrouf : Monsieur Ferhat Mehenni, permettez-moi de vous poser 4 petites questions:
1- Pensez-vous qu’une Kabylie autonome soit un projet crédible sur le plan économique ?
2- Quelles sont les grandes lignes de votre programme sur ce volet ?
3- Votre projet n’est-il pas porteur d’un risque réel de guerre civile ?
4- Dans l’hypothèse où votre projet aboutirait, songeriez-vous à demander l’adhésion de la Kabylie à l’Union européenne ?

Ferhat : 1) Le MAK ne demande pas l’indépendance de la Kabylie mais son autonomie régionale qui lui permettra demain de prendre en main son développement économique alors que jusqu’ici celui-ci dépend du pouvoir dont la volonté est, plutôt, de le saboter. Une autonomie régionale suppose la mise sur pied d’un Etat régional kabyle qui sera le meilleur avocat pour défendre les intérêts économiques de la Kabylie auprès du pouvoir central algérien.

2) Le MAK n’est pas un parti politique pour présenter un programme économique. Ce sera la tâche des formations politiques qui ambitionneront de gouverner la Kabylie autonome, une fois celle-ci advenue.

3) Ce n’est pas notre projet qui est porteur de risque de guerre civile mais l’absence de perspective qui satisfasse les revendications politiques et culturelles kabyles. Le Printemps Noir a démontré la faillite de toutes les démarches éprouvées jusqu’ici autant par le pouvoir algérien que son opposition dans la région.

  1. Demander l’adhésion de la Kabylie autonome à l’UE n’est pas au programme ou alors, vous et nous ne donnons pas le même sens au concept d’autonomie régionale.

Batni Trolard : M.Mehenni, pensez-vous inscrire votre démarche dans un processus d’extension (en termes d’influence et de source d’inspiration) aux autres régions d’Algérie ou bien la limiterez-vous à la seule région de Kabylie ? L’idée d’autonomie suggère t-elle pour vous l’indépendance totale, à terme, de la Kabylie ou bien restera t-elle intimement liée à l’Algérie, au plan géostratégique ?

Ferhat :Le MAK limite sa revendication à la Kabylie. Il souhaiterait voir d’autres régions du pays revendiquer leur autonomie et donner naissance chacune à sa propre organisation autonomiste. Nous n’avons pas pour vocation de porter le combat de toutes les régions, quand bien même nous le voudrions que nous ne le pourrions pas. Il ne serait pas légitime de notre part de confisquer aux autres régions leurs rêves et leurs espoirs qui ne sont pas identiques aux nôtres. Par ailleurs, aujourd’hui la Kabylie a davantage besoin du soutien des autres régions qu’elle ne peut leur en apporter. Et puisque votre pseudonyme est Batni, (originaire de Batna) je suppose que vous êtes déjà au courant de la création en France du MAC (Mouvement pour l’Autonomie Chaouie) qui est venu nous soutenir lors de notre rassemblement sur la Place de la Bastille à Paris, le 28 avril 2007, et que je salue.

Brahami : Monsieur Ferhat M’Henni j’ai beaucoup d’admiration pour vous et ceci depuis toujours. J’ai une petite question à vous poser. Vous n’êtes sans doute pas loin de la soixantaine. Sincèrement, est-ce que vous pensez que l’autonomie que vous revendiquez se fera de votre vivant ? J’avoue que c’est une question qui me taraude l’esprit. Je vous souhaite longue vie et beaucoup de courage.

Ferhat : J’ai 56 ans. J’ai vécu la guerre d’indépendance (1954-1962), puis celle menée sous la bannière du FFS en Kabylie de 1963 à 1965 ; j’ai été arrêté 12 fois entre 1976 et 1985, torturé au commissariat central le 17 avril 1980, traduit devant la Cour de Sûreté de l’Etat en décembre 1985 avec la peine de mort comme possible condamnation ; j’ai été pris en otage dans l’airbus d’Air France (24-26 décembre 1994), j’ai échappé à plusieurs traquenards visant à m’assassiner depuis 1992 dont le dernier en date remonte à fin février 2002 à Azazga. Vous voyez, toute ma vie, j’ai tutoyé ma mort et je n’ai jamais pensé avoir la chance de vivre autant. Tandis que mon père, maquisard de la guerre d’indépendance, lui, est tombé les armes à la main à l’âge de 37 ans, en 1961, en Kabylie. Dans une certaine mesure, la jeunesse n’a jamais garanti à qui que ce soit de récolter, de son vivant, les fruits de ce qu’il a semé. Regardez le cas de mon fils Ameziane, promis à un bel avenir et assassiné à l’âge de 30 ans, alors que j’étais sûr que, lui, il verrait se lever le jour de l’autonomie de la Kabylie. Quand on se bat pour une cause, on ne regarde pas aux sacrifices qu’on y consent. Un militant est celui qui cumule conviction et générosité. Il est don de soi. J’essaie en toute modestie d’en être un.

Abdelhadi Nouicer : vous étiez parmi les passagers de l’avion détourné par le GIA en décembre 1994 et vous avez été épargné. Pourquoi ? On dit que derrière cet événement il y avait les services de sécurité algérienne et française et les victimes ont été soigneusement choisies. Merci

Ferhat : J’espère que vos propos dépassent votre pensée. Devrais-je comprendre à travers votre question que vous me prêteriez des complicités soit avec les terroristes, soit avec la sécurité algérienne ou française ? C’est pour moi une preuve que vous ne me connaissez pas assez.

Mais pour vous donner un avant goût de ce que j’ai vécu dans cet avion, j’ai failli être tué le 25 vers 11H 30, mais mon argument, selon lequel s’ils le faisaient c’était un service qu’ils rendaient d’abord aux Généraux, les en aurait dissuadés sur le moment. C’était un simple sursis puisqu’ils avaient décidé de me liquider une fois que nous serions à Marseille. Ils avaient dit à une passagère  qu’ils allaient m’exploser la cervelle !  C’est l’intervention du GIGN à l’aéroport de Marignane qui m’en avait sauvé.

Une commission d’enquête algérienne était diligentée pour faire la lumière sur cette affaire mais elle n’a jamais voulu de mon témoignage malgré mon désir d’être entendu exprimé dans une interview accordée à Djamel Bennabi et parue dans El-Watan, moins d’un mois après ce tragique événement.

Pour que cet épisode ne me hante plus, j’ai décidé de le raconter par écrit. Je ne peux pour autant vous dire ni quand ni par qui il sera publié.

R. Ferhat : salut frère Ferhat . Je te salue pour ton combat sans répit depuis que j’étais âgé de 19 ans , j’ai appris à travers tes textes beaucoup de choses. Passons au Mak : N’y a t il pas risque de “étrangler” toute la revendication berbère qui a mûri dans toute tamezgha (Algérie-Lybie-Maroc-iles canaries) dans la seule région berbérophone d’un seul pays qui est la Kabylie ? Nne seriez pas entrain de donner une très bon argument au pouvoir mafieux pour vous montrer du doigt et cette fois il pourra  faire dans la récupération à l’aise ? La notion du peuple kabyle que vous développer dans votre littérature, la trouviez vous acceptable ? les citoyens kabyles ne feront ils plus partie du “peuple algérien” où “du peuple de tamazgha”? Vous avez parler au début de l’émergence de l’idée de l’autonomie en 2001 et vous avez affirmé que “l’autonomie est une contrainte”, pour lever cette contrainte n’y a t il pas une autre voie à l’exemple du fédéralisme (revoir le système administratif) . Je vous remercie .

Ferhat : La revendication berbère n’était en fait qu’une phase de notre long combat. Avec les résultats arrachés de haute lutte en la matière, (HCA en Algérie, IRCAM au Maroc) nous nous sommes rendus compte, entre autres, de deux choses : 1) Tant qu’une langue n’a pas un Etat (ne serait-ce que régional) à son service, elle subit celui de ses adversaires. 2) La langue berbère est plurielle, autrement dit, elle a donné naissance à plusieurs langues distinctes. Ainsi, le kabyle, le tamacheq, le chaoui, le rifain, le chleuh ou le tamazight du Moyen Atlas, et il y en a tant d’autres encore, sont à la langue amazighe ce que le français, l’italien, le portugais, l’espagnol, le catalan, l’occitan ou le corse sont au latin : ses filles. Par conséquent, nous accédons à un nouveau palier qualitatif de notre combat pour l’affirmation par chacun de nos peuples de son droit à l’existence et à un Etat à souveraineté limitée qui lui soit propre. Toute autre démarche me parait irréaliste. C’est la maturité du combat amazigh qui nous a amenés à la revendication autonomiste. Nous sommes dans son prolongement naturel et non dans sa négation ou son reniement.

Quant à la crainte de récupération de notre revendication actuelle par le pouvoir, nous n’y croyons pas trop. Par contre, le combat amazigh est, lui, définitivement récupéré puisque l’amazighité et la langue amazighe nous sont confisquées par le pouvoir qui a mis sur pied des institutions qui lui appartiennent et à travers lesquelles il les assimile à de simples variantes de la langue et de la culture arabes. Pour vous en convaincre, prenez le cas de l’opération « Alger 2007, capitale arabe de la culture » dont le lancement a été fait le jour de l’an berbère.

Vous me posez la question de savoir s’il y a vraiment un peuple kabyle et si les Kabyles ne feraient donc plus partie du peuple algérien ou du peuple amazigh. La réponse est claire : Oui ! Les Kabyles sont un peuple. Tout le monde le sait à l’exception des…Kabyles eux-mêmes. Leur reconnaître le statut de peuple ne les détache nullement du reste des Algériens ou des Amazighs. Un peuple est une communauté humaine ayant une langue, un territoire, une histoire, une culture et un rêve communs, distincts de ceux de leur environnement immédiat. On peut ne pas l’admettre et se lancer dans des démonstrations auxquelles l’espace de ce forum ne suffira pas, mais cela ne changera rien pour autant à la réalité de notre existence. Je vous invite à ce propos à lire mon livre : « Algérie : la question kabyle ». Pour moi, chaque langue vivante a au moins un peuple sur terre qui la parle. S’il y a une langue kabyle c’est forcément parce qu’il y a un peuple kabyle qui lui donne vie en la parlant. Le peuple kabyle est de citoyenneté algérienne. Il n’y a pas qu’un seul peuple algérien mais plusieurs. Nos différences sont des richesses et non des dangers. C’est leur respect qui fera la cohésion du pays et non leur négation ou leur répression.

Enfin, en effet, nous le disons encore une fois, l’option pour l’autonomie de la Kabylie est, pour nous, davantage une contrainte qu’un choix, en ce sens que nous n’y sommes venus que contraints et forcés. Tant que nous avions de la marge, le choix entre plusieurs voies (progressiste, anti-colonialiste, nationalistes, badissistes, socialistes…) nous avions préféré ne pas regarder dans la direction de l’autonomie régionale. C’est le drame du printemps noir qui nous a ouvert les yeux et qui nous a forcés à opter pour cette solution, ne serait-ce que par rapport à la sécurité de nos enfants.

Croyez-moi, nous ne le faisons pas de gaieté de cœur. Ne pensez surtout pas que, pour nous, la vie serait un podium de bodybuilding où le Kabyle joue à montrer ses triceps. Non ! C’est une lutte sans merci qu’il mène pour sa survie. Une fois cette celle-ci assurée, nous aurons le temps et les moyens d’aider non seulement les Algériens et les Amazighs, mais tous les peuples opprimés du monde.

Enfin, pourquoi toutes celles et tous ceux qui ne partagent pas nos choix et qui estiment qu’il y a lieu d’aller dans une autre direction que la nôtre, ne décident-ils pas de se mettre en mouvement pour la réalisation de leurs idées au lieu d’essayer de nous persuader de renoncer aux nôtres?

Zayen et Kaci Akli

zayen  : je suis un autonomiste convaincu. ma question est la suivante : après que le tenue du congres du MAK, quelle seront les prochaines actions, et quels sont les moyens a utiliser ? et quand se tiendra le fameux referendum?

Kaci Akli : Je voulais demander à M. Ferhat…de nous montrer quelles sont à présent les étapes à suivre pour commencer à façonner notre autonomie.
En quelque sorte le mode d’emploi, le pouvoir va bientôt s’effondrer, Boutef, va bientôt passer l’arme à gauche, que devra faire la Kabylie.
Nous devons absolument dire aux algériens que l’autonomie n’est pas une si vilaine chose…regardons le Canada, (abstraction faite de ses richesses), il y a des provinces qui n’ont rien, mais qui vivent en parfaite harmonie.
Je sais d’ailleurs que vous connaissez Monsieur Duceppe, qui peut vous en dire long sur cette question. Merci et au revoir.

Ferhat : Les étapes à suivre sont très simples et obéissent à des règles dont celle de ne pas limiter sa projection à une conjoncture. La stratégie consiste à établir son programme en fonction de ses objectifs et de s’y tenir quelles que soient les conjonctures. Ces dernières créent souvent des leurres qui peuvent induire en erreur et ainsi causer des préjudices à l’objectif que l’on se fixe. Aussi, lorsque vous dites que le régime va s’effondrer, je préfère rester sceptique. L’alliance du pouvoir avec l’islamisme lui assure pour le moment une longévité insoupçonnée. Par ailleurs, il a une incroyable capacité d’adaptation et d’anticipation qui lui permet de maintenir la tête hors de l’eau. On l’a vu lors du passage du parti unique au multipartisme en 1988-89. Cet opportunisme qui lui a permis, hier, d’être « démocrate » sans les démocrates lui permet, aujourd’hui, de se mouler chaque jour un peu plus dans l’idéologie intégriste pour que l’Etat algérien devienne islamiste sans les islamistes. La personne à sa tête, ne compte pas réellement et les présidentielles pour importantes qu’elles soient ne doivent pas influer sur nos choix stratégiques.

La première étape est le renforcement de la conscience nationale kabyle. Une fois cela acquis, ce sont les urnes qui détermineront l’option autonomiste soit par voie référendaire ou électorale. Ceci passe par un usage plus renforcé du kabyle comme langue de communication et la préservation de notre patrimoine culturel et civilisationnel ancestral. Les élites kabyles dont les intellectuels, les artistes et la gente féminine, ont le devoir de produire les idées et les concepts nécessaires pour populariser cet objectif. Le développement économique est aussi à encourager par tous les moyens sains.

J’ai rencontré M. Duceppe à deux reprises, en décembre 2003 et en octobre 2006. C’est à la fois un homme d’écoute et de conseil, un grand leader québécois. J’ai respect et admiration pour lui.

Yuba : À chaque fois qu’il est question d’accorder un minimum d’autonomie aux régions, le pouvoir en Algérie crie au complot. Y a t-il, selon vous, au sein de ce même pouvoir des forces ou des clans plus hostiles à cette idée d’autonomie et qu’on peut identifier de manière précise ?

Ferhat : Le pouvoir n’est hanté que par un seul souci : sa survie. L’autonomie de la Kabylie est vécue par lui comme le début de sa fin. Quant au complot, il en voit un derrière toute initiative qui n’est pas la sienne. Pour le moment, il y a unanimité en son sein pour s’opposer aux revendications du MAK

Benhadid Abdelhak: Monsieur Ferhat Mehenni étonne par sa revendication d’autonomie, libre à lui de rêver. Ce qui me parait inconvenable, c’est cette esprit égoïste et régionaliste, qui veut faire d’un problème national une question personnelle pour accaparer les voies des gens de plus en plus mécontents de la situation économique et sociale. L’histoire de l’Algérie ne sera pas falsifiée parce que des individus X qui ont décidé un jour de confisquer le pouvoir par des méthodes antidémocratiques. MR MEHENNI on n’abandonne pas l’équipage parce que le bateau Algérie est avarié. En plus l’autonomie ne peut être revendiquée que lorsque une majorité de citoyen la réclame, à mes connaissance tous les citoyens aspirent à une meilleure gouvernance et une espace de vie plus démocratique.

Ferhat : Ou vous ne me connaissez pas ou vous me faites là un mauvais procès. Si je voulais m’accaparer les voix des électeurs mécontents du régime, je me serais présenté aux élections législatives. Mieux ! il y a longtemps que j’aurais déjà rejoint le pouvoir.

La Kabylie pose une question nationale qui a besoin d’une solution politique à la hauteur des défis qu’elle soulève. Continuer de l’occulter ne fera qu’encourager des solutions de violence préjudiciables à tous. L’égoïsme est dans le déni identitaire kabyle et non dans son antidote, l’autonomie régionale. Se battre pour celle-ci n’est nullement une manière d’abandonner l’équipage du bateau Algérie, bien au contraire. C’est, pour nous, une manière de travailler à la réparation de ses avaries. Mais il n’y a pas qu’un problème politique à la base de celui que pose la Kabylie, il y a également un problème de société, de relations tendues entre identités différentes, que seule l’autonomie régionale pourra résoudre.

Enfin, il ne me semble pas qu’en démocratie il faille attendre qu’une proposition politique soit d’abord majoritaire dans la société pour avoir le droit de la revendiquer. Nos parents n’avaient pas attendu qu’une majorité d’Algériens exprime son aspiration à l’indépendance pour en proposer la solution. Avaient-ils tort ?


Meziane : Monsieur Ferhat Mhenni, vous étiez invité de Ghislain Allon sur TFJ (Télévision Française Juive) il y a de cela trois années. Vous avez dit que vous étiez personnellement favorable à accueillir une ambassade d’Israël en Kabylie, et que « La Kabylie le souhaite » aussi. J’ai deux questions à vous poser : sur quel critère avez-vous estimé que l’ensemble de la Kabylie souhaitait voir s’implanter sur ses terres une ambassade d’Israël, et qu’elles sont aujourd’hui vos rapport avec Israël. J’espère que mes questions seront publiées parce que plusieurs personnes se posent les mêmes questions. Salutations
Ferhat : Un homme politique est fondé à s’exprimer au nom de ceux qu’il estime représenter. Là, également, s’il doit attendre d’avoir l’unanimité derrière lui pour dire quoi que ce soit vous le condamnez pour de bon au silence, au mutisme. Symboliquement vous déniez le droit à la parole à toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans son discours. Vous êtes libre de ne pas vous reconnaître, vous, dans le sien mais vous ne pouvez pas, sur le plan du principe, dénier aux autres le droit d’avoir une opinion contraire à la vôtre. C’est, une fois de plus, un problème de culture démocratique. Je n’ai aucun rapport avec Israël mais je souhaite que mon pays dédramatise ses relations avec cet Etat situé à 3000km du nôtre. L’Algérie a des relations diplomatiques des plus normales avec des pays au comportement plus scandaleux que celui d’Israël sur le plan des droits de l’homme et cela ne semble choquer personne chez nous. Il était temps qu’une voix s’élève pour secouer l’idéologie dominante en Algérie et faire en sorte qu’à la place de la haine envers certains peuples on développe sinon de l’amour du moins des attitudes rationnelles, apaisées. Il est temps que nous sachions, nous aussi, qu’au plan international, nous n’avons ni ami, ni ennemi, que des intérêts.

Amazight : Croyez vous vraiment au MAK comme solution politique ? Quel est votre choix pour que les « Hommes libres » réussissent un jour : Union ou Division ? Êtes-vous vraîment une (la)solution politique ?
Ferhat : Le MAK est une solution de raison pour la Kabylie. L’autonomie est une option fédérative des énergies amazighes puisque d’autres peuples que le Kabyle la revendiquent aujourd’hui. PS : On dit Amazigh et non Amazight.
 

 AMARA :  Est ce que des statistiques ont été réalisés au niveau de la population Kabyle de la Kabylie ou d’ailleurs pour savoir si les Kabyles sont pour ou contre le MAK et dans les deux cas, pour quelles raisons ?? Est ce que vous avez fixé une feuille de route, pour avancer d’une et pour voir les objectifs les plus importants que le MAK mettra en actin si le mouvement est accepté. Quels sont les obstacles du MAK ?  Si on va mettre notre langue comme langue officiel, est ce que la traduction des documents administratifs est réalisée ou pas ? Merci pour le blog de Mr BENCHICOU, ce forum apportera beaucoup de chose pour nos citoyens. Merci pour votre travail démocratique.   Ferhat : 1) Nous sommes dans un pays où les sondages sont rares et les enquêtes difficiles. Le seul critère que nous ayons pour apprécier la bonne audience du MAK en Kabylie est l’accueil qu’on nous y réserve à chacun de nos déplacements. Les très nombreux internautes qui défendent l’autonomie de la Kabylie dans les forums ouverts sur des sujets variés nous renseignent aussi sur la perception que chacun a de nous. Un autre signe en est la nature des questions qui nous sont posées lors des débats. Elle a glissé de « qu’allons-nous manger ? » en 2001-2002 à, comme vous le remarquez sur ce site : « quelles sont les étapes à suivre pour réaliser notre autonomie ? ».2) On ne navigue pas à vue. Voir réponses ci-dessus
3) Les obstacles du MAK sont de trois ordres : a) ceux liés à la nature de l’Etat algérien qui n’entend pas renégocier le contrat national sur la base des droits des peuples algériens, b) ceux liés à l’idéologie ambiante que nous avons nous-mêmes enracinée auprès des nôtres sur l’amazighité et enfin, moins graves c) d’ordre matériel.3) Le kabyle comme langue officielle de la Kabylie entraînera, logiquement, la traduction des documents de l’Etat algérien en kabyle.

 Racha : Bonjour M. MEHENNI. En militant pour l’autonomie de la Kabylie au lieu de parler, par exemple, d’état fédéral (pourquoi pas, l’idée est à creuser), ne faites vous pas le jeu de ceux qui veulent à tout prix marginaliser la kabylie et la montrer du doigt comme étant secessionniste et anti nationale. Je ne suis pas kabyle mais je respecte beaucoup cette région de l’Algérie à la pointe de tous les combats démocratiques mais je trouve que se singulariser uniquement à travers « un parler » (je suis chaoui) est réducteur d’un combat pour les libertés qui concerne TOUS LES ALGERIENS.

Ferhat : Il est vrai qu’il est difficile de se mettre à la place des autres. Il faut être kabyle pour réellement connaître notre souffrance qui, même exprimée par les feux de pneus et les barricades, laisse trop d’indifférents. Nous ne comprenons pas comment il se fait que la mort de nos enfants lors du printemps noir ait soulevé moins d’indignation que notre actuelle revendication autonomiste. Vous ne réalisez pas que notre souffrance est indicible. Je remarque au passage que vous y ajoutez au moins deux couches : 1) En dénonçant l’aspiration à l’autonomie régionale kabyle vous enlevez d’une main ce que vous donnez d’une autre : le respect. Ne vous méprenez pas sur sa réalité. Aujourd’hui, la revendication d’une autonomie régionale est l’expression de sa manière à elle d’être toujours « à la pointe du combat démocratique ». 2) En préférant au kabyle, le statut de « parler » à celui de langue vous faites preuve d’un manque de considération pour nous et notre combat. C’est, entre autres détails, ce genre de réflexes qui nous amènent à conclure que l’Algérie n’est pas encore une nation. Si nous voulons construire un pays sur des bases solides commençons d’abord par cultiver entre nous le respect de nos différences et de nos droits respectifs. Racha, je ne sais pas si, comme vous le dites, vous êtes chaoui(e), mais les Aurès commencent eux aussi à frapper à la porte de l’autonomie régionale. La Kabylie cesse ainsi d’être singulière au moins sur ce plan, en n’étant plus la seule région du pays à revendiquer son droit légitime à un Etat régional. Aidez-nous dans notre combat pour l’autonomie et l’Algérie s’en portera mieux.
 KOUATHI: Je souhaite voir un jour ton projet d’autonomie de la kabylie se realiser. Merci d’avoir cassé un tabout longue vie a ferhat et tous ceux qui travaillent pour le projetBOUMENDJIL : je n’ai rien à dire votre projet tsafat, votre projet tsidets (lumiere et vérité). Je souhaite langue vie à M. Ferhat Mhenni.

Ferhat : Tanemmirt. (Merci !)

ANALPHA-BETE : Ne pensez vous pas trahir les valeurs de jugurtha en oeuvrant à une scission de ce qui reste de notre numidie ? ! Ne trouvez vous pas votre réthorique identique à celles des mouvements extémistes :
  – haine ethnique
  – invasion musulmane
  – anéantissement du peuple kabyle
tous les amalgames faits : maghrébin, kabyle, berbère, arabe, musulman …
ne sommes nous pas tous , nous maghrebins des berberes qui avons rencontré d autres cultures dans notre histoire turque , arabe , romain …
va- t- on  vers : plus algérien que moi tu meurs ! ?

Ferhat : Libre à vous de prendre l’autonomie régionale pour de la scission. L’Espagne basée sur des régions autonomes n’existe-t-elle pas ? Notre rhétorique est humaniste. Elle est basée sur des valeurs. Ce sont les erreurs du passé qui ont généré tant de réflexes négatifs imprégnant les rapports entre Algériens, que nous voulons éviter pour que l’expression d’une revendication légitime comme celle d’une autonomie régionale ne soit plus stipendiée. En quoi, le fait de défendre politiquement les droits du peuple kabyle, serait de l’extrémisme ? N’est-ce pas plutôt leur négation qui est déjà une violence extrême ? Vous avez le droit de faire la lecture qui vous convient de notre passé. Un passé commun n’empêche pas un présent de divergences, d’aspirations différentes. Quant un contrat d’unité nationale est inéquitable, il est tôt ou tard remis en cause. C’est ce que nous faisons. Nous sommes lésés dans nos droits collectifs en tant que Kabyles depuis l’indépendance de l’Algérie et nous entendons que cela cesse au plus vite. Nous avons vécu des épreuves que nous voulons épargner à nos enfants. Est-ce illégitime ?

AMAN65 : N’est il pas plus noble de lutter pour l’amazighite de l’Algérie toute entière.

ACHOUI : Quelle est la place de l’islam au sein de votre mouvement ? et la célebration des fêtes religieuses?
Ferhat : Il est toujours noble de se battre pour des idées saines. Savez-vous que je me suis battu pour l’amazighité de toute l’Algérie durant trois décennies? Ce sont ces 30 ans de militantisme qui m’ont fait prendre conscience de la nécessité de me battre aujourd’hui pour la Kabylie. Vous pouvez, vous, continuer à vous battre pour cette identité amazighe de l’ensemble du pays. Je n’y vois de mon côté aucun inconvénient.
CHAMI : Bonjour. Je crains que votre desir de sauver ce qui vous est le plus cher (la kabylie) ne vous devie de la lutte pour la democratie et la modernité qui est la seule et unique cause juste de notre peuple.

Ferhat : Vous croyez que le fait de se battre pour la Kabylie n’est pas une manière de militer pour la démocratie et la modernité ?
BENHADIS ABDELHAK : Monsieur Mehenni, votre démarche n’est -elle pas égoïste et régionaliste ? Ne trouvez vous pas plus salutaire pour l’Algérie d’unir vos efforts à ceux qui luttent pour le franchissement du cap de la transition démocratique,  au lieu de caresser un rêve solitaire et sectaire ?
Ferhat : La revendication autonomiste est un tremplin pour la transition démocratique qui n’arrive pas à trouver sa voie. Désormais, pour faire de l’Algérie un pays démocratique, l’autonomie régionale lui fraye un chemin. Aujourd’hui nous nous occupons de celle de la Kabylie, demain tout le monde s’occupera de celle des autres régions.

(Fin de la 1ère partie - La seconde partie du forum reprendra à 21 heures)

Kouchner prépare l’opinion à une guerre contre l’Iran

Posté par benchicou dans : Monde , 6 commentaires
Kouchner prépare l'opinion à une guerre contre l'Iran  dans Monde espaceur

« Selon la presse britannique, le président américain George W. Bush prépare les Etats-Unis à une guerre contre l’Iran. « , rapporte le quotidien panarabe Al Qods édité à Londres. Selon le journal, les Américains attaqueraient les gardiens de la révolution à partir de l’Irak et l’Iran répliquerait en détruisant les pipelines. De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a déclaré, dimanche 16 septembre, qu’avec la crise du nucléaire iranien il fallait s’attendre au pire.

 Le chef de la diplomatie française a estimé dimanche que le monde devait se « préparer au pire », c’est-à-dire à la possibilité d’une « guerre » avec l’Iran et a demandé des sanctions européennes, tout en appelant à « négocier jusqu’au bout » pour éviter que Téhéran ne se dote de l’arme atomique.

Lundi, l’agence de presse officielle iranienne Irna a répliqué accusant d’ »extrémisme » le président français Nicolas Sarkozy et son chef de la diplomatie Bernard Kouchner.

« Le nouveau locataire de l’Elysée (le président Sarkozy, ndlr) veut aujourd’hui copier la Maison Blanche », a écrit Irna en ajoutant que « cet Européen s’est mis dans la peau des Américains et imite leurs hurlements ».

M. Kouchner, invité de l’émission radio-télévisée le Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI a dit dimanche qu’il fallait « se préparer au pire ». Interrogé pour savoir ce que cela signifiait, il a répondu sans précaution diplomatique: « c’est la guerre ».

M. Kouchner a estimé « qu’il n’y a pas de plus grande crise » à l’heure actuelle que celle du programme nucléaire iranien, suspecté de servir de paravent à des activités militaires malgré les démentis de Téhéran.

« Nous n’accepterons pas que cette bombe soit construite » car cela constituerait un « vrai danger pour l’ensemble du monde », a dit le ministre.

Ce langage particulièrement dur à l’égard de Téhéran rappelle celui du président Nicolas Sarkozy, le 27 août. Rompant avec la réticence des dirigeants occidentaux à évoquer ouvertement un conflit, M. Sarkozy avait mis en garde contre « une alternative catastrophique: la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran ».

A Washington, le secrétaire à la Défense Robert Gates a déclaré que la diplomatie restait « pour le moment la meilleure approche » pour traiter avec l’Iran. Mais « toutes les options restent ouvertes », a-t-il ajouté.

Evoquant le risque d’un bombardement contre l’Iran, M. Kouchner a toutefois cherché à démentir qu’une attaque soit imminente.

Il a indiqué « qu’aucun signe ne nous permet de penser en dehors des préparations militaires » qu’un bombardement américain de l’Iran soit proche. « Je ne crois pas que nous en soyons là » mais il « normal qu’on fasse des plans », a-t-il dit.

M. Kouchner a souligné que la négociation restait l’option privilégiée pour amener Téhéran à suspendre sa production d’uranium enrichi. « Nous devons négocier jusqu’au bout », a-t-il insisté.

Mais il a aussi déclaré que Paris plaidait pour que l’Union européenne prenne des sanctions économiques contre Téhéran, en dehors du cadre des Nations Unies jusqu’ici suivi.

Cette attitude traduit un durcissement de la position française, et une crainte que l’adoption d’un nouveau train de sanctions par le Conseil de sécurité -souhaité par Washington, Londres et Paris notamment- ne se heurte à l’hostilité de la Russie ou de la Chine.

« Nous avons décidé, pendant que la négociation se poursuit –et elle doit s’amplifier– de nous préparer à des sanctions éventuelles en dehors des sanctions de l’ONU, qui seraient des sanctions européennes », a-t-il déclaré.

« Nos amis allemands l’ont proposé », a-t-il ajouté, en précisant qu’il s’agirait de « sanctions économiques à propos des circuits financiers » visant notamment « les grandes fortunes, les banques » en Iran, pas la population ordinaire.

Sans attendre ces sanctions supplémentaire, Paris, a-t-il ajouté, a décidé de demander aux grandes entreprises françaises de ne plus investir en Iran, en particulier dans l’important secteur des hydrocarbures, a-t-il dit. Cette démarche a concerné la compagnie pétrolière Total ainsi que Gaz de France « et d’autres », a-t-il dit.

La perspective d’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité instituant de nouvelles sanctions contre Téhéran, sera au centre de visites de M. Kouchner à Moscou lundi et mardi, puis à Washington en fin de semaine.

Pourquoi Washington attaquera Téhéran

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Abd Al-Bari Atwan, directeur du quotidien nationaliste panarabe Al-Quds Al-Arabi, énumère neuf indices tendant à prouver qu’une guerre va avoir lieu au cours des six prochains mois.
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Après l’été, les affaires sérieuses redémarrent. La diplomatie occidentale se remet en branle, et tout indique qu’elle se focalisera à nouveau sur le Moyen-Orient. Dans les mois à venir, le point de fixation sera l’Iran, prochaine cible des Américains. Nous devons nous attendre à une escalade politique, diplomatique, médiatique et militaire sans précédent contre ce pays et son programme nucléaire. Car le temps qui reste au président George Bush est désormais compté pour traiter ce dossier. Un certain nombre d’évolutions récentes donnent à penser que la guerre aura lieu dans les six prochains mois, à moins d’un miracle sous forme de capitulation, semblable à celle de la Libye ou, plus récemment de la Corée du Nord.

Premier indice
Pour parler du danger nucléaire iranien, George Bush a utilisé les termes d’“holocauste nucléaire”, avertissant ainsi clairement Téhéran de ne pas aller plus avant dans son programme d’enrichissement d’uranium, comme s’il voulait à la fois accentuer la menace contre l’Iran et préparer l’opinion publique américaine, voire internationale, à l’éventualité d’un usage d’armes nucléaires américaines contre ce pays.

Deuxième indice
Le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, commence à occuper la place laissée vacante par Tony Blair, à savoir celle du meilleur allié de Washington. Il a donc abandonné la ligne chiraquienne au profit d’une américanisation de ses positions à propos du Moyen-Orient. A son retour de ses vacances d’été américaines, il a déclaré aux 188 ambassadeurs qui représentent la France à travers le monde que l’acquisition de l’arme nucléaire était la ligne rouge à ne pas franchir et que l’Iran s’exposerait fatalement à des bombardements s’il ne renonçait pas à ses ambitions.

Troisième indice
Le journaliste américain Seymour Hersh a affirmé devant un groupe de confrères français rencontrés il y a quelques semaines à Paris quil avait appris de la part de sources à la Maison-Blanche que la décision de frappes contre l’Iran avait déjà été prise, que le dernier mot dans ce dossier revenait désormais au camp proche du vice-président Dick Cheney [faucon], et que le ministre de la Défense Robert Gates présenterait prochainement sa démission en raison des conséquences catastrophiques auxquelles il s’attend en cas de guerre.

Quatrième indice
Un des vice-secrétaires d’Etat américains, Nicholas Burns, a expliqué à Roger Cohen, du New York Times, que la plupart des pays sunnites de la région considèrent l’Iran comme un trublion soutenant le terrorisme et comme une menace pour la stabilité régionale. Il a ajouté que ces pays, et notamment les pétromonarchies du Golfe, ont compris que l’Iran représentait une menace plus sérieuse qu’Israël.

Cinquième indice Les Etats-Unis ont fait inscrire les gardiens de la révolution iraniens [les pasdarans] sur la liste internationale des organisations terroristes. Ils ont également durci le ton en accusant à nouveau Téhéran de soutenir la résistance irakienne, y compris Al-Qaida, avec des livraisons d’armes sophistiquées qui alourdissent le bilan humain des forces américaines.

Sixième indice L’Arabie Saoudite a signé un contrat d’un montant estimé à quelque 5 milliards de dollars avec une société américaine pour entraîner et équiper quelque 35 000 hommes chargés de protéger ses installations pétrolières. Il faut savoir qu’il y a un an Al-Qaida avait préparé un attentat contre ces installations, mais n’avait pas réussi à pénétrer dans les zones de haute sécurité. L’Iran, en revanche, aurait les moyens de les attaquer avec un avion suicide ou avec ses missiles Shihab, ce qui pourrait provoquer l’effondrement des exportations de brut saoudien. C’est d’ailleurs pourquoi les Américains maintiennent leurs batteries de missiles antimissiles Patriot dans la région, notamment au Koweït et à proximité des côtes saoudiennes.

Septième indice La précipitation avec laquelle Washington prépare une conférence internationale de paix, prévue pour l’automne, et presse Mahmoud Abbas et Ehoud Olmert de se rencontrer pour annoncer un accord de principe. Un succès dans ce domaine faciliterait un recours à l’option militaire contre l’Iran, dans la mesure où cela satisferait les sunnites de la région, qui pourraient alors faire cause commune avec les Etats-Unis et Israël pour combattre les alliés de l’Iran que sont la Syrie, le Hezbollah libanais et le Hamas palestinien.

Huitième indice Le soudain revirement de George Bush au sujet du Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki. Après avoir laissé entendre qu’il souhaitait sa démission, il lui a ensuite délivré un satisfecit. L’explication la plus plausible de ce changement est que les plans concernant l’Iran ont été accélérés et que l’administration américaine estime ne plus avoir assez de temps pour provoquer un changement gouvernemental en Irak.

Neuvième indice Le tout récent retrait des troupes britanniques de Bassorah, qui signifie d’une part que la Grande-Bretagne est désormais convaincue que la victoire en Irak est impossible, d’autre part qu’elle souhaite soustraire ses troupes au risque de représailles iraniennes en cas de frappes aériennes américaines. Les soldats britanniques stationnés à Bassorah, à quelques encablures de la frontière iranienne, seraient en effet une cible idéale pour les Iraniens.
Face aux deux défaites en Irak et en Afghanistan, Bush estime que la seule possibilité qui lui reste pour sauver sa présidence et préserver les chances de son parti aux prochaines élections consiste à tenter le tout pour le tout, c’est-à-dire à attaquer l’Iran. Il accepte le risque d’une nouvelle défaite, sachant parfaitement que les missiles iraniens n’atteindront pas New York ou Washington, mais Tel-Aviv, Riyad ou Dubaï.

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Abd Al-Bari Atwan
Al-Quds Al-Arabi
RÉALISME
Le retour du “modéré” Rafsandjani
Une ère nouvelle s’ouvre dans la vie politique d’Ali Akbar Hachemi Rafsandjani et dans celle du pays”, écrit le quotidien progressiste Etemad-e Melli. Le 4 septembre dernier, Rafsandjani (qui fut président de la République islamique de 1989 à 1997) a été élu à la tête de l’Assemblée des experts en remplacement de l’ayatollah Ali Mechkini, décédé le 30 juillet. Les 86 religieux membres de cette instance clé du régime ont la lourde responsabilité de nommer et éventuellement de révoquer le guide suprême. “Ce choix correspond à la volonté du peuple : Rafsandjani était déjà arrivé en tête à Téhéran lors des élections des membres de cette assemblée, en décembre”, rappelle le quotidien, qui soutient Rafsandjani bien que ce soit un conservateur. “Même s’il a fait l’objet de critiques [notamment pour son implication dans plusieurs affaires de corruption], Rafsandjani est un personnage essentiel du régime, qui a participé à toutes les étapes de la construction de la République islamique. En tant qu’homme réaliste et de bonne volonté, il pourra travailler à la sauvegarde de nos intérêts nationaux. En élisant Rafsandjani en décembre, la société iranienne a montré qu’elle en avait assez du radicalisme [du président Mahmoud Ahmadinejad]. A présent que sa position est renforcée, le peuple attend de lui qu’il rejette le radicalisme et qu’il défende les droits des citoyens.”
Tout autre son de cloche dans la presse proche du président Ahmadinejad. Pour le quotidien ultraconservateur Kayhan, “on ne peut pas qualifier cette élection de grand bouleversement, contrairement à ce qu’affirment les autres médias. Cette élection ne signifie en rien que les mouvements réformateurs dominent l’Assemblée. De toute façon, Rafsandjani a affirmé qu’il ne se livrerait pas à une lutte pour le pouvoir au sein de celle-ci.”
Le grand commentateur politique Ahmad Zeidabadi assure pourtant sur le site de la BBC en persan (BBC Persian.com) que cette élection est cruciale aussi bien pour la politique intérieure qu’extérieure de l’Iran. “La défaite d’Ahmed Jannati, proche de Mesbah Yazdi [le mentor d’Ahmadinejad], prouve que le rapport de forces s’est inversé au sein du régime. Cette montée en puissance de Rafsandjani [qui avait pourtant été battu par Ahmadinejad lors de l’élection présidentielle de 2005] crée des difficultés au président iranien. Il ne pourra plus poursuivre sa politique de provocations.”
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Le fantôme de Droudkel et Hakim Laâlam

Posté par benchicou dans : Algérie : analyses et polémiques , 5 commentaires
hakiml.jpg Par Hakim Laâlam  
Email :
laalamh@yahoo.fr
«Benhadj re-convoqué par la justice et condamné pour ses déclarations incendiaires, c’est pour ce Ramadan ou pour le Ramadan 2050 ?» 

Cé juste 1 kestion !

Maintenant, on peut le dire ! On peut même l’affirmer sans risque de se tromper ! La situation sécuritaire s’est nettement améliorée depuis 1999. C’est indéniable. Avant, nous avions affaire à des terroristes réels, en chair et en os. Aujourd’hui, en plus de cette catégorie de tangos, il nous faudra aussi composer avec les fantômes des émirs. Y a qu’à aller sur le site du journal le Matin, suspendu en version papier, mais bien présent en ligne, sur Internet pour s’en convaincre. Celui qui dirige actuellement Al Qaïda pour le Maghreb, un gus répondant au doux nom de Droukdel, aurait été en fait abattu en 2004. Comment un mecton flingué en 2004 peut-il diriger d’une main de fer les maquis GSPC en 2007 ? Une histoire de dingues, à laquelle il faut ajouter une autre histoire de dingues. Selon le journal Liberté d’hier dimanche, le maquis GIA complètement éliminé, écrasé, éradiqué avant 1999 se serait reconstitué ces derniers mois entre Médéa et Blida. Plus dingue encore, le fameux heb-heb ! On n’en avait plus entendu parler depuis fin 97, début 98. Et voilà qu’il refait une apparition spectaculaire dans le ciel de la bonne ville de Batna. Une ville qui a été le théâtre d’une autre forme d’«amélioration» de la situation sécuritaire, puisque, depuis l’autre jour, un kamikaze a ouvert le bal des bombes humaines lancées contre un cortège présidentiel. Et face à une telle «embellie», face à un climat aussi propice à la relance économique et à la relance de la confiance citoyenne envers les institutions, on dit merci à qui ? A Abdekka, voyons ! Il serait profondément injuste de remercier quelqu’un d’autre, puisque depuis 1999, justement, l’homme nous assure qu’il ne sera jamais un trois quarts de président, qu’il dirige tout, qu’il est responsable en tout, de tout, et à tous les niveaux. Alors, MERCI CHEF ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

Selon le Soir : la justice française a relâché le second cadre de Khalifa

Posté par benchicou dans : Algérie aujourd'hui , 3 commentaires

 


« Les Français lâchent-ils le dossier ?
 » s’interroge le journal

Le tribunal de Nanterre vient de décider de mettre en liberté provisoire M. Ghazi Kebbache, ex-P-dg de Khalifa Construction, après avoir procédé, il y a quelques jours, à la remise en liberté de M. Mohamed Nanouche, l’un des principaux cadres du groupe Khalifa. C’est ce qu’annonce notre confrère « Le Soir d’Algérie » dans son édition de lundi.
« La libération, même provisoire, de Ghazi Kebbache semble ainsi marquer un tournant dans la gestion par les Français du dossier Khalifa. », ajoute le journal.  Notre confrère poursuit :  »La libération de Ghazi Kebbache, qui, faut-il le signaler, est l’oncle de Abdelmoumen Rafik Khalifa, n’est pas sans lien avec la nature des révélations qu’auraient faites celui-ci au juge d’instruction du tribunal de Nanterre et dont notre confrère El Khabar s’est fait l’écho dans son édition d’hier. Selon ce quotidien, M. Kebbache n’aurait pas hésité à citer les noms de personnalités algériennes qui auraient bénéficié des largesses du golden boy en échange de facilitations et de protections. Parmi ces noms apparaît celui de M. Abdelghani Bouteflika, frère du président, avocat de profession, qui aurait bénéficié d’un logement sur l’un des plus grands boulevards de Paris. L’information n’est pas nouvelle en soi, mais elle n’avait jusque-là été évoquée que par la presse. La confirmation par M. Ghazi Kebbache de l’existence de cet appartement et du nom de son propriétaire, qui plus est devant un tribunal français, constitue une première dans la mesure où jusqu’à maintenant les relais du pouvoir ont toujours affirmé que ceci n’était qu’une forme d’intox visant à affaiblir l’entourage du président. Par ailleurs, et toujours selon notre confrère El Khabar, M. Kebbache aurait également cité le nom de M. Rachid Maârif, exchargé du protocole à la Présidence et actuel ambassadeur d’Algérie à Rome, qui aurait également bénéficié d’une habitation à Paris, à l’avenue de la Grande Armée. Le témoignage de l’oncle de Moumen Khalifa fait ressortir, par ailleurs, le nom de la fille de M. Larbi Belkheïr, actuel ambassadeur d’Algérie à Rabat. Au regard de toutes ces données les observateurs avertis sont en droit de s’interroger sur un éventuel changement de l’attitude française à l’égard du dossier Khalifa. »

Pour le journal, ces deux dernières décisons de libérer les deux cadres a une lourde signification : «  Lourdement impliqués jusque-là, les Français ne seraient-ils pas tentés de se délester d’un dossier qu’ils considèrent complexe et encombrant. L’arrivée de Nicolas Sarkozy à la Présidence française est-elle totalement étrangère à la possible volonté du pouvoir français de se sortir d’un véritable bourbier judiciaire et financier ? Il est vrai qu’avant et depuis le déclenchement du scandale Khalifa, la France officielle a joué un rôle particulier dans ce dossier. Alors les choses ont-elles changé, et si c’était le cas pour quelles raisons ? Les autorités judiciaires algériennes étaient pourtant dans l’espoir qu’une collaboration avec la justice française aurait pu permettre de contourner les blocages britanniques en vue d’une extradition de Abdelmoumen Khalifa de Londres vers Alger. En effet, les Algériens ont toujours vu d’un bon œil l’implication française dans la demande d’extradition du golden boy sur la France, ce qui aurait pu faciliter une extradition de Khalifa dans le sens Paris-Alger. Cependant, depuis les derniers développements judiciaires qui ont consisté en la libération par la justice française des plus proches collaborateurs de A. Khalifa, sommes-nous toujours dans le même cas de figure ? »
L. M.

 

El-Khabar revient sur les révélations d’un cadre de Khalifa 16 septembre, 2007

Posté par benchicou dans : Algérie aujourd'hui , 26 commentaires

khalifadrcopy.jpg 

Sous le titre « Le frère de Bouteflika et la fille de Larbi Belkheir au cœur du scandale Khalifa », et citant des « sources juridiques » le quotidien El-Khabar revient sur l‘information donnée ici par « Le Matin » il y a trois jours et selon laquelle un cadre de Khalifa aurait livré des noms importants de l’entourage de Bouteflika à la justice française. El-Khabar précise que ce cadre n’est autre que Kebache Ghazi et confirme qu’il a cité les deux frères du président Bouteflika, son ex-chef du protocole et la fille du général Belkheir.  
« Des sources juridiques ont indiqué que Kebache Razi, oncle du golden boy Khalifa, a révélé au juge d’instruction du tribunal de Nanterre de Paris des noms d’importantes personnes ayant bénéficiées de la rente khalifa, des personnes qui auraient fournis à Abdelmoumen toute la protection lors de son activité en Algérie » écrit El-Khabar.
« M. Kebache a mentionné les noms de trois personnes de l’entourage du président Bouteflika, une de ces personnes est le frère du président, Abdelghani, qui a même utilisée l’argent pour acheter un appartement luxueux dans la banlieue parisienne, une autre occupait un poste à la présidence de la République actuellement ambassadeur dans un pays européen Maârif Rachid. La fille de la troisième personne, Larbi Belkheir, a bénéficié d’importantes sommes d’argent qu’elle a utilisées dans plusieurs projets » poursuit le journal.

Le tribunal de Nanterre a placé à la fin de la semaine dernière l’ex directeur adjoint de la banque Khalifa, Mohamed Nanouche, en liberté provisoire, alors que l’oncle de Abdelmoumen, qui occupait la fonction de directeur générale de la banque en question, est en détention provisoire jusqu’aux délibérations du 17 octobre prochain autour de la possibilité de remettre les trois accusés, interpellés par la police française le 29 mai dernier, aux autorités algériennes.  

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